|

La gemmothérapie
La gemmothérapie est une branche de la phytothérapie
qui utilise des macérats glycérinés d'extraits
de bourgeons végétaux, de jeunes pousses, de radicelles,
d'écorce ou de tissus végétaux recueillis
frais.
Ces parties végétales en pleine croissance ont des
effets thérapeutiques différents de ceux qui sont
connus pour les plantes adultes correspondantes. Pour l'arthrose,
on prendra un mélange à composition égale
de bourgeons de cassis (ribes nigrum), de vigne (vitis vinifera),
de pin (pinus montana) et de bouleau (betula pubescens). Ce traitement,
à raison de 50 gouttes par jour, prises dans un verre d'eau,
est à poursuivre au minimum un mois. Le bourgeon de cassis
stimule les glandes cortico-surrénales qui secrètent
des cortisones et possède donc une action anti-inflammatoire.
Les plantes présentent un grand intérêt
dans le traitement de l'arthrose. Elles peuvent être utilisées
en prévention et en traitement curatif, sous toutes les
formes : tisanes, gélules, macérats glycérinés
(plantes fraîches ou séchées, dans un mélange
d'eau et de glycérine), teintures-mères. Sans oublier
les applications externes : gel, huile, etc., en massages et compresses
On peut tout à fait " s'automédiquer "
en phytothérapie. Les femmes ont possédé
ce savoir pendant des siècles. Il suffit de se procurer
de bons ouvrages et de ne jamais oublier qu'il y a dans les plantes,
tout comme dans les médicaments, des principes actifs et
qu'il faut donc les utiliser avec précaution. On peut également
consulter un phytothérapeute lorsque les symptômes
persistent. Le Dr Laurent Chevallier (voir interview p. 24 ) propose
tout simplement les plantes en tisane contre l'arthrose. "
Les mélanges de plantes à faire préparer
par l'herboriste sont très intéressants. Beaucoup
de principes actifs de plantes se solubilisent dans l'eau. Pour
les personnes âgées, c'est en plus une bonne manière
de s'hydrater. "
Les plantes de l'arthrose
Avant de traiter l'arthrose, il est nécessaire de drainer
l'organisme pour éliminer le
maximum de déchets
acides et de toxines. Pour drainer : artichaut, boldo, ronce,
bouleau, pissenlit.
L'harpagophyton
(harpagophytum procubens) ou griffe du diable
Ce sont les peuples du sud de l'Afrique qui l'utilisaient pour
soulager les douleurs rhumatismales. À l'heure actuelle,
il se vend plus de 500 tonnes de griffes du diable par an dans
le monde. Des essais cliniques comparatifs ont montré que
la plante était tout aussi efficace que la diacérhéine
et le Vioxx® (voir article pp. 29-30), un anti-inflammatoire
retiré du marché en septembre 2004 à cause
de ses effets indésirables. La plante agit sur les articulations
et les tendons et favorise la détente musculaire. En poudre
: 300 mg, trois par jour. Précaution d'emploi : elle peut
agir sur le rythme cardiaque et provoquer chez certains des malaises
gastro-intestinaux. On la trouve aussi en pommade.
Reine des près (filipendula
ulmaria)
Son effet anti-inflammatoire est dû aux dérivés
salicylés qu'elle contient. Elle est contre-indiquée
en cas d'allergie ou d'intolérance à l'aspirine.
Elle se prend en infusion, trois à quatre tasses par jour.
Mais aussi en compresses à appliquer plusieurs fois par
jour. Elle existe aussi en teinture-mère.
Le frêne élevé
(fraxinus excelsior)
Les feuilles de frêne ont une action anti-inflammatoire
reconnue. En infusion : 10 à 20 g de feuilles séchées
pour un litre d'eau bouillante. Laisser infuser 10 min. et boire
dans la journée. Cette cure peut se faire sur plusieurs
jours car la plante (la feuille et l'écorce) n'a aucune
toxicité.
Le saule blanc (salix
alba)
Grâce au salicoside, l'écorce de saule possède
des propriétés anti-inflammatoires et antirhumatismales.
Utilisée à fortes doses, elle peut entraîner
des nausées et des diarrhées. En gélule à
260 mg : 3 par jour ; en décoction : 2 à 3 g pour
une tasse. Une tasse avant chaque repas.
L'ortie (urtica
dioïca)
Les feuilles sont efficaces contre les douleurs rhumatismales.
En infusion : 3 cuillerées à soupe de feuilles séchées
pour 50 cl d'eau. Existe aussi en jus, gélules, etc.
La vergerette du
Canada (erigeron canadensis)
Elle apaise les douleurs articulaires inflammatoires et n'a aucune
toxicité. En infusion : 20 g de plantes séchées
pour un litre d'eau bouillante, laisser infuser dix minutes. Une
tasse après chaque repas. Existe aussi en gélules.
La prêle des
champs (equisetum arvense)
Les effets de la prêle ne sont toujours pas étayés
par des études, mais on estime que la silice qu'elle contient
est responsable de l'action bénéfique sur les rhumatismes
que la tradition lui attribue.
Martine Laganier
|