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Vous êtes
trop pessimistes, les choses ne sont pas aussi noires ! "
Quelques-uns de nos lecteurs - peu nombreux - nous reprochent
un coupable penchant à mettre en avant ce qui ne va pas,
au détriment de l'honnête constat de ce qui marche
- malgré tout - bien
On pourrait répliquer en arborant les
témoignages de ceux qui nous félicitent. Et ils
sont majoritaires. " La médecine classique m'avait
condamné, grâce à vous, j' ai trouvé
des solutions pour me soigner. " Ou encore : " Votre
journal m'a sauvé la vie, continuez ! " (rien moins).
Point commun aux uns et aux autres, tous reconnaissent notre sérieux,
notre indépendance et nous restent fidèles. Mais
je n'esquiverai pas la question des premiers.
D'autant que, parfois, les professionnels aussi
nous interpellent et prennent la défense de l'industrie
pharmaceutique - que nous épinglons volontiers, je le reconnais
Une femme médecin, formatrice de visiteurs médicaux
pour un grand labo proteste de sa bonne foi : " Dans toutes
mes formations, je leur demande d'insister auprès des médecins
pour que ceux-ci signalent les effets secondaires de nos médicaments.
Or, massivement, les médecins s'y refusent. Nous n'y pouvons
rien. " Un ancien responsable, en poste dans une multinationale
de
la pharmacie, assure : " On exige de tous les chercheurs
une rigueur maximum. Vos reproches ne sont pas fondés.
"
Je ne doute pas de la probité de chacun.
Et nous ne soupçonnons pas l'industrie pharmaceutique de
vouloir empoisonner sciemment la planète !
Mais entre la conscience professionnelle des uns, pris individuellement,
et les stratégies commerciales mises en uvre, il
y a un changement d'échelle ! Ce qui a coûté
tant de peine et d'investissements doit être rentabilisé.
D'autres logiques prennent le relais. Plus question de s'appesantir
sur d'éventuelles victimes qui viendraient perturber la
croissance du chiffre d'affaires et faire chuter les actions -
tous les investisseurs n'optent pas pour des placements
éthiques, loin s'en faut !
Les labos ont des hommes à eux partout. Certains confrères
journalistes sont leurs obligés et des journaux dépendent
entièrement de leur publicité. Leurs porte-parole
sont dans les instances qui devraient défendre l'intérêt
collectif. Dans l'interview que nous publions (pages 9 à
11), Maître Isabelle Robard affirme que 65 % des experts
des agences d'État - l'Afssa et l'Afssaps*, chargées
de la surveillance des produits alimentaires et pharmaceutiques
-, ont des liens d'intérêt avec les industries !
Je ne nie pas la bonne foi de ces experts, ni leur sérieux,
mais j'aimerais qu'ils m'expliquent comment ils peuvent juger
en toute impartialité.
Autre exemple. De l'aveu général,
et très officiellement, il est admis que rien n'a été
fait à l'époque du lancement de la vaccination contre
l'hépatite B pour en surveiller les effets secondaires.
D'ailleurs était-il possible de songer à des "
méfaits "
secondaires ? L'idéologie des
progrès de la médecine tétanise l'esprit
critique et chloroforme la vigilance ! Mais croyez-vous que l'Afssaps,
après les premières alertes, ait cherché
à combattre cet aveuglement fatal ? Non, elle n'a ni averti
les patients d'un possible danger, ni informé les médecins
Ses experts n'ont de cesse de mettre en avant les études
- certaines financées par les labos ! - qui nient l'existence
d'un lien, et d'écarter celles qui, au contraire, le mettent
en évidence.
Nous savons aussi que le silence de certains décisionnaires
peut parfois s'acheter
Que d'autres tiennent à leur
carrière, et que pour accéder au poste convoité,
le mieux est de ne pas faire de vague. Rien que de très
humain dans tout cela. Mais faudrait-il le taire ?
Notre journal a été créé
il y a 27 ans pour " défendre les consommateurs de
soins médicaux ". Bien sûr, les victimes du
vaccin anti-hépatite B ne sont pas des millions. Mais elles
sont en tout cas plus nombreuses que les quelques centaines répertoriées
à ce jour, et que l'on refuse obstinément de reconnaître
! En leur nom, comme en celui de ceux qui veulent exercer leur
liberté de choix thérapeutique, jamais nous ne nous
tairons, à moins que l'on nous y oblige
par la force
!
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