Indignée par la manière dont la
malaudition supposée de Jacques Chirac et le port d'une
prothèse ont été traitée par son entourage
fin 2003, une de nos lectrices a écrit au Président
de la République.
" Monsieur Le Président,
" En tant que malentendante, je tiens à vous exprimer
ma "vive" reconnaissance pour la manière dont
votre entourage a traité la rumeur de malaudition vous
concernant. Ma première réaction a été
une profonde indignation. Tout ce que j'ai entendu à ce
sujet accréditait la thèse selon laquelle un Président
de la République ne peut être atteint d'une telle
infirmité et doit rassurer l'opinion publique, afin qu'elle
ne pense pas qu'il n'est plus capable d'assumer ses fonctions.
Une telle attitude renforce l'opinion selon laquelle les malentendants
sont inaptes à un travail normal et confirme la malentendance
comme un handicap qu'il faut cacher.
" Ma deuxième réaction est
une vive satisfaction.
" Je vous remercie de démontrer ainsi tout le chemin
qu'il reste à parcourir afin que ce handicap soit traité
de manière juste, comme par exemple celui des yeux. L'opinion
s'inquiète-t-elle de savoir si vous portez des lunettes
ou si vous cachez un défaut de vision sous des lentilles?
Se demande-t-elle si votre vue vous laisse apte à diriger
le pays ?
" Ma troisième réaction sera
une sincère admiration quand vous oserez vous déclarer
malentendant et montrer l'exemple en cette année 2004,
un an après l'année du handicap, afin que handi-
cap ne soit plus synonyme de dépendance
et d'anormalité!
" Je vous prie d'agréer, Monsieur Le Président,
l'expression de mes respectueuses salutations. "
Marie-Claude H., membre de la Cellule Audition
de Paris-Sud-Orsay
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