|
Comment indemniser les victimes
Dans le dernier numéro d'Alternative
Santé (1), nous évoquions le doute qui semblait
gagner certains experts lors de la journée d'audition
publique organisée sur le thème : " Vaccination
et sclérose en plaques : état des lieux ".
Le rapport qui en est sorti(2) apporte un espoir aux victimes.
Si cette journée, organisée pour faire le
point sur l'étude de Hernan - qui prouve un lien
entre le vaccin hépatite B et la sclérose
en plaques(3) -, en a minimisé les résultats,
si le rapport relance le vaccin chez les nourrissons en
mettant de côté ce qui le remet en cause pour
cet âge, néanmoins, trois de ses recommandations
apportent une ouverture aux victimes.
" Une instance forte de coordination et de suivi au
plan national [
] dotée des ressources adéquates
pour coordonner, suivre et évaluer de façon
permanente la stratégie vaccinale ", est réclamée.
Elle permettrait " d'en évaluer les résultats
" notamment dans " la survenue éventuelle
d'effets secondaires graves à longue distance ".
Des " données supplémentaires
[
] pour réévaluer régulièrement
la balance bénéfices/risques de la vaccination
contre le VHB " sont demandées ainsi que des
programmes de recherche qui permettraient d'expliquer les
liens éventuels entre le vaccin et les maladies neurologiques
démyélinisantes (dont la principale est la
sclérose en plaques).
Nous signalions le mois dernier la déclaration
du Pr Dhumeaux trouvant légitime d'indemniser les
victimes même en l'absence de lien prouvé(1).
En écho à ces propos, la commission regrette
" la confusion et l'incertitude " qui préside
au " débat sur la reconnaissance et l'indemnisation
d'effets secondaires allégués ". Cette
confusion vient, selon la commission, du fait que les personnes
soumises à l'obligation peuvent obtenir une réparation
pour " présomption d'imputabilité ",
alors que celles pour lesquelles la vaccination n'était
pas obligatoire ne le peuvent pas.
C'est une manière pour la commission de reconnaître
le bien-fondé des indemnisations lorsqu'il y a "
présomption d'imputabilité ". Elle admet
ainsi la légitimité des décisions de
réparation prises par les tribunaux civils (dans
les procès aux laboratoires), par les tribunaux administratifs
(reconnaissance des accidents du travail) et par la Direction
générale de la santé. Voilà
qui devrait mettre fin aux polémiques qui surviennent
chaque fois qu'un tribunal accorde réparation aux
victimes qui poursuivent les fabricants du vaccin. La porte
est ouverte pour une généralisation des indemnisations.
Mais qu'en décidera le ministre de la Santé
? On veut espérer
R. P.
(1)"
Le doute gagne certains experts ", Alternative santé,
décembre 2004.
(2) Agence
française de sécurité sanitaire des
produits de santé, Agence nationale d'accréditation
et d'évaluation en santé, Institut national
de la santé et de la recherche médicale. Le
rapport est consultable sur : www.afssaps.
sante.fr et sur les sites des deux autres agences.
(3) Voir Alternative Santé,
octobre 2004.
|