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"Je su is
à la fois extrêmement choquée et très
en colère, parce qu'il ne faut pas deux ans pour sortir
une étude épidémiologique ", s'émeut
Patricia Baslé, présidente de l'association Entraide
aux malades atteints de myofasciite à macrophages (E3M).
Il y a trois ans notre journal révélait que des
chercheurs avaient découvert une nouvelle maladie, la myofasciite
à macrophages, qui se traduit par des douleurs musculaires
et articulaires intenses, une très grande fatigue, des
troubles du sommeil et de la mémoire et diverses autres
pathologies. En août 1998, les Prs Gherardi de Créteil,
Chérin de La Salpêtrière (à Paris),
Coquet de Bordeaux et Pellissier de Marseille avaient publié
une communication sur cette maladie dans la revue médicale
la plus réputée : The Lancet. Au début de
l'année 1999, ils annonçaient en avoir trouvé
la cause : l'aluminium des vaccins. Nous précisions alors
que l'Agence française de sécurité sanitaire
des produits de santé (Afssaps) était sur le point
de démarrer une étude épidémiologique
sur le sujet (1). Elle ne débutera qu'au cours de l'année
2002. La publication de ses résultats, annoncée
pour le début de l'année 2003, est ensuite repoussée
de mois en mois. En septembre 2003, lors de la Conférence
de consensus sur la vaccination contre l'hépatite B (2),
les représentants de l'Afssaps expliquent que tout n'est
pas tout à fait terminé et qu'ils ne peuvent annoncer
de date de publication.
> Liens d'intérêt avec
les labos !
En fait, les résultats sont connus
depuis plusieurs mois. La responsable de l'étude, Annie
Fourrier, a présenté une partie des conclusions
lors de cette Conférence. Mais ce qu'elle en a dit est
trop bref et sera utilisé de manière tronquée
par les opposants à la thèse de l'aluminium, notamment
à l'Académie de médecine. Selon nos informations,
deux réunions ont eu lieu fin 2003 pour présenter
les résultats à une commission d'experts. Mais certains
membres de cette commission qui ont des liens d'intérêt
avec les fabricants de vaccins essaient d'empêcher la publication
de résultats qui dérangent ces laboratoires. Depuis,
alors que tout est prêt, c'est le silence complet.
Contactée au début du mois d'avril,
l'Afssaps répond par son attachée de presse qu'aucune
date n'est prévue. Annie Fourrier refuse de parler de son
travail : " L'étude appartient à l'Agence et
je ne peux donc commenter des résultats qui n'ont pas été
publiés. "
Outre le service qu'elle rend au lobby des vaccins,
la non publication pénalise lourdement les malades. "
Sans elle, beaucoup d'entre eux ont du mal à obtenir leur
prise en charge par les organismes sociaux (la Sécurité
sociale pour de nombreux frais, la Cotorep pour
les pensions
d'invalidité). Pour les personnes qui ont été
vaccinées dans le cadre d'une obligation, la reconnaissance
en accidents du travail et l'indemnisation par la Direction générale
de la santé n'est pas possible ", dénonce Patricia
Baslé.
Si certaines des victimes ont des ressources
personnelles, combien se retrouvent dans une situation matérielle
difficile qui s'ajoute aux grandes souffrances de la myofasciite
? Ainsi Mme Didier, ancienne assistante en école maternelle,
qui a beaucoup de difficultés à se déplacer
et bénéficie d'un taux d'invalidité de 80
%, vient de se voir refuser une allocation pour une tierce personne,
alors qu'elle n'a plus comme ressource qu'un demi-salaire. Patricia
Baslé précise que tant que la plupart des médecins
ne seront pas informés de l'existence de cette nouvelle
maladie, le diagnostic n'étant pas fait, de nombreux malades
ne seront pas correctement orientés ni soignés.
" Sur la base d'un questionnaire détaillé qui
permet de distinguer ceux qui n'ont pas de myofasciite des cas
où l'on peut suspecter la maladie, notre association conseille
à ces derniers de faire une biopsie musculaire au site
d'injection de la vaccination qui permet de poser le diagnostic
avec certitude. Nous informons aussi les médecins de ces
patients. Mais tout cela est une lourde charge pour nous, ce n'est
pas aux malades de faire ce travail ", précise Patricia
Baslé qui ajoute : " Nous avons aussi besoin de cette
étude pour être reconnus par nos familles, par notre
entourage, où certains doutent de la réalité
de nos problèmes. "
Dans l'intérêt des malades, Alternative Santé
a donc décidé de briser le mur du silence. Nous
avons pu nous procurer le texte de l'étude, daté
d'octobre 2003, 108 pages qui ont été présentées
aux experts en fin d'année. Voici les principaux éléments
que l'on peut en retenir (les passages entre guillemets sont extraits
de l'étude).
> Des résultats clairs et
inattaquables
Les conclusions sont effectivement éloquentes.
