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Pierre qui, avant ses déboires conjugaux,
débordait d'assurance, avoue : " Lorsque ma femme
m'a quitté, j'ai totalement perdu confiance en moi. Je
me sentais nul en tout, je n'avais plus aucune estime pour moi-même
que ce soit sur le plan personnel ou professionnel." Preuve
que la confiance en soi n'est pas acquise pour la vie.
Nombre d'événements peuvent en
effet perturber ce que le neuropsychiatre Boris Cyrulnik appelle
" le carburant de notre réussite humaine " :
un divorce, mais aussi un licenciement ou un déménagement
ou encore la mort d'un proche. Lorsque les troubles se généralisent
à tous les pans de notre vie et persistent dans le temps,
il convient de se poser quelques questions. Peut-être que
l'événement en cause n'a pas été un
déclencheur, mais le révélateur d'un mal
être profond, jusqu'à ce jour bien caché ?
>La confiance s'acquiert
enfant
Pour
le psychiatre Frédéric Fanget, auteur de Oser -
Thérapie de la confiance en soi (Odile Jacob), " le
manque d'estime de soi est dû à un manque de nourritures
affectives ". Car c'est dans l'enfance que l'on pose les
bases de notre confiance, notamment entre 0 et 12 mois - période
pendant laquelle nous développons (ou non) un sentiment
de sécurité suffisant pour dépasser l'angoisse
de séparation et la peur des " étrangers "
-, et aussi vers 2 ans au moment de l'apprentissage du non. Et,
bien-sûr, l'éducation joue, comme le constate le
Dr Gérard Macqueron, psychiatre, auteur de La Timidité
- Comment la surmonter : " Les problèmes de confiance
en soi décrits par les timides dépendent en grande
partie de l'éducation reçue. " Jugés
responsables : les parents trop sévères ou dévalorisants.
Comment en effet croire en soi lorsque votre père ou votre
mère vous assène en permanence des " tu es
nul " ou des " tu n'es bonne
à
rien " ? Si un sentiment de valeur a pu être développé
tout petit, il est alors possible de relativiser les échecs
qui, même s'ils sont douloureux, n'en sont pas pour autant
destructeurs. A contrario, si le capital narcissique s'avère
faible, comme c'était le cas pour Pierre, chaque rencontre
devient l'objet d'une auto-évaluation, avec peur de ne
pas être à la hauteur. Et c'est ainsi qu'on commence
à bégayer, à transpirer, à trembler,
à perdre contenance et à répandre son malaise
sur son auditoire. Notre manque de confiance en soi peut aussi
nous amener à devenir un " béni oui-oui ",
pensant (à tort) qu'ainsi nous serons aimés, ou
à éviter au maximum les rapports humains. Alors,
que faire pour y remédier ?
>Je suis timide,
mais je me soigne
En fonction de votre personnalité et de votre degré
de confiance, plusieurs possibilités s'offrent à
vous. Si vous cherchez seulement à mieux gérer les
peurs qu'implique un manque d'assurance, vous pouvez opter pour
le yoga - où vous pratiquerez notamment la respiration
abdominale et la méditation -, vous inscrire à un
cours de chant ou de théâtre - parfaits pour apprendre
à s'exprimer en public - ou encore consulter un sophrologue
qui vous enseignera des techniques de relaxation et de visualisation
positive. Pour acquérir une plus grande confiance relationnelle,
les arts martiaux sont tout à fait indiqués. En
complément de ces activités, pourquoi ne pas prendre
des fleurs de Bach ? Centaury est recommandé pour ceux
qui n'osent dire non, Gentian pour les personnes se sentant en
grande insécurité, Mimulus pour les timides et les
sujets au trac, Crab apple pour ceux qui ont une mauvaise image
de soi et Larch pour les individus qui souffrent d'un complexe
d'infériorité.
Enfin, vous pouvez vous lancer dans un travail
thérapeutique. Nombreux sont les stages de développement
personnel sur l'affirmation de soi. De par leur caractère
collectif, ces thérapies présentent l'avantage de
vous faire sortir de votre isolement, de développer votre
capacité à vous exprimer devant plusieurs personnes
et à accepter les encouragements. Mais, votre manque de
confiance en vous peut vous faire préférer des séances
individuelles. Alors, psychanalyse ou thérapie brève
? Le Dr Patrick Légeron, psychiatre à l'hôpital
Sainte-Anne, à Paris, et administrateur de l'Association
française de théorie comportementale et cognitive,
souligne que " le dernier rapport de l'Institut national
de la Santé et de la recherche médicale sur l'évaluation
des psychothérapies, publié en février 2004,
conclut que les thérapies comportementales et cognitives
sont les psychothérapies les plus validées scientifiquement
quant à leur faculté à traiter les troubles
anxieux, dont la phobie sociale " et qu'elles sont aussi
" d'une grande utilité pour les formes les moins graves
d'anxiété sociale comme la timidité ".
En pratiquant régulièrement des exercices concrets
et en remettant en cause vos schémas de pensée,
ces thérapies devraient vous permettre de modifier vos
comportements, mais aussi les modes de pensée qui les précèdent.
La psychanalyse, elle, sera plutôt conseillée à
ceux qui souhaitent entamer un travail en profondeur sur les causes
réelles de ce mal être, mais il faudra alors compter
avec les ans
> Christine Delmar
à SAVOIR
Quelques conseils
Acceptez-vous comme vous êtes
D'abord, regardez-vous avec objectivité : sur une feuille,
inscrivez vos qualités et défauts et demandez à
des proches bienveillants de faire de même. Faites également
la liste de vos succès, des personnes qui vous aiment,
des compliments reçus. Êtes-vous maintenant si sûr(e)
d'être moins bien qu'un(e) autre ? Différenciez la
valeur d'une personne et la valeur d'un acte : faire une erreur
ne veut pas dire être nul ; cessez de généraliser.
Et oubliez votre perfectionnisme car nul n'est parfait.
" Entrez en amitié avec vous-même ", disent
les Tibétains
Agissez pour vous comme une mère avec son enfant, prenez
soin de vous, encouragez-vous, regardez-vous avec amour. Sachez
recevoir les compliments, reconnaissez ce que vous faites de bien.
Affirmez-vous
Savoir dire non aux autres est indispensable pour vous faire respecter
et pour vous respecter vous-même. Osez exprimer vos sentiments,
soutenir vos idées.
Soyez dans l'ici et maintenant
Les anxieux sont toujours dans l'après, anticipant l'échec
ou la réponse des autres. Mais, l'avenir est par nature
incertain et imprévisible. Alors, à quoi bon faire
des plans sur la comète ? " À chaque jour suffit
sa peine ", dit le proverbe.
Ne fuyez plus
C'est en se confrontant aux situations que l'on apprend à
les surmonter, non pas en les évitant. En affrontant de
petits échecs, vous constaterez que l'on n'en meurt pas.
Comme disait Epictète : " Ce ne sont pas les choses
en elles-mêmes qui nous font peur, mais l'opinion que nous
avons d'elles. "
À LIRE
Déverrouiller
ses blocages - pour oser vivre, Marie-France Muller, éd.
Jouvence
Dire
non, ça s'apprend !, Dominique Fromm, éd. Dangles
81
façons de vaincre la timidité, Marie Borrel, éd.
Guy Trédaniel
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