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Les ambiguïtés de
l'agriculture raisonnée
Les 8e Rencontres de l'agriculture raisonnée
se sont déroulées le mercredi 5 janvier sous
le signe de la polémique. Cette agriculture propose
de " raisonner " les apports d'engrais chimiques
et de pesticides et donc de les diminuer. C'est un progrès
par rapport aux pratiques de beaucoup, qui utilisent ces
produits à tout va. Ceux qui la pratiquent, peu nombreux(1),
peuvent mentionner que leurs produits sont issus de cette
méthode. Mais Farre (2), l'association interprofessionnelle
qui organisait ces rencontres, entretient l'ambiguïté
comme nous le montrions il y a deux ans (3), en prétendant
avoir développé une méthode d'agriculture
durable. Farre avait obtenu de Roselyne Bachelot, alors
ministre de l'Écologie, d'être agréée
comme association de protection de l'environnement. À
la demande de trois d'entre elles, Environnement 56, Manche
Nature et Allier Nature, le tribunal administratif de Paris
a annulé, le 16 décembre 2004, cet agrément.
Christiane Lambert, présidente de Farre, annonce
qu'elle envisage de faire appel. Sponsorisée par
l'agroalimentaire (Danone) et par les entreprises de chimie
(Total, Union des industries de la protection des plantes),
Farre ne remet pas en cause les cultures d'OGM (organismes
génétiquement modifiés). Drôle
de façon de concevoir la protection de l'environnement.
R. P.
(1) Environ 500 exploitations qualifiées, principalement
des exploitations viticoles ou arboricoles, plus de la moitié
d'entre elles se trouvant dans le Languedoc-Roussillon.
(2) Farre (Forum de l'agriculture raisonnée et respectueuse
de l'environnement), 19, rue Jacques-Bingen, 75017 Paris.
Tél. : 01 46 22 09 20. Internet : www.farre.org.
(3) Les pièges de l'agriculture raisonnée,
Alternative Santé, juin 2003.
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