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JUIN 2004

 

 

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L'alimentation qui protège

Une bonne alimentation contribue à freiner l'évolution de l'insuffisance rénale. Gros plans sur les deux types de nutriments décisifs : les protéines et le sel.

 

Lorsque le rein fait moins bien son travail, il devient nécessaire de surveiller les types et les quantités d'aliments que l'on consomme. L'alimentation quotidienne doit à la fois répondre aux besoins nutritionnels de l'organisme, moins solliciter le travail des reins et protéger la fonction rénale restante.

> Les protéines
Les protéines animales sont fournies par la viande, le poisson, les œufs et les produits laitiers. Les protéines végétales par les céréales, le soja, les légumineuses (lentilles, haricots, pois, fèves…). Notre taux de protéines dans les urines est normalement très faible (inférieur à 50 mg par 24 heures). Il ne peut être détecté par les méthodes conventionnelles. Quand on est en bonne santé, on dit donc qu'il n'existe pas de protéinurie.
L'insuffisance rénale s'accompagne souvent d'une protéinurie, c'est-à-dire un fort taux de protéines dans les urines. Il devient nécessaire de diminuer leur apport, en réduisant la consommation de viande, poisson et blanc d'œuf, mais aussi de protéines végétales. On évite ainsi l'évolution rapide vers l'insuffisance rénale terminale.

Ce faible apport de protéines peut provoquer une perte de poids, de masse musculaire, voire une dénutrition. En voulant limiter les progrès de l'insuffisance rénale, on détériore l'état de santé du patient. Il faut éviter cette baisse excessive des apports en protéines, amplifiée par le manque d'appétit et les troubles digestifs de certains insuffisants rénaux. On établira donc sa restriction en protéines en fonction de ses besoins globaux. …

> Diminuer le sel
La diminution de l'apport en sel dans l'alimentation concourt à faire baisser la présence de protéines dans les urines. Fréquente chez ces patients, l'hypertension artérielle, que stimule la consommation de sel, favorise encore l'insuffisance rénale.
Pour limiter sa consommation en sel, éviter les aliments qui en contiennent trop :
o Les aliments transformés : charcuterie, olives et cornichons en conserve.
oLes aliments à grignoter en apéritif, les biscottes et les assaisonnements.
o Réduire sa consommation de plats pré-cuisinés : surgelés, soupes et plats en conserve.
o Lire les étiquettes en faisant ses courses. Le sel peut être nommé sodium ou Na sur les emballages. Même les aliments dont le goût semble peu salé - biscuits, gâteaux, bonbons, boissons gazeuses… - contiennent du sel.
o Ne pas trop saler les plats. Améliorer le goût des aliments avec des épices et des aromates, du vinaigre ou du citron.
Ainsi l'alimentation de l'insuffisant rénal diffère selon l'âge, la gravité de l'insuffisance et de l'état de santé général.

Richard Belfer


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Ce qu'il faut éviter
Quand l'insuffisance rénale s'aggrave, les difficultés en matière d'alimentation s'amplifient. Les recommandations deviennent plus contraignantes.
L'insuffisant rénal doit souvent boire plus pour éliminer autant. Lorsque la fonction rénale se détériore, le rein ne peut plus produire autant d'urine qu'avant. L'organisme fait une trop forte rétention d'eau. Celle-ci peut se manifester par l'enflure des jambes, des mains et du visage, des essoufflements et une pression artérielle élevée. Le patient devra établir avec son médecin les quantités de liquide à consommer aux repas comme entre ceux-ci. Elles comprennent l'eau, la soupe, les jus et autres boissons, le lait, les glaces…

Le potassium
Un taux de potassium trop élevé dans le sang (hyperkaliémie) apparaît plus tard chez l'insuffisant rénal que chez le diabétique. Il peut provoquer des troubles cardiaques.
Il devient alors nécessaire de diminuer l'apport normal en potassium (environ
5 grammes par jour) à 2 ou 2,5 grammes.
La consommation d'aliments riches en potassium doit également être réduite : légumes secs (lentilles cuites, haricots blancs…), fruits secs (abricots secs…), fruits oléagineux (noix, pistaches…), pommes de terre (frites, cuites à la vapeur, ou chips).
Parmi les légumes, on préférera les moins riches en potassium, le concombre (150 mg pour 100 g) au fenouil cru (473 mg) par exemple. De même, on privilégiera des fruits comme les myrtilles (68 mg) à la banane (385 mg).

Le phosphore
Un taux trop important de phosphore apparaît surtout au cours de l'insuffisance rénale avancée. Il n'est plus éliminé par les urines. Il faut donc réduire cet apport, et notamment les aliments qui en sont riches : graines, noix, pois secs, fèves sèches et le son de céréales. Il arrive que cela ne suffise toujours pas, et qu'un traitement (carbonate de calcium) pour freiner l'absorption du phosphore par l'organisme soit envisagé.
Quand les reins fonctionnent très mal, il faut même limiter les aliments qui contiennent peu de phosphore, comme les laitages,
les viandes et les poissons. L'alimentation devant malgré tout comprendre ces catégories d'aliments, l'aide d'un nutritionniste est précieux.

> R. B.

 

 

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