Alternative Santé, le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce aux ressources des médecines alternatives et naturelles.

Alternative Santé. Etre responsable de sa santé, prévenir la maladie, se soigner par des médecines douces, alternatives et naturelles
médecines alternatives, médecines douces, santé, magazine de santé, journal de santé, Association de soutien au journal alternative santé l'impatient, défense des droits des patients et malades, vaccination, médecine non conventionnelle, environnement


Alternative Santé, comprendre pour agir
 
DECEMBRE 2004

 

 

...





 

La "génération latex" face au sida

Recrudescence des infections sexuellement transmissibles (IST), augmentation de la proportion d'IVG chez les mineures… Des pratiques sexuelles " à risques " perdurent chez les 15-25 ans comme chez les autres.
Inquiets, les parents ne savent comment faire passer le message de prudence

 

 

Le préservatif ? Maintenant, je l'impose. " Ces mots semblent bien forts dans la bouche de Catherine, timide jeune fille de 18 ans rencontrée au Centre de planning familial de la clinique des Bluets à Paris. En affirmant son exigence actuelle, elle révèle surtout ses prises de risques passées… Son petit ami précédent n'avait pas jugé nécessaire de se protéger ; elle non plus.
" Avec préservatif ou rien ". c'est aussi la devise de Radia, 19 ans, qui attend une amie en consultation. Parmi ses camarades de lycée, elle estime pourtant faire figure d'exception. Ce n'est pas faute d'être avertis des risques : 82 % des parents d'adolescents de 11 à 18 ans déclarent que leur enfant a reçu une information sur le sida par l'intermédiaire des campagnes grand public et près de 70 % par l'école, où elle est regroupée avec un enseignement sur toutes les infections sexuellement transmissibles (IST)(1). Filles, mais particulièrement garçons, " ils voient surtout que "c'est mieux sans" ", confie Radia.
En dehors de certains rejets systématiques, les rapports non protégés sont en fait principalement dus à des " oublis " ponctuels. Martine Chosson, conseillère conjugale, responsable du centre de planning des Bluets, accueille souvent les inquiètes (les garçons semblent moins préoccupés) des lendemains de week-end : coup de foudre ou de folie, excès d'alcool et/ou de joints, font vite oublier l'indispensable protection. Autre cas de figure :
la relation est rapidement considérée comme suffisamment stable pour arrêter d'utiliser des préservatifs… le plus souvent sans test de dépistage !
Si l'on estime généralement à 85 % le pourcentage d'utilisateurs du condom chez les 15-25 ans sexuellement actifs(2), ce taux masque une réalité beaucoup plus complexe. D'après la plupart des intervenants éducatifs de la prévention, les jeunes savent dans l'ensemble qu'il faut un préservatif… De là à l'utiliser à chaque fois…

Un "ras-le-bol" perceptible
Mettre en pratique au moment opportun ce qui a été vu en classe il y a 6 mois… Là réside la vraie difficulté. " Des enjeux personnels, culturels, relationnels, sexuels, s'opposent alors à des comportements de prévention ", analyse Nicole Athéa, gynécologue et médecin référent au Centre régional d'information et de prévention contre le sida (Crips) d'Ile-de-France. Or, dans l'urgence des années 80, où il fallait à tout prix freiner l'épidémie, les messages de peur prévalaient. Ils ont permis une banalisation positive du préservatif, mais entraîné, à la longue, un ras-le-bol, en particulier chez les jeunes. " La peur peut engendrer des comportements de déni ", explique la Dre Athéa.

Pour améliorer l'efficacité du message de prévention … … et répondre aux attentes exprimées par les jeunes, les différents partenaires de la lutte contre le sida et les IST abordent aujourd'hui ce sujet dans le cadre d'une éducation globale rassurante sur les premières relations amoureuses et sexuelles… y compris à l'école ! La loi du 4 juillet 2001 relative à l'IVG et à la contraception(3) a rendu obligatoires trois séances annuelles d'éducation à la sexualité, du primaire au lycée. Habituellement organisées en classe de 4e et 3e, ces séances n'étaient pas toujours animées par des personnels qualifiés pour aller au-delà des seules connaissances biologiques sur le fonctionnement du corps humain. Près de 10 500 intervenants dûment formés (professeurs, médecins et infirmières scolaires, assistantes sociales…) sont désormais sur le terrain et environ 80 % des collèges prévoient des sessions de ce type.

