Les résultats de la déclaration
obligatoire de séropositivité en 2003 confirment la
place désormais majoritaire (64 %) des infections liées
aux rapports hétérosexuels. Les premières femmes
concernées sont celles de l'Afrique subsaharienne, mais en
France aussi la proportion augmente. Alors que l'on comptait une
femme atteinte pour cinq hommes en 1990, on approche d'une femme
pour deux hommes. Cette situation reflète à la fois
la fréquence croissante de la séropositivité
chez des femmes en général et l'accélération
de l'infection chez les migrantes originaires d'Afrique.
Bien que les recherches sur ce sujet soient rares, on commence à
mieux connaître les raisons physiologiques qui rendent les
femmes plus vulnérables au virus : le sperme est plus contaminant
que les sécrétions vaginales, le col de l'utérus
plus fragile, la surface vaginale exposée plus importante
et le sperme stagne plusieurs heures dans le vagin après
les rapports. On sait aussi que les femmes sous pilule ou injection
de progestérone ont un risque 5 à 7 fois plus élevé
que les autres. Enfin, du fait de leur place dans la société,
les femmes " peinent " à imposer le préservatif
à leur partenaire. Une solution serait sans doute l'utilisation
du préservatif féminin (Femidon), directement maîtrisable
par la femme, en vente en pharmacie (4,5 € les trois). Il est
cher et surtout il est victime de nombreux préjugés.
Pourtant, ces avantages sont nombreux : il ne se déchire
pas, il transmet mieux la chaleur et donc les sensations, il n'irrite
pas, il peut être mis en place avant le rapport et n'a pas
besoin d'être enlevé immédiatement après.