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Le rêve
des malades à vie !
Malnutrition,
famines, pénibilité du travail et hygiène
déplorable ont fait le lit des maladies pendant des siècles.
Jusqu'à l'amélioration globale des conditions de
vie, puis la découverte de la pénicilline et des
antibiotiques. Le combat semblait presque gagné quand l'ennemi
réapparut. Désormais, nous sommes moins victimes
des " microbes ", virus et bactéries, que de
nos nouveaux modes de vie ! En Occident, les maladies dues à
l'alimentation, conjuguée au stress et à la pollution,
se comptent par millions : asthme, obésité, problèmes
cardiovasculaires, cancers
Auxquels il faut ajouter les
méfaits de la médecine elle-même : soit, en
France, environ 20 000 morts annuelles dues aux infections nosocomiales
(c'est-à-dire liées aux soins) et des dizaines de
milliers de victimes des médicaments.
Malgré tout, reconnaissons honnêtement que ces méfaits
sont sans comparaison avec les problèmes d'hier. Nous allons
dans le bon sens. Qui se plaindrait d'avoir gagné en un
siècle plus de 30 ans de vie ? Le progrès - maîtrisé
- a du bon !
Mais restons vigilants. Lors d'une conférence de presse
organisée il y a peu par un grand hôpital parisien,
ses responsables ont affirmé que l'avenir était
à la prévention, et surtout à la prédiction,
via la génétique. Explication : le décryptage
de nos gènes (de notre génome) permettra dès
la naissance de connaître nos faiblesses et de proposer
une stratégie médicale à vie. L'industrie
pharmaceutique est en train de réaliser ce tour de force
: faire de tout être qui naît un malade qui ne s'ignore
plus ! La médecine " prédictive " est
la révolution sur laquelle comptent les labos et le monde
médical pour assurer leur avenir. Ainsi leur mainmise sur
l'homme sera totale. Entreprises et assurances se serviront des
tests génétiques pour l'embauche, le suivi de leurs
cadres (cela se fait déjà) et les contrats
L'homo medicus du XXIe siècle est donc confronté
à une question centrale : ce qui est techniquement faisable,
est-il humainement souhaitable ? Car à l'exception de rares
maladies liées à un gène déterminé
et vraiment handicapantes, connaître ses prédispositions
à telle ou telle pathologie n'est-il pas finalement plus
" handicapant " que bénéfique ?
" Cette médecine prédictive sera en place dans
les 7 ans ", nous a-t-on assurés.
Plus que jamais il est important de redire que la santé
ne se réduit pas à nos seuls gènes. Vision
ô combien matérialiste et individualiste du vivant
! Mais qu'elle englobe nos choix alimentaires, notre hygiène
et nos conditions de vie, la prise en charge de soi, nos relations
humaines et de travail, la pollution, nos émotions, etc.
Et qu'à ce titre notre santé est solidaire de celle
des autres ! Laissons la génétique à l'exceptionnel.
Un mot, encore, à propos du discrédit croissant
qui pèse sur l'Académie de médecine depuis,
notamment, ses positions en faveur des OGM et contre l'homéopathie.
Elle a envoyé son dernier bulletin officiel (de décembre
2004) avec une publicité pour les laboratoires Servier.
De quel droit cette prestigieuse (?) institution d'État,
financée par nos impôts, sert-elle de support à
une société pharmaceutique privée ? Nous
exigeons des explications !
À moins que cette explication, elle ne nous l'ait déjà
fournie à l'automne dernier. Sa " sortie " contre
l'homéopathie n'avait sans doute d'autre objectif que d'affaiblir
certains labos pour en privilégier d'autres.
On sait désormais pour qui
" roule " l'Académie et que ses Immortels ne
sont plus, en fait, que de simples mortels qui ont vendu leur
âme
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