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Fondamentalement
insaisissable, invisible, immatériel, le " souffle
de vie universel " du Qi paraît se dérober à
toute investigation scientifique. Cependant, à force de
tentatives et d'appareils de plus en plus perfectionnés,
des savants sont parvenus à s'en approcher. Du moins de
certaines de ses manifestations. La mesure du qi n'est plus tout
à fait un casse-tête chinois.
Au contact des
méridiens
C'est en 1946 qu'un médecin acupuncteur français,
le Dr Jean Niboyet entreprend d'apporter la preuve objective de
l'existence des points d'acupuncture en prenant des mesures électriques
de la peau. C'est le début d'une recherche de plusieurs
années, particulièrement rigoureuse et documentée,
si minutieuse qu'elle deviendra le sujet de sa thèse de
médecine. Pour cela il va mettre au point le punctomètre.
C'est un Ohmètre (appareil mesurant les variations du courant
électrique en ohms) en forme de stylet, destiné
à mesurer la capacité de la peau à conduire
plus ou moins facilement le courant électrique (cela s'appelle
la résistance). Il est toujours utilisé.
Que découvre Jean Niboyet au cours
de ses expériences ? Que notre peau est ponctuée
à sa surface de " puits de résistance minima
". Des points qui s'avèrent 20 à 50 % plus
conducteurs de courant que leur environnement immédiat.
Il s'aperçoit aussi que ces points, répartis dans
la plus parfaite symétrie, coïncident au millimètre
près avec ceux recensés par la médecine traditionnelle
chinoise. Pour vérifier si les écarts de résistance
cutanée des points entre eux sont le résultat du
hasard ou non, il répète ses mesures sur des séries
de points pris deux par deux, situés soit sur un même
méridien, soit sur deux méridiens différents,
ou très éloignés l'un de l'autre. "
Dans 90 % des cas, constate le médecin, la résistance
entre deux points d'un même méridien est plus faible
que celle de tout autre trajet ne suivant pas un méridien.
" Des mesures encore valables aujourd'hui.
Pour Niboyet, bien qu'il ne soit pas parvenu à y mesurer
des courants électriques, les méridiens sont l'équivalent
d'un réseau électrique. Un réseau qui quadrille
notre organisme, distribue l'énergie, le Qi, et sur lequel
il est possible d'agir à l'aide de certains points privilégiés.
Ce sont les points d'acupuncture.
Le Qi, conscient
et dirigé
L'essentiel
des études scientifiques concernant le Qi a été
mené en Chine depuis la fin des années 70, avec
des maîtres de qi-gong, des experts du " souffle vital
", capables de faire circuler le Qi, de l'accumuler dans
leur organisme pour le redonner à volonté, par ce
que
l'on appelle des projections de Qi émis
et dirigé consciemment, éventuellement à
distance : le Wei Qi.
Dès 1978, le ministère de la
Santé chinois (via son bureau de la médecine traditionnelle)
initie les premières recherches officielles. Depuis, elles
n'ont jamais cessé, et visent autant à mesurer les
effets du wei qi qu'à déterminer sa nature exacte.
Les scientifiques de l'hôpital Xun Wu de Pékin et
de l'université Jiatong à Shangaï ont découvert
que la production de wei qi s'accompagne d'effets électromagnétiques
variés (apparition d'un champ d'électricité
statique et fluctuation du champ magnétique
). Des
clichés infrarouges pris avant, pendant et après
des émissions de qi sur des participants montrent des changements
de température autour de leur tête et de leurs mains.
À défaut d'autres explications toutes ces recherches
orientent vers une explication bioélectrique du qi.
Au cours des années 1980, Liu Dong,
Maître de qi-gong, diplômé de l'université
de médecine chinoise de Pékin et initié dès
l'âge de 5 ans par son grand-père, a accepté
d'utiliser sa maîtrise du qi et de le projeter sur des plantes,
des souris porteuses de cellules tumorales ou des chaînes
de protéines. Réalisées avec l'aide de physiciens,
biologistes et immunologistes, ces expériences ont toutes
été concluantes, démontrant l'impact du Wei
Qi sur le vivant. Leurs conclusions ont été publiées
dans des magazines scientifiques chinois. En France, en juillet
1991, sous le contrôle du Pr Jean-Claude Chermann de Marseille,
de l'unité 322 de l'Inserm, Liu Dong s'est essayé
à émettre du Qi à destination d'une culture
de cellules infectées par le virus du sida. " Cela
s'est déroulé en double aveugle. Je me suis concentré
sur une éprouvette, en restant les mains quelques minutes
autour du tube à essai pour envoyer de l'énergie
", raconte le maître chinois aujourd'hui professeur
de qi-gong au sein de l'association Ling Gui, à Paris.
" Une semaine plus tard, le contenu a été analysé.
Il y avait moins de virus et le taux de cellules du système
immunitaire, les MT4, avait augmenté. " Un essai malheureusement
resté sans suite.
Des sons porteurs
d'énergie
À Oppedette, dans les Alpes de Haute-Provence, Vlady Stévanovitch
émet des sons chargés d'énergie, capables
d'agir sur les organismes : tonifiant un organe, soulageant une
contracture, ou induisant un état de relaxation. Musicien
de formation, il a cherché à reproduire ces effets
en enregistrant les sons qu'il émettait. Numérisés,
décomposés en différentes fréquences
puis remixés par des ingénieurs du son, ces sons
baptisés Wou pour les distinguer de l'émission d'origine,
semblent garder du pouvoir.
Débutés en 1995, ces travaux menés en relation
avec des spécialistes de l'informatique musicale (l'Ircam),
ont abouti à l'évaluation de certains Wou par un
réseau de médecins et de praticiens de santé
qui les utilisent dans le cadre de leurs traitements. " L'effet
antidouleur est souvent observé dans l'immédiat
et ne tarde pas à se manifester au plus tard après
15 minutes d'intervention ", constate Vlady Stévanovitch.
Les Wou sont aussi l'objet d'un programme
d'analyse scientifique élaboré par l'Institut Somatic,
un centre de recherche sur le qi fondé à Paris en
décembre 2003, qui prévoit d'utiliser la résonance
magnétique nucléaire pour objectiver l'influence
des sons sur des échantillons d'eau. " L'idée
est d'exposer sur une longue durée un mélange d'eau
pure et d'eau lourdeà du son enrichi en qi pour voir si
les liaisons moléculaires entres les atomes d'oxygène,
d'hydrogène et de deutérium ont été
changées ou pas, explique le Dr Pascal Vidal, l'un des
fondateurs de l'Institut. Les premières analyses auront
lieu en janvier 2005, et l'ensemble des travaux sera sans doute
terminé en septembre. " L'existence du qi ne semble
plus être sujet à controverse, reste à en
déterminer la nature !
Maxence Layet
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