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" Les personnes qui mangent du poisson
ou des fruits de mer toutes les semaines voient diminuer d'un
tiers le risque de démence ou de maladie d'Alzheimer ",
constate Pascale Barberger-Gateau, chercheuse à l'INSERM
de Bordeaux. C'est ce que montre, au fil des ans, son étude
réalisée sur près de deux mille personnes
de plus de 68 ans (1). Deux autres recherches internationales
ont récemment confirmé l'effet positif d'une consommation
hebdomadaire de poisson pour lutter contre ces maladies.
> Des effets sur
l'infarctus et la maladie d'Alzheimer
Le poisson serait le meilleur des aliments s'il n'était
pas si pollué, qu'il provienne de la pêche ou de
l'élevage (voir " Le poisson qui
pèche " p. 22-23). Il ne fait pas prendre de poids.
Ses matières grasses sont de " bonnes graisses ".
Il présente une forte teneur en protéines, de qualité
au moins équivalente à celles de la viande. Et il
contient des minéraux comme le phosphore et l'iode. "
Surtout, les poissons sont riches en acides gras oméga
3 ", souligne Pascale Barberger-Gateau. Tout comme les huiles
d'olive et de colza. Ces acides gras sont plus efficaces que les
traitements pharmaceutiques, comme le montre l'analyse comparée
des recherches sur les oméga 3 et sur les traitements cardiologiques
classiques, réalisée par Michel de Lorgeril, cardiologue
et chercheur au CNRS. Les oméga 3 obtiennent en effet de
meilleurs résultats. Avec une consommation régulière
de ces acides gras, la baisse des infarctus est plus forte (30
à 73 % de décès en moins selon les études)
qu'avec les statines, les médicaments proposés pour
faire baisser le taux de cholestérol (1 à 13 % de
décès en moins) (2).
Les acides gras oméga 3 ont une action
sur les démences et la maladie d'Alzheimer. " Les
effets protecteurs du poisson sur le cerveau peuvent être
liés à trois types de propriétés des
oméga 3, précise Pascale Barberger-Gateau. Ils sauvegardent
les vaisseaux du cerveau. Ils entrent dans la composition des
membranes des cellules cérébrales, et favorisent
la régénération des cellules chez l'adulte
et la personne âgée. Enfin, ils ont une action anti-inflammatoire.
Or la maladie d'Alzheimer est accompagnée d'une inflammation
cérébrale. " Les chercheurs pensent que cette
inflammation, encore mal expliquée, favoriserait le développement
de la maladie.
> Bons pour le moral
Une étude danoise montre que les femmes enceintes dont
l'alimentation quotidienne est riche en oméga 3 ont moins
d'enfants prématurés et de faible poids. Les personnes
souffrant d'arthrite rhumatoïde bénéficieraient
d'une alimentation riche en produits de la mer.
Une moins grande occurence des épisodes
dépressifs et des suicides a été enregistrée
dans les régions à forte consommation de poissons
(3). Cette alimentation fait disparaître les troubles de
l'humeur liés aux saisons dans un autre pays nordique.
Cela s'explique par les effets " psy " des oméga
3. Psychiatre ayant travaillé aux États-Unis, David
Servan-Schreiber a recensé les recherches anglo-saxonnes
dans ce domaine. Il leur consacre un chapitre de son best-seller
Guérir (4) et cite de multiples études sur la dépression.
Il montre même que la " dépression du post-partum
" est moindre chez les jeunes mères quand la consommation
de poissons et de crustacés est plus élevée
dans le pays.
Il ne reste plus qu'à dévorer des
oméga 3 dans des plats de poissons! Pas si simple car leur
taux diffère selon les espèces. Les poissons gras
comme le maquereau, la sardine ou le hareng, en contiennent davantage
(2,6 g/100 g). Mais ils renferment aussi plus de polluants, ceux-ci
se fixant dans les graisses. En revanche, les poissons maigres,
comme la morue ou le carrelet, ne contiennent pas plus d'oméga
3 que du blanc de poulet (0,3 g/100 g). Un bon équilibre
consistera à alterner poissons maigres et poissons gras.o
Richard Belfer
(1) "Fish, meat and risk of dementia : cohort
study", Barberger-Gateau P. et coll. British Medical Journal,
2002, n° 325, p. 932-933.
(2) Ces études ont été présentées
lors des XXIe Rencontres Médecines douces à l'hôpital
Tenon, à Paris, le 18/10/2003.
(3) Tanskanen A. et coll. Archives of General Psychiatry, 2001,
n° 58-5, p. 512-513.
(4) Guérir. Le stress, l'anxiété, la dépression
sans médicaments ni psychanalyse, éd. Robert Laffont,
2003.
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