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Assurer
l'équilibre des comptes de l'assurance-maladie est moins
un problème de fonds que de
fond ! On rappelle peu,
par exemple, que cette sécurité " sociale "
est une vraie conquête égalitaire, l'une des rares.
L'école reproduit, peu s'en faut, les inégalités
de classes. Mais le PDG comme le Rmiste fréquentent les
mêmes hôpitaux, consultent les mêmes spécialistes
(ou presque !), bénéficient des mêmes soins.
Conçue dans l'idée de transformer du capital travail
et de la croissance économique en biens de santé
pour tous, elle ne peut être kidnappée par une catégorie
ou un groupe.
Or, c'est ce qui se passe. Les médicaments
sont devenus le deuxième poste des dépenses de l'assurance-maladie.
Mais pendant que Mattei abaisse leurs taux de remboursement, il
augmente la consultation des généralistes !
Du déremboursement de l'homéopathie, il attend une
économie de 66 millions d'euros/an. Mais l'augmentation
de la consultation à 20 euros (contre 18,5 euros sous Kouchner)
fait tomber dans l'escarcelle de ses (vraiment) très "
chers " confrères, un petit rab mensuel de 900 euros
(6 000 francs, un petit Smic !). Soit, multiplié par 60
000 généralistes, pas loin des 66 millions d'euros/an.
De là à penser que l'on pioche dans la poche des
uns ce que l'on glisse dans celle des autres
Les choix du pouvoir sont renversants. On s'étonne
que personne ne proteste - par exemple ! - du fait que le directeur
de cabinet du ministre, Louis-Charles Voissat, soit un ancien
de la direction des laboratoires Lilly France (qui vendent le
Prozac), filiale du groupe américain du même nom.
Choix qui montre clairement les connivences entre l'État
et les intérêts pharmaceutiques privés.
Ce qui est aussi en question dans la frénésie des
dépenses médica-menteuses (!), c'est qu'elle traduit
une approche essentiellement chimique de la maladie. Vision que
l'État et ses relais - médecins, système
de soins - tentent d'imposer par tous les moyens. Ainsi quand
la Mission interministérielle de vigilance et de lutte
contre les dérives sectaires (Miviludes) dénonce
les graves atteintes aux droits de l'homme dans certains groupes,
nous ne pouvons qu'applaudir (voir nos " Points Chauds ").
Mais quand elle propose la diffusion d'" un guide des bonnes
pratiques de soins ", on est en droit de s'inquiéter.
D'autant qu'elle remet en question l'ostéopathie, dont
la reconnaissance a été votée à l'unanimité
à l'Assemblée nationale en 2002 !
Alors que le Parlement européen a demandé
aux pays membres d'harmoniser les statuts, et donc la reconnaissance,
de différentes médecines alternatives, notamment
de la naturopathie et de la phytothérapie
, la Miviludes
les montre encore du doigt ! Le ridicule et la méconnaissance
des dossiers ne semblent pas troubler ladite Mission. Ses "
missionnaires " n'hésitent pas aussi à diaboliser
les " groupes qui refusent les vaccinations obligatoires
", alors que la France est, avec la Grèce et le Portugal,
le pays européen où les obligations vaccinales sont
les plus nombreuses.
Il serait urgent que l'exception médicale hexagonale pointe
le nez au-delà de sa ligne Maginot !
L'équilibre des comptes de la Sécu
passe par une approche " holistique ", c'est-à-dire
globale de la maladie et de la santé, qui inclut l'environnement,
l'alimentation, l'hygiène et les conditions de vie, la
prévention. C'est en ce sens que vont nos propositions
(voir notre article page 9 à 12). Vous pouvez d'ailleurs
nous envoyer vos suggestions
Si on doit en appeler à
la responsabilité des patients pour résorber le
" trou " de la Sécu, on doit être aussi
exigeant envers les praticiens sur la qualité et la quantité
des prescriptions, ainsi que de leurs consultations. Le ministre
de la Santé voudra-t-il faire triompher les principes de
solidarité qui ont présidé à la naissance
de la Sécurité sociale ?
On jugera sur pièces.
Mais on peut en douter.
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