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SEPTEMBRE 2003

 

Jean-Louis Etienne Par - 50 degrés !

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COMMANDEZ

 

 

 

Jean-Louis Etienne, l'explorateur des territoires polaires, apprécie
les nouvelles fibres pour lutter contre le froid.

 

 

 

À 56 ans, Jean-Louis Etienne, médecin explorateur, a participé à de nombreuses expéditions scientifiques sur les continents glacés (lire encadré). Sa dernière aventure date de 2002 : trois mois durant, il a parcouru l'océan glacial Arctique en se laissant porter par le seul courant de dérive de la banquise, aux commandes d'une capsule, le Polar Observer.

La sensation de froid reste aujourd'hui encore une douleur pour le scientifique, confronté 24 h/24 à des conditions climatiques éprouvantes, les températures pouvant descendre jusqu'à - 50 degrés. Pour lutter, Jean-Louis Etienne était particulièrement vigilant à la façon dont il s'habillait: " La solution consiste à multiplier les couches de vêtements. La première, portée à même la peau, doit maintenir le corps au sec pour conserver sa chaleur. Je porte toujours des sous-vêtements en fibres synthétiques, qui sont hydrophobes et permettent à la transpiration de s'évaporer. Les tee-shirts en coton ne sont pas recommandés car ils mettent trop de temps à sécher. La seconde couche, une polaire ou un gros pull en laine, préserve la chaleur du corps et évacue également la sueur. Enfin, le dernier vêtement protège des intempéries, notamment pour ne pas être transpercé par le vent glacial. Des membranes étanches et imperméables, types Gore-Tex ou Sympatex, sont appliquées sur les anoraks. " Ce concept multicouche est un moyen efficace de maintenir l'organisme à température idéale constante : " Et si on a trop chaud, pendant les moments d'efforts par exemple, on peut retirer un vêtement. Dans ces conditions extrêmes, on passe beaucoup de temps à se couvrir et se découvrir. Pourtant, c'est la nuit, immobile, que je souffrais le plus du froid. Même en dormant tout habillé. J'avais des bouillottes, et, lorsque le froid me réveillait, je faisais réchauffer l'eau qui s'était refroidie. " Dans la capsule Polar Observer, le médecin n'a pas vécu les mêmes souffrances, la température intérieure oscillant toujours entre 12 et 18 degrés: " Je m'habillais comme dans un chalet à la montagne. Cela n'avait rien d'extrême. "
Les microfibres synthétiques, très fines et légères rendent les vêtements légers et confortables, et protègent le corps des intempéries climatiques (froid, vent, pluie…), sans se sentir engoncé pour autant. Si Jean-Louis Etienne les a adoptées, il en a observé les limites : " Quand il fait - 35 degrés, ajoute-t-il, l'humidité du corps traverse les pores de la membrane de l'anorak, mais elle ne peut pas s'évaporer à cause du froid et elle va donc geler sur les parois du vêtement. Lors de mon expédition au Pôle Nord en 1986, je marchais 10 heures par jour. En fin de journée, j'avais toujours une couche de glace à l'intérieur de mon manteau. "

Le froid, une sensation redoutable pour les extrémités

Ces expéditions polaires sont une épreuve pour les extrémités corporelles : " Certains pensent que deux ou trois paires de chaussettes superposées vont leur apporter plus de chaleur. C'est une erreur. L'important est d'avoir une grosse paire de chaussettes et de prendre des chaussures un peu plus grandes que la taille habituelle. Les compressions sont à proscrire car elles provoquent vite des gelures. Si les orteils peuvent bouger, les pieds ne se refroidissent jamais." Pour ses premières expéditions, l'aventurier portait des chaussures en cuir: " Mais avec la transpiration des pieds et le froid, le cuir perd sa souplesse et mes chaussures se transformaient vite en coques gelées. J'en porte désormais de grosses en tissu imperméable." Et lorsqu'il doit marcher dans la neige, comme pendant ses traversées polaires à pied, ce sont les Mukluks qui ont sa faveur : " Ces mocassins montants d'indiens sont d'un confort inouï. Le gros chausson en feutre très épais garnit l'intérieur de la chaussure, en cuir très souple. Mais elles ne sont pas adaptées à toutes les situations : en cas de fonte de neige, elles prennent l'eau. "

Des vêtements recyclables

 

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Julie Rigoulet

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