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Michel, 60 ans, très gêné
par une arthrose du cou avait successivement essayé des
oligoéléments, des bourgeons de plantes, l'harpagophyton,
l'homéopathie
En vain ! La douleur rebelle ne cédait
pas. Jusqu'à ce qu'il entende parler de chondroïtine-glucosamine.
Après quelques semaines de traitement, il sentit son cou
se libérer du carcan douloureux. Ces deux mots barbares
:
chondroïtine-glucosamine, plus exactement du sulfate de glucosamine
et du sulfate de chondroïtine, recouvrent deux noms de substances
très voisines naturellement présentes dans le cartilage.
Avec l'âge, l'organisme en produit de moins en moins. D'où
l'idée d'en apporter sous forme de compléments alimentaires.
Cette proposition n'est pas neuve, elle a donné
lieu à de nombreuses études, dont, depuis 1980,
plus de 20 essais comparatifs consacrés à la glucosamine
et concernant au total plusieurs milliers de malades. La revue
Prescrire y consacre un article de trois pages dans son édition
n° 253 de septembre 2004. Nous citons ses auteurs : "Trois
méta-analyses ont été publiées depuis
2000. Leurs résultats chiffrés sont convergents,
montrant un effet statistiquement significatif de la glucosamine
sur la douleur. Mais
" Suit une critique sur la qualité
des essais, sur le fait que la firme Rotta commercialisant le
produit ait conduit certaines études, et le recensement
de biais d'analyses. Néanmoins après avoir repris
" méthodiquement les essais publiés ",
Prescrire conclut : " En somme, le dossier d'évaluation
n'est pas incompatible avec un effet antalgique légèrement
supérieur au placebo. " Belle prudence pour une substance
totalement dénuée d'effets secondaires, extraite
généralement de carapaces de coquillages ou d'arêtes
de poissons !
En 1992, une étude sur 400 patients était
lancée en France sous le contrôle de l'Agence française
de sécurité sanitaire des produits de santé
(l'Afssaps). Un des investigateurs, rhumatologue, avoua avoir
" inventé " quelques malades. Les dossiers de
l'ensemble de l'étude furent saisis, l'affaire enterrée
et les espoirs d'une Autorisation de mise sur le marché
envolés. On peut se demander si derrière toute cette
affaire ne se cachent d'inavouables influences désireuses
de laisser dans l'ombre un produit risquant de concurrencer les
anti-inflammatoires et les anti-douleurs phares de la rhumatologie.
À la glucosamine, capable de soulager
les douleurs de l'arthose, il est possible d'associer de la chondroïtine.
Une étude relatée dans le magazine Impact Médecine
(12 septembre 2003) confirme l'intérêt de cette dernière
pour ralentir la dégradation du cartilage. " Il existe
une synergie entre les deux molécules, insiste le Dr François-George
Deborne, telle que leur action s'en trouve renforcée. De
même, il faut au minimum, par jour, 1 000 à 1 500
mg de produits, d'origine marine, pour commencer à ressentir
les premiers effets au bout de quelques semaines. "
CÉCILE
BAUDET
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