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Paroles de transplantée
Abonnée à votre revue depuis
bientôt vingt-cinq ans et greffée rénale
depuis 15 ans après deux années de dialyse,
je ne peux que réagir vivement à l'article
de Thierry Fenoy auquel vous accordez une tribune dans votre
numéro 313 de juillet-août 2004. Il y exprime
une opinion qui lui est personnelle et à ce titre
ne devrait figurer que sous la rubrique Courrier des lecteurs
au même titre que ma réponse. Je suis une fois
de plus navrée de certaines contre-vérités
que l'on peut énoncer en matière de don d'organes.
Comment peut-on écrire : " Mais vit-il si bien
que cela, bourré d'anti-rejets et portant en lui
un organe étranger au sein d'un organisme toujours
surpris et parfois récalcitrant
" ? Je
serais surprise d'entendre un transplanté (cur,
foie, rein ou autres) se plaindre de la lourdeur du traitement
anti-rejet quand il n'y a pas d'autre alternative que la
dialyse, très contraignante, pour le rein et la mort,
pour les autres organes !
Quant à cette histoire du transplanté qui
rêvait de moto et à qui l'on a révélé
que son nouveau rein était la conséquence
d'un accident de moto
Le don d'organes étant
par principe anonyme, le receveur est censé ne pas
connaître l'origine de son greffon, ni la cause du
décès. Si on lui a dit une telle chose, on
peut donc supposer qu'il y a eu transgression initiale de
la loi par divulgation de cette précision. Le don
d'organe est pour l'instant, et encore sans doute pour un
certain temps, la seule solution pour sauver des milliers
de personnes. Et cela, grâce à l'acte généreux
du donneur et de sa famille (celle-ci étant toujours
consultée). Je trouve donc particulièrement
mal venues des réflexions qui ne peuvent que contribuer
à faire baisser les possibilités de prélèvements
sur les personnes en état de mort cérébrale
et accréditer peut-être les greffes de provenance
animale, ce qui serait en effet insupportable.
Il est question d'un droit de choisir, certes, dans la mesure
où celui-ci existerait, ce qui n'est pas le cas actuellement.
Je ne peux m'empêcher de penser que la profession
de l'auteur (avocat) l'inciterait à soulever des
problèmes et des procès potentiels lorsqu'il
conclut par l'évocation d'indemnisation d'erreurs
médicales qui n'ont rien à voir dans le contexte.
Je suis bien entendu, en tant que lectrice de votre magazine,
adepte de toutes les solutions alternatives existantes pour
d'autres pathologies.
Mme J. P., Montaud
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