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Première source de notre consommation de produits carnés,
la viande porcine provient dans sa majeure partie d'élevages
industrialisés.

Depuis trente ans, la campagne française
s'est couverte de bâtiments sans fenêtres où
sont élevés des centaines et parfois des milliers
de porcs, particulièrement dans l'ouest de la France qui
assure 75 % de cette production (55 % en Bretagne, 20 % en Normandie
et Pays de Loire). Les animaux y sont entassés avec 0,70
m2 de surface chacun, moitié moins pour les porcelets.
Les truies gestantes sont dans des cages métalliques où
elles ne peuvent pas s'asseoir ni se coucher, les truies allaitantes
sont couchées sans pouvoir se retourner, pour éviter
qu'elles n'écrasent les porcelets par manque de place.
Tous ces animaux sont installés sur un caillebotis, c'est-à-dire
une grille qui laisse passer leurs déjections. Autrement
dit, ils vivent au-dessus de leur fosse à lisier, dans
une odeur pestilentielle permanente. Ils ne peuvent plus fouir
(fouiller dans le sol avec le groin) et ils sont tellement serrés
que leur réflexe naturel de fouissement les entraîne
à mordre la queue de leurs voisins. Pour éviter
les infections qui en résultent et peuvent être mortelles,
on leur coupe la queue. Les animaux sont nourris avec des aliments
concentrés fournis par les firmes agroalimentaires, aliments
qui contenaient des farines animales jusqu'à la fin 2000.
Aujourd'hui, elles sont interdites, mais le soja peut y être
transgénique. Résultat : des animaux fragiles et
sensibles aux infections, une viande de mauvaise qualité
et une pollution considérable des sols et de l'eau par
les nitrates, le phosphore et différents métaux
(cuivre, zinc) apportés par l'alimentation (comme facteurs
de croissance) et présents dans les déjections des
porcs. Malgré des traitements massifs par antibiotiques,
de nouvelles maladies comme la maladie de l'amaigrissement du
porcelet, déciment régulièrement les élevages.
S'y ajoutent les odeurs qui envahissent le voisinage
et qui pourraient représenter une source de contamination
toxique encore mal étudiée.
> L'alternative
La dégradation est telle en Bretagne que les associations
regroupées au sein du réseau Cohérence travaillent
au développement d'alternatives qui reposent sur l'élevage
des cochons sur litière (paille ou sciure) et non plus
caillebotis. Ce type d'élevage nécessite des surfaces
plus importantes par animal : le minimum légal est 1,20
m2 mais les partisans d'une agriculture durable préconisent
2 m2. " Les élevages sur litière étant
de tailles plus réduites, produisent des déjections
peu polluantes, demandent moins d'investissements et moins de
temps de travail pour les éleveurs tout en leur assurant
des revenus supérieurs grâce à une viande
de meilleure qualité vendue plus cher ", souligne
André Pochon, l'un des fondateurs du Réseau agriculture
durable (adresse p. 32). Mais peu d'éleveurs acceptent
d'adopter ce mode d'élevage qui ne concerne encore que
6 % des porcs à l'engraissement en 2001 (15 % pour les
truies gestantes). Il s'agit principalement de porcs Label rouge
ou ayant un certificat de conformité (voir p. 32) ainsi
que des porcs biologiques ou fermiers. Quant à la viande
de porcs fermiers, l'appellation n'étant toujours pas réglementée,
le consommateur doit vérifier qu'elle vient d'élevages
garantis sur litière. Avec l'agriculture biologique, il
est en revanche sûr des bonnes conditions d'élevage.
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