Alternative Santé: Dans votre
introduction, vous affirmez : " La danse du cur est
permanente, aucune infirmité n'interdit sa présence
"
Marie-Noëlle Trotignon
: Toute personne, même invalide, a un cur pour vibrer
à l'essentiel, et cette vibration peut devenir une danse,
instructive et régénérante. La danse du cur
est pour moi cet incessant dialogue entre le fond de l'être
et les événements que nous traversons, quels qu'ils
soient. Lorsque notre rapport à nous-même est "
juste ", lorsque nous sommes à l'écoute de
notre vie intérieure, nos ressources sont étonnantes
; elles nous aident à rebondir dans les épreuves
et à nous réaliser plus simplement.
Alternative Santé: Que signifie
: " La vie sait mieux que nous ce qui nous manque "
?
Marie-Noëlle Trotignon : Une
multitude de signes, d'indices et de jolis hasards sont souvent
là pour nous guider, que nous prenons trop rarement le
temps d'observer ; et nos intuitions, nos pensées, nos
émotions, nos sensations, sont un éclairage aussi
important que les faits par eux-mêmes. Pour en recueillir
les fruits, il nous reste à cultiver l'écoute et
l'ouverture, à aiguiser notre qualité d'attention,
à vivre en amitié avec nous-même : autant
d'attitudes qui favorisent l'éclosion de notre potentiel,
et nous permettent de mieux intégrer certains détours
parfois inconfortables que la vie nous impose.
Alternative Santé : Vous écrivez
: " Te retournant vers ton passé, tu considères
la nuit
où tu as tant trébuché, et
tu la remercies. " Pourquoi ?
Marie-Noëlle Trotignon
: Notre force d'inertie quant au cheminement intérieur
est souvent colossale. Nous avons malheureusement besoin de secousses
(maladie, séparation, etc.) pour nous mettre en route.
Ce fut mon cas à plusieurs reprises, et je suis loin d'être
la seule. Cette phrase est un clin d'il à ceux qui
doutent ou se découragent lorsqu'ils rencontrent la souffrance,
pour leur redire combien la lumière de l'aube est magnifique,
et vaut bien parfois d'escalader quelque montagne.
Alternative Santé : Les derniers
mots de votre livre sont : " La soif délicieuse de
recueillir l'instant ". Comment y parvenir quand on vit en
ville, dans le brouhaha, la turbulence des sentiments, les échecs
?
Marie- Noëlle Trotignon
: Cette phrase intervient justement lors d'un retour en ville,
dans un moment de sérénité et de confiance.
Elle laisse entrevoir que l'équilibre est à trouver
pour chacun, d'instant en instant, dans son propre cur.
Il n'y a pas de recettes miracle. Travaillons à l'acceptation
active de ce que nous sommes et de ce qui nous arrive. Apprenons
à nous offrir quotidiennement un peu de silence, ne serait-ce
que quelques minutes. Respectons nos limites, redéfinissons
régulièrement nos priorités, et cultivons
la gratitude chaque fois que cela est possible. En gardant toujours
conscience que rien n'est figé, que la vie est mouvement
et que nous sommes " passants ".
> Propos recueillis par Pierre
dhombre
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