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Comment
résister aux " envahisseurs " ? Les bouter hors
de France ? En ces périodes de commémoration de
la Libération, interrogeons-nous sur les guerres actuelles.
Et sur la plus sournoise d'entre elles : la guerre économique.
Avec ses blessés à vie - chômeurs, sans emplois
et autres laissés pour compte -, et ses séquelles
irréparables : l'épuisement des ressources, l'effet
de serre, la disparition des espèces végétales
et animales.
Certes Noël Mamère n'est pas le Général
et José Bové n'est pas Jeanne d'Arc ! Mais leur
action non violente contre les OGM est bien compréhensible.
Via le maïs transgénique, la conquête de nos
terres par l'industrie agroalimentaire (Monsanto, Pioneer Génétique,
etc.), est en marche. La culture en plein champ provoquera la
dissémination de gènes modifiés, ruinant
en même temps le projet de l'agriculture bio. L'idéologie
des multinationales prend sa source au XVIIIe siècle, lorsqu'on
a commencé à croire que le progrès scientifique
et technique ferait le bonheur de l'humanité. Nous mesurons
aujourd'hui les retombées de ces développements
non maîtrisés et commandés par une rentabilité
aveugle qui fait fi des victimes (vaccin anti-hépatite
B, amiante, Distilbène). Les pesticides ont des incidences
dramatiques sur la fertilité humaine. La pollution a fait
tripler le nombre des asthmatiques (ils sont passés de
1 à 3 millions, en France, en dix ans). Le nombre des cancers
ne cesse de croître. Et il faudrait se taire ?
Non, nous devons agir. La pétition que
nous avons lancée contre les OGM dans notre numéro
de juillet-août ( n° 313, pages 9-10 ), connaît
un réel succès, n'hésitez pas à la
faire circuler et à nous la renvoyer !
L'attitude du ministre de la Santé, Philippe Douste- Blazy,
illustre les contradictions de ceux qui nous gouvernent. Mi-juillet,
alors que les sénateurs, soumis aux lobbies agroalimentaires,
allaient accepter le maintien des distributeurs de boissons et
de produits alimentaires dans les établissements scolaires,
il a justifié leur position au prétexte qu'une taxe
prélevée sur les marques permettrait de financer
des spots publicitaires pour donner une information diététique
aux jeunes. Pédagogie limpide : on tente l'ado, tout en
lui disant que ça peut être dangereux ! Quand on
sait que 12 à 16 % des moins de 18 ans sont obèses,
et que les ados sont attirés par tout ce qui est interdit,
on s'interroge sur la lucidité du ministre ! Heureusement,
la loi de Santé publique, adoptée le 30 juillet,
a finalement écarté les distributeurs des écoles
(à compter du 1er septembre 2005). Un conseil, Blazy, dans
le dou(s)te, abstiens-toi !
C'est d'ailleurs avec cette même volubilité qu'il
a conduit sa (pseudo) réforme de la branche Assurance maladie
de la Sécurité sociale. Certes, celle-ci n'a pas
été démantelée, ni vendue aux assurances
comme on a pu le craindre, un temps. Mais aucune politique de
santé novatrice n'a été engagée.
Silence hôpital ! Tel est l'esprit qui
a présidé à ce replâtrage. Rien, en
effet, sur les hôpitaux qui représentent pourtant
50 % des dépenses de l'Assurance maladie, rien quant au
recours aux médecines alternatives, plus économiques
à court et long terme.
La " réforme " fait payer les
patients : forfait à chaque consultation, augmentation
de la CSG pour les salariés et les retraités. Quant
aux médecins, on espère - sans les y contraindre
- qu'ils prescriront plus de médicaments génériques
et qu'ils accepteront la mise en place du dossier médical
individuel. Cette " nouveauté " devrait éviter
la multiplication des analyses, radios, examens, etc. Donc susciter
des économies. Nous jugerons sur pièces !
La santé de la planète, comme
la nôtre, est livrée aux blouses blanches : scientifiques,
chercheurs, médecins, malheureusement otages de l'industrie
et des spéculations financières ! À nous
de résister et de prendre les choses en main. Nous le ferons
ensemble. Démocratiquement. Sereinement.
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