Il existe bien des raisons d'être
attentif aux fibres des vêtements :
fragilité de la peau, confort, allergies, souci de l'environnement
et des conditions de production
Lucas,
14 mois Comme
tous les bébés, Lucas a la peau fragile. " Je
fais très attention à la façon dont je l'habille,
nous confie sa maman, Agnès. La majorité de ses vêtements
est en coton. " La couche cornée, partie superficielle
de l'épiderme, forme une barrière aux agressions.
Mais elle se construit avec l'âge et reste incomplète
jusqu'à quatre ans. La peau de l'enfant est donc mince, fragile
et très irritable. " À sa naissance, poursuit
Agnès, sa grand-mère lui avait tricoté un pull
en laine. Mais à chaque fois qu'il le portait, sa peau s'irritait
au niveau des poignets, en contact direct puisque le tee-shirt en
coton ne les couvrait pas. Le pédiatre m'a expliqué
que la laine est une matière souvent irritante pour l'épiderme
des bébés. Il m'a conseillé de l'éviter
au maximum, tout comme les tissus synthétiques, qui empêchent
la peau de respirer et favorisent la macération. " Même
si ces textiles ne sont pas allergisants mais irritants, le coton
semble être la solution idéale pour les tout-petits.
Cette matière est mieux tolérée puisqu'elle
laisse respirer la peau. Les magasins pour enfants commercialisent
d'ailleurs principalement des vêtements 100 % coton. "
En revanche, poursuit Agnès, nous sommes partis à
la montagne cet hiver. Je n'ai pas hésité à
lui acheter une polaire en microfibre. Il fallait absolument le
protéger du froid et de toute façon, elle n'entrait
pas en contact direct avec sa peau. "
Enfin Agnès prend quelques précautions au moment de
nettoyer les vêtements son fils : " J'évite de
les mélanger dans la machine avec ceux du reste de la famille
et pour être sûre qu'il ne restera pas de résidus
de lessive sur les tissus, j'effectue deux rinçages. "
Les produits détergents contiennent en effet des agents favorisant
les irritations épidermiques (l'ammoniaque, le chlore et
le parfum notamment). Les pédiatres recommandent de choisir
des produits doux sans colorant et avec peu ou pas de parfum. Et
de bannir les assouplissants qui sont aussi responsables de dermites.
Martine,
55 ans
Depuis son plus jeune âge, Martine pratique la randonnée.
Avec l'apparition sur le marché des microfibres dotées
de nombreuses propriétés
(imperméables, respirantes, coupe-vent, légères),
elle a constaté un véritable changement : "
Lorsque j'étais enfant, explique-t-elle, et que je faisais
de la montagne avec mon père, nous redoutions les conditions
climatiques. Une simple averse et nous étions trempés.
Aujourd'hui, avec ma veste et mes chaussures en Gore-Tex, je suis
pratiquement toujours au sec. Ma "polaire" me procure
une chaleur constante et égale, à la différence
de la laine. Avec un pull en laine, j'ai toujours eu l'impression
qu'il y avait des courants d'air et plusieurs couches ne diffusent
pas une chaleur pareille. Ma polaire est assez fine, mais elle
constitue une véritable barrière au froid. "
L'autre avantage majeur de ces nouvelles matières est leur
poids. Une microfibre de 10 kilomètres pèse moins
d'un gramme : " Et c'est important pour le poids du sac à
dos en montagne. Je suis partie en Inde du Nord, dans l'Himalaya
en 1999, et j'étais ravie du gain de place dans mon sac.
"
Mais si Martine apprécie autant ce "progrès
" textile, elle ne souhaite pas que ce confort se fasse au
détriment de l'environnement. Ces fibres sont recyclables
mais pas dégradables: " Il faut donc faire attention
lorsque l'on se débarrasse de ses tenues et ne pas les
abandonner n'importe où. Une polaire peut se garder plusieurs
années. Il est inutile de la changer chaque hiver. Ne refusons
pas le progrès, mais protégeons la planète.
" La randonneuse accepte volontiers le confort apporté
par ces vêtements, mais ne s'est pas tenue au courant des
dernières nouveautés: " Je n'ai jamais testé
les tee-shirts thermorégulants ou antibactériens.
Dernièrement, et parce que j'ai les pieds de plus en plus
fragiles, je me suis mise aux chaussettes sans coutures, anti-transpirantes
et dotées de matelassages protégeant les pieds des
chocs. "
Brigitte,
36 ans
Brigitte a développé, il y a quelques mois, une
allergie cutanée aux gants ménagers contenant du
latex : " J'ai commencé par avoir des rougeurs sur
les mains et les poignets, explique-t-elle, accompagnées
de démangeaisons. " Le latex est extrait d'un arbre
tropical, l'Hevea brasiliensis, et sert à la fabrication
du caoutchouc....