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Alternative Santé, comprendre pour agir
 
JUIN 2004

 

 

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EDITORIAL

La négation des victimes du bénéfice-risque

Parmi les certitudes qui évitent de se remettre en question, il en est une, médicale, que l'on nous ressert à propos des médicaments et des vaccinations. C'est le dogme du bénéfice-risque. Sous-entendu : les bénéfices sont tels que les risques sont négligeables - et de fait négligés, sinon volontairement cachés. Que ces " risques " fauchent, comme dans le cas de la dernière maladie provoquée par les vaccins - la myofasciite à macrophages -, des personnes bien portantes, qu'ils les rendent invalides et inaptes au travail, n'ébranlent en rien les hérauts du dogme. Que ce principe, véritable cache-misère intellectuel, soit une blessure au front du principe de la médecine : " D'abord, ne pas nuire " n'inquiète ni les médecins, ni les scientifiques… Ni même les responsables de l'organisme qui devrait défendre les patients : l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps).

Rappelons les faits. Dans notre dernier numéro, nous " révélons " que l'étude sur l'aluminium des vaccins, commandée par l'Agence, reste bizarrement dans ses tiroirs. Le Figaro, RFI (l'émission Micro-méga), le journal de 20 heures de TF1, Le Progrès, Le Parisien, le Quotidien du médecin… s'emparent de l'affaire. Les spécialistes de la myofasciite, dont les professeurs Gherardi et Chérin, confirment que cette étude montre - faute encore de démontrer - qu'il existe bien un lien entre l'aluminium et le syndrome de fatigue chronique (SFC). L'Afssaps, voyant que le feu gagne, convoque en catastrophe une conférence de presse pour l'éteindre et assène sa vérité : l'aluminium des vaccins n'est pas en cause. D'ailleurs, preuve que tout va bien, elle arrête toute nouvelle recherche !
Pourquoi l'Agence a-t-elle attendu si longtemps, si les conclusions de son étude ont une telle force d'évidence ? Il fallait les proclamer aussitôt ! Et que signifient
les propos de la Dre Annie Fourrier, responsable scientifique de ladite étude qui affirmait lors de cette même conférence de presse : " Les résultats sont à interpréter avec prudence. " Ne se moque-t-on pas de nous et d'abord des victimes ?

La clef de la position de l'Afssaps se trouve, sans doute, dans les propos de l'un de ses experts, le Pr Jean-Hugues Trouvin qui affirma - toujours lors de cette conférence de presse - que la mise au point et le remplacement de l'adjuvant aluminique par un autre adjuvant demanderait dix ans (1). En clair, l'Agence laisse aux labos le temps d'écouler leurs stocks de vaccins à base d'aluminium : tétanos, diphtérie, polio, coqueluche, hépatite A, et surtout hépatite B.
On ne peut s'empêcher de penser que si l'Afssaps a décidé d'arrêter toute étude, c'est qu'elle a peur de découvrir le pire. Si nous n'avions pas soulevé l'affaire, le rapport aurait été discrètement oublié, les soupçons se seraient dilués et les malades renvoyés à leur détresse et à leur combat individuel.
Au cours de la conférence, le directeur général de l'Agence, Jean Marimbert, a affirmé bien haut que le bénéfice-risque est nettement en faveur des vaccins. Propos que l'on pourrait traduire brutalement : il y a des patients qui " paient " pour que d'autres soient en bonne santé. Version laïque du sacrifice religieux dans la religion du progrès !

Reconnaître qu'il y a des risques et ne pas chercher à les découvrir ne relève pas de l'esprit scientifique. Tenir les victimes pour statistiquement négligeables est tout simplement barbare. Reste pour les patients à demander à leur médecin de les assurer qu'ils ne tireront des vaccins que des bénéfices. Car l'Afssaps, en faisant l'apologie du bénéfice-risque reconnaît, malgré tout, implicitement, que ces risques existent. Ne serait-on pas en droit de faire procès aux médecins qui ne nous en avertiraient pas ?

(1) Ce qui est faux. Car il y a 20 ans, certains vaccins étaient commercialisés avec un adjuvant à base de calcium. Il n'est pas toxique, contrairement à l'aluminium.

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