Une bonne alimentation contribue à
freiner l'évolution de l'insuffisance rénale. Gros
plans sur les deux types de nutriments décisifs : les protéines
et le sel.
Lorsque
le rein fait moins bien son travail, il devient nécessaire
de surveiller les types et les quantités d'aliments que
l'on consomme. L'alimentation quotidienne doit à la fois
répondre aux besoins nutritionnels de l'organisme, moins
solliciter le travail des reins et protéger la fonction
rénale restante.
> Les protéines
Les protéines animales sont fournies par la viande, le
poisson, les ufs et les produits laitiers. Les protéines
végétales par les céréales, le soja,
les légumineuses (lentilles, haricots, pois, fèves ).
Notre taux de protéines dans les urines est normalement
très faible (inférieur à 50 mg par 24 heures).
Il ne peut être détecté par les méthodes
conventionnelles. Quand on est en bonne santé, on dit donc
qu'il n'existe pas de protéinurie.
L'insuffisance rénale s'accompagne souvent d'une protéinurie,
c'est-à-dire un fort taux de protéines dans les
urines. Il devient nécessaire de diminuer leur apport,
en réduisant la consommation de viande, poisson et blanc
d'uf, mais aussi de protéines végétales.
On évite ainsi l'évolution rapide vers l'insuffisance
rénale terminale.
Ce faible apport de protéines peut provoquer
une perte de poids, de masse musculaire, voire une dénutrition.
En voulant limiter les progrès de l'insuffisance rénale,
on détériore l'état de santé du patient.
Il faut éviter cette baisse excessive des apports en protéines,
amplifiée par le manque d'appétit et les troubles
digestifs de certains insuffisants rénaux. On établira
donc sa restriction en protéines en fonction de ses besoins
globaux.
> Diminuer le sel
La diminution de l'apport en sel dans l'alimentation concourt
à faire baisser la présence de protéines
dans les urines. Fréquente chez ces patients, l'hypertension
artérielle, que stimule la consommation de sel, favorise
encore l'insuffisance rénale.
Pour limiter sa consommation en sel, éviter les aliments
qui en contiennent trop :
o Les aliments transformés : charcuterie, olives et cornichons
en conserve.
oLes aliments à grignoter en apéritif, les biscottes
et les assaisonnements.
o Réduire sa consommation de plats pré-cuisinés
: surgelés, soupes et plats en conserve.
o Lire les étiquettes en faisant ses courses. Le sel peut
être nommé sodium ou Na sur les emballages. Même
les aliments dont le goût semble peu salé - biscuits,
gâteaux, bonbons, boissons gazeuses - contiennent
du sel.
o Ne pas trop saler les plats. Améliorer le goût
des aliments avec des épices et des aromates, du vinaigre
ou du citron.
Ainsi l'alimentation de l'insuffisant rénal diffère
selon l'âge, la gravité de l'insuffisance et de l'état
de santé général.
Ce qu'il faut éviter Quand l'insuffisance rénale s'aggrave,
les difficultés en matière d'alimentation s'amplifient.
Les recommandations deviennent plus contraignantes.
L'insuffisant rénal doit souvent boire plus pour éliminer
autant. Lorsque la fonction rénale se détériore,
le rein ne peut plus produire autant d'urine qu'avant. L'organisme fait
une trop forte rétention d'eau. Celle-ci peut se manifester par
l'enflure des jambes, des mains et du visage, des essoufflements et
une pression artérielle élevée. Le patient devra
établir avec son médecin les quantités de liquide
à consommer aux repas comme entre ceux-ci. Elles comprennent
l'eau, la soupe, les jus et autres boissons, le lait, les glaces
Le potassium
Un taux de potassium trop élevé dans le sang (hyperkaliémie)
apparaît plus tard chez l'insuffisant rénal que chez le
diabétique. Il peut provoquer des troubles cardiaques.
Il devient alors nécessaire de diminuer l'apport normal en potassium
(environ
5 grammes par jour) à 2 ou 2,5 grammes.
La consommation d'aliments riches en potassium doit également
être réduite : légumes secs (lentilles cuites, haricots
blancs ), fruits secs (abricots secs ), fruits oléagineux
(noix, pistaches ), pommes de terre (frites, cuites à la
vapeur, ou chips).
Parmi les légumes, on préférera les moins riches
en potassium, le concombre (150 mg pour 100 g) au fenouil cru (473 mg)
par exemple. De même, on privilégiera des fruits comme
les myrtilles (68 mg) à la banane (385 mg).
Le phosphore
Un taux trop important de phosphore apparaît surtout au cours
de l'insuffisance rénale avancée. Il n'est plus éliminé
par les urines. Il faut donc réduire cet apport, et notamment
les aliments qui en sont riches : graines, noix, pois secs, fèves
sèches et le son de céréales. Il arrive que cela
ne suffise toujours pas, et qu'un traitement (carbonate de calcium)
pour freiner l'absorption du phosphore par l'organisme soit envisagé.
Quand les reins fonctionnent très mal, il faut même limiter
les aliments qui contiennent peu de phosphore, comme les laitages,
les viandes et les poissons. L'alimentation devant malgré tout
comprendre ces catégories d'aliments, l'aide d'un nutritionniste
est précieux.