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Le
gouvernement envisage de dérembourser l'homéopathie.
Le taux de prise en charge de la Sécurité sociale
passerait de 65 % à 35 %. Ce qui permet au ministre de
la Santé d'affirmer que l'homéopathie n'est pas
victime d'une mesure discriminatoire, mais qu'elle doit participer
comme les autres aux mesures d'économies de la Sécurité
sociale. " Cette mesure est économiquement absurde,
socialement injuste, éthiquement condamnable ", lui
rétorque le Syndicat national des médecins homéopathes
de France qui monte au créneau en lançant une pétition
(1). Absurde parce que l'homéopathie ne représente
que 0,8 % des médicaments remboursés et qu'une partie
des patients va se retourner vers des médicaments allopathiques
beaucoup plus coûteux. Socialement injuste, parce qu'elle
va rendre l'accès à l'homéopathie plus difficile
aux personnes de condition modeste et contraire à l'éthique,
car elle remet en cause le libre choix thérapeutique. Reprenant
des arguments semblables, le Syndicat de la médecine homéopathique
annonce qu'il prépare aussi sa riposte, selon des modalités
(cartes ou pétitions) non encore définies à
l'heure où nous écrivons cet article (2). Tandis
que le Club Boiron Santé, qui dépend des laboratoires
du même nom, lance une campagne de cartes postales (3).
Tous ces documents sont disponibles soit dans les cabinets médicaux,
soit dans les pharmacies, soit à l'adresse de ces organismes.
Tout en regrettant que cette riposte se fasse en ordre dispersé,
Alternative Santé ne saurait trop encourager ses lecteurs
à s'associer à ces actions. Dans ce contexte, la
création d'une Fédération européenne
des associations d'usagers de l'homéopathie (4) est une
bonne nouvelle.
R.
P.
Entretien
avec Madeleine Bastide, Pre de pharmacie honoraire à Montpellier.
Madeleine Bastide a réalisé
des recherches en homéopathie pendant 25 ans.
"Pour
prendre une métaphore, le gouffre de la Sécurité
sociale, c'est un peu le naufrage du Titanic où l'on jette
des bouées à la mer pour enlever du lest au lieu
de s'en servir pour sauver les passagers. On préfère
dérembourser l'homéopathie pour des économies
dérisoires plutôt que de l'encourager et de pratiquer
une médecine plus économique, sans effets secondaires
et qui favorise la prévention. Depuis trente ans, de nombreux
travaux scientifiques, en recherche fondamentale, en pratique
clinique humaine et vétérinaire et même sur
les plantes, ont prouvé son activité et son efficacité.
Certes, on ne comprend toujours pas le mode d'action de l'homéopathie.
Mais on ne peut plus nier son intérêt du point de
vue scientifique. Il y a plusieurs revues de médecine complémentaire
qui sont aujourd'hui référencées au niveau
international et dans lesquelles sont publiés des travaux
de recherche en homéopathie : " Homeopathy "
(ex British Journal of Homeopathy), " Journal of complementary
and alternative medicine ", " Complementary and alternative
medicine ", etc. L'homéopathie n'a plus à faire
ses preuves. "
propos
recueillis par R. P.
(1)
SNMHF, 79, rue de Tocqueville, 75017 Paris, tél. : 01 44
29 01 31 (Internet : www.snmhf.org).
(2) SMH, 26, rue du Rocher, 75008 Paris, tél. : 01 43 87
62 28 (Internet : http://perso.
wanadoo. fr/s.m.h./).
(3) Club Boiron santé, 20, rue de la Libération,
69110 Sainte-Foy-lès-Lyon (Internet : www.boiron.
fr/htm/public/actu_homeo2003htm).
(4) Fédération des associations d'usagers de l'homéopathie,
Clos du cheval d'argent, 9, B - 1050 Bruxelles, tél. 00
322 672 33 51 (Internet : www.
homeopa-thyeurope.org/organisation/).
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