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Alternative Santé, comprendre pour agir
 
Mars 2004

 

 

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Le poisson qui soigne

Moins de démences, moins de maladies d'Alzheimer.
Moins d'infarctus aussi.
Il faudrait manger du poisson toutes les semaines.

" Les personnes qui mangent du poisson ou des fruits de mer toutes les semaines voient diminuer d'un tiers le risque de démence ou de maladie d'Alzheimer ", constate Pascale Barberger-Gateau, chercheuse à l'INSERM de Bordeaux. C'est ce que montre, au fil des ans, son étude réalisée sur près de deux mille personnes de plus de 68 ans (1). Deux autres recherches internationales ont récemment confirmé l'effet positif d'une consommation hebdomadaire de poisson pour lutter contre ces maladies.

> Des effets sur l'infarctus et la maladie d'Alzheimer
Le poisson serait le meilleur des aliments s'il n'était pas si pollué, qu'il provienne de la pêche ou de l'élevage (voir " Le poisson qui pèche " p. 22-23). Il ne fait pas prendre de poids. Ses matières grasses sont de " bonnes graisses ". Il présente une forte teneur en protéines, de qualité au moins équivalente à celles de la viande. Et il contient des minéraux comme le phosphore et l'iode. " Surtout, les poissons sont riches en acides gras oméga 3 ", souligne Pascale Barberger-Gateau. Tout comme les huiles d'olive et de colza. Ces acides gras sont plus efficaces que les traitements pharmaceutiques, comme le montre l'analyse comparée des recherches sur les oméga 3 et sur les traitements cardiologiques classiques, réalisée par Michel de Lorgeril, cardiologue et chercheur au CNRS. Les oméga 3 obtiennent en effet de meilleurs résultats. Avec une consommation régulière de ces acides gras, la baisse des infarctus est plus forte (30 à 73 % de décès en moins selon les études) qu'avec les statines, les médicaments proposés pour faire baisser le taux de cholestérol (1 à 13 % de décès en moins) (2).

Les acides gras oméga 3 ont une action sur les démences et la maladie d'Alzheimer. " Les effets protecteurs du poisson sur le cerveau peuvent être liés à trois types de propriétés des oméga 3, précise Pascale Barberger-Gateau. Ils sauvegardent les vaisseaux du cerveau. Ils entrent dans la composition des membranes des cellules cérébrales, et favorisent la régénération des cellules chez l'adulte et la personne âgée. Enfin, ils ont une action anti-inflammatoire. Or la maladie d'Alzheimer est accompagnée d'une inflammation cérébrale. " Les chercheurs pensent que cette inflammation, encore mal expliquée, favoriserait le développement de la maladie.

> Bons pour le moral
Une étude danoise montre que les femmes enceintes dont l'alimentation quotidienne est riche en oméga 3 ont moins d'enfants prématurés et de faible poids. Les personnes souffrant d'arthrite rhumatoïde bénéficieraient d'une alimentation riche en produits de la mer.

Une moins grande occurence des épisodes dépressifs et des suicides a été enregistrée dans les régions à forte consommation de poissons (3). Cette alimentation fait disparaître les troubles de l'humeur liés aux saisons dans un autre pays nordique. Cela s'explique par les effets " psy " des oméga 3. Psychiatre ayant travaillé aux États-Unis, David Servan-Schreiber a recensé les recherches anglo-saxonnes dans ce domaine. Il leur consacre un chapitre de son best-seller Guérir (4) et cite de multiples études sur la dépression. Il montre même que la " dépression du post-partum " est moindre chez les jeunes mères quand la consommation de poissons et de crustacés est plus élevée dans le pays.

Il ne reste plus qu'à dévorer des oméga 3 dans des plats de poissons! Pas si simple car leur taux diffère selon les espèces. Les poissons gras comme le maquereau, la sardine ou le hareng, en contiennent davantage (2,6 g/100 g). Mais ils renferment aussi plus de polluants, ceux-ci se fixant dans les graisses. En revanche, les poissons maigres, comme la morue ou le carrelet, ne contiennent pas plus d'oméga 3 que du blanc de poulet (0,3 g/100 g). Un bon équilibre consistera à alterner poissons maigres et poissons gras.o

Richard Belfer

(1) "Fish, meat and risk of dementia : cohort study", Barberger-Gateau P. et coll. British Medical Journal, 2002, n° 325, p. 932-933.
(2) Ces études ont été présentées lors des XXIe Rencontres Médecines douces à l'hôpital Tenon, à Paris, le 18/10/2003.
(3) Tanskanen A. et coll. Archives of General Psychiatry, 2001, n° 58-5, p. 512-513.
(4) Guérir. Le stress, l'anxiété, la dépression sans médicaments ni psychanalyse, éd. Robert Laffont, 2003.

 

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