Alternative Santé, le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce aux ressources des médecines alternatives et naturelles.
Alternative Santé l'Impatient. Etre responsable de sa santé, prévenir la maladie, se soigner par des médecines douces, alternatives et naturelles médecines alternatives, médecines douces, santé, magazine de santé, journal de santé, Association de soutien au journal alternative santé l'impatient, défense des droits des patients et malades, vaccination, médecine non conventionnelle, environnement

 

 

 


 

SEPTEMBRE 2003

 

Editorial

.

 

COMMANDEZ

 

 

 

Zéro de conduite !

 

 

 

Rentrée des classes oblige. Zéro de conduite pour Messieurs Raffarin Jean-Pierre et Mattei Jean-François, respectivement Premier ministre et ministre de la Santé, qui se sont très mal comportés pendant les vacances. Quand on joue dans la cour des grands, dans la France d'en-haut, on montre l'exemple. Dénoncer ses petits camarades est laid, très laid. C'est pourtant ce à quoi ils se sont abaissés pour justifier leur (mauvaise) appréciation de la canicule estivale et ses répercussions sur les personnes âgées. Le premier a déclaré que le directeur de l'Institut de veille sanitaire, Brücker Gilles, lui avait fourni des explications " assez ambiguës et bien peu précises " ; le second que la Direction générale de la santé avait failli : " Nous n'avons pas eu les informations et les signaux d'alerte que nous aurions dû avoir ". Le directeur de ce service, Abenhaïm Lucien, que l'on sait homme de courage et d'ouverture - il s'est opposé aux grandes firmes pharmaceutiques et a indemnisé de nombreuses personnes victimes de la vaccination obligatoire contre l'hépatite B - a donné séant sa démission.


Comme on le dit à la récré, c'est " petit " de montrer du doigt son voisin de classe pour échapper au châtiment ! Et à ce petit jeu-là, les attaques des partis d'opposition sont également indignes et déplacées. Les responsabilités sont collectives.
À moins que ce remue-ménage ne serve qu'à oublier des faits trop dérangeants. Plus de 10 000 de nos anciens sont décédés cet été. De quoi ? Pas seulement de la canicule et de l'imprévision…
De solitude, d'isolement, de manque de proches et de personnels soignants à leur côté. Personnes malades ou dépendantes, il ne suffit pas de les alerter de la nécessité de boire toutes les heures. Il faut qu'on les y aide, qu'on les y force presque (elles n'ont pas soif). Et plus encore qu'elles aient le désir de boire… Or s'alimenter, ce n'est pas seulement prendre de la nourriture. Combien de services de distribution de repas constatent que les personnes âgées n'y touchent pas. À quoi bon la vie, ou la survie du corps, quand celle du cœur ne bat plus beaucoup. Quand la relation à l'autre n'est plus là pour la soutenir…


Et dans l'absence de cette relation nécessaire, quels recours ? Quels secours ? On médicalise ! D'où la "surchauffe " - si l'on ose ce mot - des services d'urgences. " Nous manquons d'urgentistes ", ont crié aussitôt ces derniers, avançant une carence de 7 000 ! Mais l'augmentation du nombre des urgentistes, par ailleurs nécessaire, n'est pas la réponse au problème des personnes âgées. Comme le prouvaient les heures d'attente, une fois les soins donnés : il n'y a pas de place dans les établissements publics pour les recevoir. Pas de lits, pas de personnels compétents, en aval.
Nous sommes là au cœur des dysfonctionnements de notre système sanitaire, le meilleur du monde comme on sait. Depuis des décennies, la politique sanitaire a consisté à supprimer des lits, à limiter les formations (numerus clausus pour les médecins), à fermer des écoles d'infirmières. Volontairement, sciemment. Pour raison économique. Et à reporter le problème vers le social. "Le diagnostic est médical, sa gestion est sociale ", telle est la doctrine. Ce qu'exprimait clairement le directeur général de la santé, Lucien Abenhaïm juste avant sa démission : " C'est au niveau local, au niveau des structures qui dépendent des collectivités territoriales et municipales, mais aussi par la mobilisation de tout un chacun que cette action (de prise en charge des personnes âgées) doit être amplifiée " (Le Monde, 15 août). Mais le social ne suit pas !


Comme nous l'avons souligné dans notre dossier LE RETOUR À DOMICILE (Février 2003, n° 297), les aides ménagères, les auxiliaires de vie, les infirmières manquent. Dans les maisons de retraite, les budgets sont si tendus que le remplacement de ceux qui prennent des vacances est impossible ou presque. Ce qui donne un surcroît de travail aux autres qui n'en peuvent plus !
La prise en charge des personnes âgées coûte cher, très cher. Et l'on comprend d'autant plus la mauvaise conscience des Raffarin et consorts, qu'ils ont choisi de rogner sur les budgets prévus par la gauche pour améliorer les soins dans les maisons de retraite et sur l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) qui permet de mieux entourer les personnes dépendantes.


Enfin, au-delà de l'analyse politique et sanitaire, cette hécatombe humaine nous renvoie une image peu flatteuse de nous-mêmes et de nos choix de vie. Celle du chacun pour soi où la satisfaction individuelle prime sur la qualité et la persistance du lien relationnel. On délègue la prise en charge de nos anciens à d'autres. La solution n'est pas dans un retour au passé, mais dans un juste partage entre ce qui revient au collectif - et dans ce cas, il faut lui en donner les moyens - et ce qui relève de notre responsabilité personnelle.

Abonnement Gratuit à la News Letter
E-Mail :
Nom (optionnel) :
  Inscription

 


 

 

Retour

Dossiers - Thèmes - Accueil - S'abonner - Email - Accueil Medecines Douces - Forum - News letter - Moteur de Recherche

Copyright Alternative-Santé L'Impatient © 1998 - 2003