Intitulée " Etude épidémiologique exploratoire
de la myofasciite à macrophages ", elle a été
réalisée par le département de pharmacologie
de l'hôpital Pellegrin à Bordeaux. Ses auteurs rappellent
qu'elle a pour but de " contribuer à l'évaluation
de la myofasciite à macrophages " en cherchant à
répondre à deux questions :
1 " Existe-t-il une association entre la
présence de la lésion histologique (lésion
du tissu musculaire au site d'injection de la vaccination, NDLR)
et un syndrome clinique particulier, que les patients porteurs
de la lésion exprimeraient plus fréquemment que
les patients non porteurs de la lésion ? "
2 " Existe-t-il une association entre la
lésion et des vaccins contenant un adjuvant aluminique
? "
L'étude compare deux groupes de patients atteints de maladies
musculaires, les uns (les cas) présentant la lésion
caractéristique de la MFM, les autres (les témoins)
non. Les résultats sont clairs, nets et inattaquables.
91 % des cas de MFM contre seulement 42 % des témoins,
ont été vaccinés par un vaccin contenant
un adjuvant aluminique, au moins une fois, au cours des dix années
précédant le début de leurs symptômes.
75 % des cas vaccinés avaient reçu le vaccin anti-hépatite
B.
54 % des sujets porteurs de la lésion présentent
plus fréquemment des symptômes de fatigue au début
de la maladie. " Ils rapportent plus souvent des troubles
de la mémoire, des difficultés à rester attentif,
à se concentrer, à réaliser des tâches
multiples et à prendre des décisions. "
Ces conclusions seront contestées par
ceux qui ne veulent pas que la politique vaccinale contre l'hépatite
B change et qui s'opposent notamment au retrait des adjuvants
aluminiques des vaccins (3). Les deux principaux arguments consistent
à dire que l'aluminium n'est qu'un tatouage vaccinal sans
danger et que l'étude de l'Afssaps ne prouve pas qu'il
est la cause de la maladie. Or cette étude montre que la
présence de l'aluminium n'est pas une simple cicatrice
vaccinale. " Cette notion de tatouage vaccinal est une invention
de nos détracteurs qui n'ont aucune étude scientifique
à nous opposer ", fustige le Pr Chérin. "
Les vaccins apportent des bienfaits énormes en terme de
santé publique. Par contre il est probable qu'il y ait
quelques inconvénients qu'il vaut mieux cerner, pour connaître
les populations à risques qu'il faut éviter de vacciner,
plutôt que de dire qu'ils sont toujours bien tolérés.
Je crois qu'ainsi les messages sont plus crédibles. "
> Solution : retirer l'aluminium
L'étude de l'Afssaps, nous l'avons
vu, n'avait pas pour but de prouver pour autant que l'aluminium
est bien la cause de la MFM, mais de montrer s'il y a " un
syndrome clinique particulier " chez les porteurs de la lésion.
Or les conclusions sont claires sur ce point, explique le Pr Chérin
: " L'étude montre que les patients qui ont la lésion
histologique ont un "syndrome de fatigue chronique"
(SFC), qu'on ne retrouve pas dans le groupe témoin. Le
SFC est clairement défini par l'OMS. " Même
constat de la part du Pr Gherardi : " Bien sûr, l'étude
ne prouve pas que l'aluminium soit la cause, ce n'était
pas son but. Mais elle établit de manière certaine
une association entre la présence d'une lésion avec
de l'aluminium d'origine vaccinale et un syndrome de fatigue chronique.
La lésion peut être la cause du SFC qui a été
retrouvé. Mais il peut aussi y avoir une anomalie immunologique
sous-jacente qui fait que certains patients réagissent
après une vaccination, dans ce cas, ce n'est pas la lésion
qui est la cause, mais cette anomalie génétique.
" L'aluminium serait donc le facteur déclenchant.
À Marseille, une étude du Pr Pellissier, sur 80
cas de MFM, montrent que 56 % d'entre eux appartiennent à
un groupe génétique particulier. " Depuis que
l'aluminium est utilisé, aucune étude n'a été
publiée sur sa pharmacocinétique (c'est-à-dire
son devenir dans l'organisme, NDLR) ", explique le Pr Gherardi,
auteur de la première étude sur cette question chez
l'animal. Bien d'autres recherches seraient nécessaires,
mais il faudrait des financements publics.
" La mise à disposition de vaccins sans adjuvants
aluminiques serait de nature à régler le problème
", concluait Mme Fourrier, lors de la Conférence de
consensus. On a retiré des médicaments, au nom du
principe de précaution, sur la base d'alertes semblables,
renchérissait en substance Mme Costagliola, épidémiologiste,
lors de la même conférence. Philippe Douste-Blazy,
nouveau ministre de la Santé, aura-t-il le courage de prendre
les mesures qui s'imposent d'urgence ?
Régis PLUCHET
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