Mais, sauf en Ile-de-France, seulement 20 % des lycées le font. Selon le Dr Bernard Batéjat, responsable du réseau sida ville-hôpital de Charente-Maritime, " C'est pourtant au lycée et, surtout en fac, qu'il faudrait en parler, lorsque les jeunes ont une sexualité concrète. " Pour Marie-Lucie Gosselin, médecin scolaire et coordinatrice du Groupe national d'information et d'éducation sexuelle (le Gnies, qui rassemble douze organisations d'éducateurs et d'associations de familles)(4), de nombreux efforts restent à fournir : intensification des formations, réelle réflexion d'ensemble sur la mise en œuvre d'un programme évolutif et non redondant du cours préparatoire à la terminale, augmentation des moyens horaires et matériels…

La juste place des parents
De nombreux relais sont également à la disposition des jeunes. Plates-formes téléphoniques d'accueil et, de plus en plus, sites Internet (en témoigne la vitalité du sytème de réponse par courriel de Sida Info Service), assurent un anonymat indispensable pour les questions délicates. Les " répondants " savent écouter, mais aussi diriger ceux qui en ont besoin vers les lieux appropriés d'examens ou de soins tels que les centres de planning familial et les centres de dépistage anonyme et gratuit (Cdag).
Que reste-t-il aux parents, hormis un discours général sur les risques ? Rien qui concerne la sexualité personnelle de l'adolescent. Le partage des vécus intimes parents-enfants n'est pas sain, et dans la plupart des cas rejeté par l'ado. " D'où la nécessité, pour les parents, d'accepter d'autres référents adultes : animateurs, grands frères et sœurs, tantes, etc. ", indique la Dre Athéa, du Crips, avant d'ajouter : " L'éducation et les valeurs que les enfants ont reçues depuis tout petits doivent cependant être perpétuées. " Regrettant que, dans ce domaine, trop de parents se défaussent sur les professionnels, elle lance : " Leur rôle est plus de donner des limites que des préservatifs ; ceux qui en achètent à leurs enfants devraient s'interroger sur la signification de leur geste : protection ?contrôle ? incitation ? Et jusqu'à quel âge ? "

Montrer les limites n'empêche en rien de rester ouvert à la confidence… Attitude parentale cependant impensable dans les familles dont les convictions culturelles et/ou religieuses interdisent toute sexualité avant le mariage. La sexualité est parfois taboue au point que l'interdit lui-même est implicite. Avec ce type d'adolescents, le Crips (comme d'autres intervenants) s'attache à restaurer le sens des valeurs familiales, tout en expliquant que c'est à eux de faire le choix de s'y conformer ou non.

Avec tous, un apprentissage de l'écoute et du respect mutuels filles-garçons s'avère nécessaire. Les premières attendent toujours, quoi-que parfois sceptiques, le " prince charmant ", tandis que les seconds se contentent souvent de l'éducation plus que douteuse des films X ! Pourtant, au-delà des messages reçus de l'extérieur, " la communication [entre les partenaires] est le meilleur moyen de prévention… "(5). Comment transformer le préservatif, jeu sexuel obligé, en instrument de respect mutuel, si les deux membres du couple sont incapables de partager leurs besoins, leurs attentes et leurs peurs vis-à-vis de leurs relations amoureuse et sexuelle ? Le problème se pose, sans doute, à tous les âges : après 25 ans, l'utilisation du préservatif n'est pas plus répandue qu'avant.

nathalie vergeron

informations-écoute
Aides : 14, rue Scandicci, 93508 Pantin Cedex. Tél. : 08 20 160 120
(0,12 € la min.). www.aides.org

Centres régionaux d'information et de prévention contre le sida (Crips) : 33, av. du Maine, 75755 Paris Cedex 15. Tél. : 01 56 80 33 30. www.lecrips.net
Fil Santé Jeunes 0800 235 236 (numéro vert pour les 12-25 ans), tlj de 8 h à minuit.
www.filsantejeunes.com

Inter service parents (IDF). Tél. : 01 44 93 44 93 Du lundi au vendredi.
Sida Info Service Tél. : 0800 840 800 (24 h/24, anonyme et gratuit).
www.sida-info-service.org

Mots clés les plus demandés

Top 20 : bio | ménopause | stress | cours de sophrologie | fleur de bach | pnl | coaching | hypnose | chiropratique | formations sophrologie | autohypnose | EMDR Paris | livre | psychanalyse | psychologie | psy | reflexologue | bio info | hypnose médicale | relaxologue | sophrologie Paris | fleurs de bach | Hypnose Paris |

Abonnement Gratuit à la Lettre Mensuelle de Médecines Douces
E-Mail :
Nom (optionnel)
  Inscription

 

 

Pour mettre l'actualité du journal en ligne sur votre site, cliquez ici

A la Une d'Alternative Santé ce mois-ci

 

 

 

Dossiers - Thèmes - Accueil - S'abonner - Email - Accueil Medecines Douces - Forum - News letter - Moteur de Recherche
Copyright Alternative-Santé © 1998 -