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Faire circuler l'énergie
qui est en nous, accéder au vide mental, nous mettre en
harmonie avec le monde sont les objectifs du taï-chi et du
qi-gong.
Square du Temple à Paris. Une dizaine
de personnes ce matin d'hiver, pratiquent le taï-chi. Une
" danse " lente que les passants observent étonnés.
La simplicité du taï-chi n'est qu'apparente. Bras,
jambes, pieds, mains, doigts, cou, tête
ont à
chaque instant un mouvement précis à effectuer qui
s'enchaîne à d'autres tout aussi rigoureux, nécessitant
une extrême concentration et une excellente mémoire.
La circulation du qi (ou t'chi) est une autre
finalité du taï-chi. Cette notion - le Qi -, propre
aux cultures orientales, pourrait se traduire par : élan
vital, souffle vital, énergie, force intérieure
,
" quelque chose " de vivant qui nous anime dès
notre premier souffle et meurt au dernier. Les orientaux l'appellent
le qi, le xi, le t'chi, le chi.
Pourquoi s'attarder sur le qi ? Parce que notre état de
bien-être en dépend. Certaines de ses voies de circulation
sont connues, ce sont les méridiens d'acupuncture. Mais
d'autres mouvements du qi existent, fruits d'oscillations entre
les contraires : inspir-expir, terre-ciel, intérieur-extérieur,
ce qu'expriment de façon générale les notions
de yin et yang.
Le Qi n'est pas limité au corps humain, il existe partout
: en chaque être vivant, comme dans le mouvement des planètes,
le rythme des saisons, le flux et reflux des marées, la
lumière jaillie du soleil ou son ombre
La vibration du monde
" Il existe en nous deux qi, précise François
Marquer de l'Institut Chuzhen de médecine chinoise. Celui
qui nous est conféré à la naissance, transmis
par la lignée parentale et tributaire de l'état
du ciel à ce moment-là ; et celui que l'on acquiert
au fil du temps en se branchant sur l'énergie autour de
nous. " Ce à quoi s'emploient les différentes
disciplines : le qi-gong, l'aïkido, l'ikebana, la calligraphie
et le taï-chi
Cela
suppose de " placer la notion de vide au centre de la pensée.
L'usage du bol, indique Jean-Claude Sapin dans son livre est bien
dans sa capacité à contenir, c'est-à-dire
dans le vide qu'il aménage. Si nous lavons le bol, ce n'est
pas dans l'intention de le laisser dans le placard, mais de l'utiliser
à nouveau. Il en est de même pour le mental, si le
cur est absorbé par le passé et l'avenir,
s'il est plein, il n'aura plus de possibilité de rencontre
dans l'instant. " Première règle : faire le
vide des pensées et émotions vagabondes. "
Se purifier, résume Ké Wen de l'association Les
temps du corps. Ceci, afin de se laisser remplir : par la beauté
de la nature et des fleurs, par la pensée véhiculée
par les idéogrammes calligraphiés : "quiétude",
"voie", ou encore par l'énergie de l'adversaire,
ou par la fluidité de l'air et des mouvements
dans
un élan de communication et d'interpénétration
avec l'environnement. "
" Quand la vacuité du cur est installée,
poursuit Jean-Claude Sapin, tout se passe comme si la pensée,
la parole, le regard et l'oreille devenaient capables de se recueillir,
de se "compénétrer" avec les éléments
extérieurs. " Ce recueillement qui requiert attention
et concentration constitue la seconde règle vers la connaissance
du qi. Et la troisième consiste à lever les blocages,
les tensions qui pourraient empêcher la circulation de l'énergie,
comme le proposent qi-gong et taï-chi.
Une dernière étape : la maîtrise
du Qi, permet de gagner un combat ou devient la capacité
de soigner les personnes en projetant sur elles cette énergie
de vie. Difficile de ne pas rapprocher cette utilisation des pouvoirs
des guérisseurs. À cette différence près
que la maîtrise du qi se travaille par des exercices codifiés
depuis des siècles, alors que les capacités des
guérisseurs relèvent davantage du don. Quoiqu'il
en soit, il y a dans l'art du qi une intuition fondamentale que
la vie est harmonieo
Cécile baudet
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