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calcul rénal apparaît lorsque des sels, normalement
présents dans l'urine après la filtration par les
reins, se cristallisent. Lorsque cette concrétion grossit
anormalement (plus de 6 mm), elle se coince dans les voies urinaires.
Une douleur soudaine et intense au bas du dos irradie vers le
bas du ventre et l'aine et déclenche la colique néphrétique.
Elle peut durer de quelques minutes à plusieurs heures,
avec des moments de répit et s'accompagne souvent de nausées
et de vomissements. Fièvre, frissons et urine trouble ou
malodorante indiquent un risque d'infection et implique une prise
en charge médicale immédiate. Se surajoute souvent
une sensation de brûlure à la miction ainsi qu'un
fréquent besoin d'uriner. Si le calcul bloque complètement
l'évacuation (le patient n'urine plus et a de la fièvre),
on doit être hospitalisé en urgence.
>Les différents
calculs
Calculs oxalo-phospho-calcique. Ils sont les plus fréquents
(80 % des cas) et concernent souvent les hommes. Il en existe
plusieurs types : ceux d'oxalate de calcium (les plus fréquents),
de phosphate de calcium ou d'un mélange des deux.
Calculs phospho-ammoniaco-magnésiens. Ils concernent la
femme jeune. Il sont dus à une infection urinaire (Proteus
mirabilis), se logent dans le bassinet et les calices et sont
rarement à l'origine de coliques, mais de lombalgies. Ils
se développent aussi chez les personnes à qui l'on
installe des cathéters à la vessie durant de longues
périodes. Le traitement est le plus souvent chirurgical.
Calculs d'acide urique. Ils représentent de 5 à
8 % de tous les cas de calculs rénaux. Comme leur nom l'indique,
ils se forment à partir d'une concentration anormalement
élevée d'acide urique, un produit du métabolisme
des protéines. Une alimentation riche en protéines
en est à l'origine, mais il existe aussi des facteurs génétiques.
Certaines chimiothérapies peuvent favoriser cet excès.
Bicarbonate de soude et eaux alcalines aident à leur dissolution.
Calculs de cystine. Cette forme rare affecte moins de 1 à
2 % des patients. La cystine est un acide aminé normalement
présent dans les urines. Dans tous les cas, la formation
de calculs est attribuable à la cystinurie, une déficience
génétique qui entraîne l'excrétion
d'une quantité excessive de cystine par les reins.
>Facteurs et comportements
à risques
Dans la plupart des cas, le manque de liquide est responsable
des calculs rénaux. Plus l'urine est concentrée
en sels, principalement en oxalate de calcium et en phosphate
de calcium, plus le risque de formation de calculs augmente. Boire
peu diminue le volume d'urine qui se concentre en sels. Mais,
" fabriquer " des calculs implique aussi des facteurs
génétiques, une histoire familiale de calculs, des
facteurs biologiques et environnementaux (alimentation, hygiène
de vie). Certaines maladies en sont à l'origine, comme
l'hyperparathyroïdie (hyperactivité de la glande parathyroïde).
Le degré d'acidité de l'urine influence aussi les
interactions chimiques entre les constituants. Enfin, certaines
substances, présentes dans l'urine comme les citrates et
le magnésium, freinent la cristallisation. Si leur quantité
diminue, le risque augmente. Certains médicaments peuvent
contribuer à la formation des calculs. Les personnes à
risque doivent s'informer auprès de leur médecin
ou de leur pharmacien des effets secondaires de leur médication.
>La crise aiguë
Lors d'une crise aiguë, il faut cesser de boire car l'urine
bute sur le calcul et aggrave la douleur. La présence de
fièvre nécessite un départ à l'hôpital.
Sinon, un médecin se chargera essentiellement de calmer
la douleur (piqûre, antalgique, etc.). En l'attendant, on
peut faire couler un bain chaud. Cela dilate l'uretère
et diminue la douleur. Si l'on urine, on essaiera de recueillir
dans une compresse des fragments du calcul qui permettront une
analyse précise de leur nature. Sous contrôle médical,on
peut rester chez soi jusqu'à ce que le calcul soit évacué.
Après la crise, le traitement dépendra : des résultats
des examens médicaux, de la présence ou non de sang
dans l'urine, d'une analyse sanguine pour vérifier l'état
de la fonction rénale et déceler une anomalie métabolique,
et enfin d'une urographie intraveineuse.
Si la taille du calcul est trop importante et la douleur insoutenable
ou s'il y a infection ou saignement, le calcul devra être
dégradé en petits morceaux ou extrait chirurgicalement.
Des analgésiques plus puissants seront prescrits.
> Techniques d'extraction
Les calculs sont cassés ou extraits selon plusieurs techniques
: la lithotripsie ou lithotritie extracorporelle consiste à
envoyer des ondes de choc depuis l'extérieur du corps sur
un calcul pour le fragmenter. Ces fragments seront éliminés
par les voies urinaires. L'intervention peut être réalisée
dans la journée.
La néphrolithotomie percutanée est utilisée
si le calcul est trop gros ou se trouve dans un endroit que les
ondes de choc ne peuvent atteindre. Par une incision effectuée
dans le dos, on introduit un instrument, le néphroscope,
dans le rein, pour extraire le calcul. Il peut également
être dégradé à l'aide d'un laser ou
d'énergie électrique. Généralement,
le patient reste à l'hôpital pendant plusieurs jours.
L'urétéroscopie : cette opération peut être
nécessaire pour ôter des calculs logés dans
les uretères. Elle consiste à introduire une sonde,
l'urétéroscope, dans la vessie par l'urètre
jusqu'à l'uretère. Les calculs sont alors fragmentés
ou prélevés intacts. Cette technique est délicate.
Martine
Laganier
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