Alternative Santé, le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce aux ressources des médecines alternatives et naturelles.

Alternative Santé. Etre responsable de sa santé, prévenir la maladie, se soigner par des médecines douces, alternatives et naturelles


Alternative Santé, comprendre pour agir
 
DECEMBRE 2004

 

 

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Edito

Probité individuelle et manipulation collective

 

Vous êtes trop pessimistes, les choses ne sont pas aussi noires ! " Quelques-uns de nos lecteurs - peu nombreux - nous reprochent un coupable penchant à mettre en avant ce qui ne va pas, au détriment de l'honnête constat de ce qui marche - malgré tout - bien…

On pourrait répliquer en arborant les témoignages de ceux qui nous félicitent. Et ils sont majoritaires. " La médecine classique m'avait condamné, grâce à vous, j' ai trouvé des solutions pour me soigner. " Ou encore : " Votre journal m'a sauvé la vie, continuez ! " (rien moins).
Point commun aux uns et aux autres, tous reconnaissent notre sérieux, notre indépendance et nous restent fidèles. Mais je n'esquiverai pas la question des premiers.

D'autant que, parfois, les professionnels aussi nous interpellent et prennent la défense de l'industrie pharmaceutique - que nous épinglons volontiers, je le reconnais… Une femme médecin, formatrice de visiteurs médicaux pour un grand labo proteste de sa bonne foi : " Dans toutes mes formations, je leur demande d'insister auprès des médecins pour que ceux-ci signalent les effets secondaires de nos médicaments. Or, massivement, les médecins s'y refusent. Nous n'y pouvons rien. " Un ancien responsable, en poste dans une multinationale de
la pharmacie, assure : " On exige de tous les chercheurs une rigueur maximum. Vos reproches ne sont pas fondés. "

Je ne doute pas de la probité de chacun. Et nous ne soupçonnons pas l'industrie pharmaceutique de vouloir empoisonner sciemment la planète !
Mais entre la conscience professionnelle des uns, pris individuellement, et les stratégies commerciales mises en œuvre, il y a un changement d'échelle ! Ce qui a coûté tant de peine et d'investissements doit être rentabilisé. D'autres logiques prennent le relais. Plus question de s'appesantir sur d'éventuelles victimes qui viendraient perturber la croissance du chiffre d'affaires et faire chuter les actions - tous les investisseurs n'optent pas pour des placements… éthiques, loin s'en faut !
Les labos ont des hommes à eux partout. Certains confrères journalistes sont leurs obligés et des journaux dépendent entièrement de leur publicité. Leurs porte-parole sont dans les instances qui devraient défendre l'intérêt collectif. Dans l'interview que nous publions (pages 9 à 11), Maître Isabelle Robard affirme que 65 % des experts des agences d'État - l'Afssa et l'Afssaps*, chargées de la surveillance des produits alimentaires et pharmaceutiques -, ont des liens d'intérêt avec les industries ! Je ne nie pas la bonne foi de ces experts, ni leur sérieux, mais j'aimerais qu'ils m'expliquent comment ils peuvent juger en toute impartialité.

Autre exemple. De l'aveu général, et très officiellement, il est admis que rien n'a été fait à l'époque du lancement de la vaccination contre l'hépatite B pour en surveiller les effets secondaires. D'ailleurs était-il possible de songer à des " méfaits "… secondaires ? L'idéologie des progrès de la médecine tétanise l'esprit critique et chloroforme la vigilance ! Mais croyez-vous que l'Afssaps, après les premières alertes, ait cherché à combattre cet aveuglement fatal ? Non, elle n'a ni averti les patients d'un possible danger, ni informé les médecins… Ses experts n'ont de cesse de mettre en avant les études - certaines financées par les labos ! - qui nient l'existence d'un lien, et d'écarter celles qui, au contraire, le mettent en évidence.
Nous savons aussi que le silence de certains décisionnaires peut parfois s'acheter… Que d'autres tiennent à leur carrière, et que pour accéder au poste convoité, le mieux est de ne pas faire de vague. Rien que de très humain dans tout cela. Mais faudrait-il le taire ?

Notre journal a été créé il y a 27 ans pour " défendre les consommateurs de soins médicaux ". Bien sûr, les victimes du vaccin anti-hépatite B ne sont pas des millions. Mais elles sont en tout cas plus nombreuses que les quelques centaines répertoriées à ce jour, et que l'on refuse obstinément de reconnaître ! En leur nom, comme en celui de ceux qui veulent exercer leur liberté de choix thérapeutique, jamais nous ne nous tairons, à moins que l'on nous y oblige… par la force !

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