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SEPTEMBRE 2003

 

Interview
Claude Aubert, ingénieur agronome
" La fabrication du nylon contribue à l'effet de serre "

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COMMANDEZ

 

 

 

Claude Aubert est l'un des pionniers de l'agriculture biologique.
Il est également co-fondateur de l'association Terre vivante.
Son livre " Vêtement, la fibre écologique ", co-écrit avec Myriam Goldminc, a été publié récemment aux éditions Terre vivante.

 

 

 

 

ALTERNATIVE SANTÉ L'Impatient : Quelles sont les étapes du traitement d'un vêtement ?

Claude Aubert : On procède d'abord au nettoyage. Pour enlever le suint de la laine, on utilise des solvants chimiques, alors que, dans des structures plus artisanales, elle sera lavée avec un savon biodégradable. Pour le carbonisage - l'élimination des matières végétales -, on la trempe dans de l'acide sulfurique. Ensuite le blanchiment. De nombreuses fibres sont encore décolorées avec de l'hypochlorite de soude - Eau de Javel-, toxique notamment pour l'écosystème comme tous les composés chlorés. Heureusement, on s'achemine de plus en plus vers un blanchiment à l'eau oxygénée, moins polluante. Puis c'est l'encollage qui consiste à apprêter les fils de chaîne avant le tissage. Nettoyés et filés, les fils de la laine sont plongés dans un bain à base d'amidon, de résines synthétiques ou de produits gras en vue de les protéger du frottement lors du tissage. Une partie du fil est enduite d'une substance chimique. Et après le tissage, les tissus subissent un autre traitement chimique pour les débarrasser du produit d'encollage ! Il me semble important de souligner que contrairement à ce que l'on imagine, la laine, souvent associée à l'image du naturel, subit un grand nombre de traitements qui ne le sont pas. Toutefois le coton reste, de loin, celui qui en subit le plus! En ce qui concerne la teinture et l'impression, plus de 4000 substances issues de la chimie sont utilisées. Et enfin, pour faciliter la fixation des colorants sur les tissus, on ajoute un fixateur synthétique, souvent à base de chrome.

Existe-t-il d'autres traitements ?

Il y a la grande famille des apprêts. Parmi eux le mercerisage, qui consiste à imprégner le coton d'une solution de soude caustique, substance hautement toxique pour la peau et les muqueuses, afin de lui donner un aspect soyeux et une meilleure aptitude à la teinture. On pratique ensuite un lavage à l'eau froide en présence d'un acide dilué pour neutraliser les restes de soude.
L'apprêt d'infroissabilité. Quand les vêtements, notamment en coton et en rayonne, ne se repassent pas, ce qui est de plus en plus à la mode, ils sont en général imprégnés de résines synthétiques contenant le plus souvent du formaldéhyde, un allergène bien connu, sur les caractéristiques duquel je reviendrai. Et ce n'est pas fini, de très nombreux autres traitements d'apprêt interviennent : azurage optique, traitements antitaches, antifeutrage, antimicrobiens, anti-UV… qui mettent en jeu encore d'autres substances chimiques.

 

Quelles en sont les conséquences ?

Quels sont les effets de ces produits sur la santé ?

 

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Propos recueillis par Karin Aujay

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