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Au Centre d'étude et de valorisation
des algues de Pleubian (Côtes-d'Armor), Patricia Burtin
étudie les antioxydants d'origine algale.
Alternative Santé
: Pour la personne non-avertie, les
algues forment un tout indifférencié. Cela correspond-il
à la réalité ?
Patricia Burtin
: Les algues présentent en effet des caractéristiques
communes qui permettent de les identifier comme telles et de les
différencier des végétaux terrestres. Mais
il en existe des espèces très différentes.
Cela va des très grandes, par exemple les laminaires qui
peuvent faire six mètres de long, aux très petites,
dites microalgues. On distingue généralement trois
catégories (ou phyllum) de macroalgues en fonction de leur
couleur : il y a les algues vertes, les brunes et les rouges
Entre espèces du même phyllum, on trouve une grande
variabilité de composition chimique et donc de propriétés.
Il existe également une variabilité intraspécifique
(au sein d'une même espèce) qui est en grande partie
fonction des conditions de milieu (stade de développement,
taux d'ensoleillement, composition du milieu marin
).
Alternative Santé
: Selon l'usage, il n'est donc pas
indifférent de choisir une algue plutôt qu'une autre
?
Patricia Burtin :
Tout à fait. Le choix de l'algue se fait en fonction des
propriétés ou des molécules recherchées
et des secteurs d'application envisagés (agriculture, alimentation
humaine ou animale, nutrition, cosmétique
). Certaines
algues brunes particulièrement riches en iode et en fibres
sont largement utilisées dans les compléments alimentaires
pour leur action " aide minceur ". D'autres possèdent
des propriétés organoleptiques (qui confèrent
du goût, de la texture aux aliments) intéressantes
et se retrouvent ainsi incorporées dans des produits de
consommation courante (sauce, terrine
). Les algues renferment
également de nombreux composés : polysaccharides,
caroténoïdes, polyphénols, qui pourraient avoir
des effets bénéfiques sur la santé.
Alternative Santé
: Vous étudiez plus précisément
les polyphénols des algues. De quoi s'agit-il ?
Patricia Burtin
: Les polyphénols sont connus pour leurs propriétés
antiradicalaires et antioxydantes, c'est-à-dire agissant
contre les radicaux libres impliqués dans le vieillissement
cutané, les processus inflammatoires, et les pathologies
comme les cancers ou l'athérosclérose. Les polyphénols
sont présents en quantité importante dans certains
végétaux, par exemple le raisin - on parle des tanins
du vin -, la pomme, et bien d'autres végétaux. Les
polyphénols des algues sont particuliers, car ils découlent
d'un même composé: le phloroglucinol, d'où
le terme de phlorotanins pour désigner ces polyphénols
algaux.
Alternative Santé
: En quoi les phlorotanins, c'est-à-dire les polyphénols
des algues, sont-ils spécifiques ?
Patricia Burtin
: C'est ce que nous sommes en train d'étudier dans le cadre
d'un programme européen pour évaluer leur activité
préventive sur l'athérosclérose et certains
types de cancer. L'objectif est de valoriser une ressource marine,
abondante sur les Côtes bretonnes, et encore sous exploitée
dans les secteurs de la nutrition et de la santé.
Propos recueillis par
Cécile Baudet
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