Alternative Santé, le mensuel de votre santé au quotidien. Se soigner autrement grâce aux ressources des médecines alternatives et naturelles.

Alternative Santé. Etre responsable de sa santé, prévenir la maladie, se soigner par des médecines douces, alternatives et naturelles
médecines alternatives, médecines douces, santé, magazine de santé, journal de santé, Association de soutien au journal alternative santé l'impatient, défense des droits des patients et malades, vaccination, médecine non conventionnelle, environnement


Alternative Santé, comprendre pour agir
 

 

 

...





 

Industrie pharmaceutique : des victimes par centaines de milliers !

Scandale après scandale, l'industrie pharmaceutique est entrée dans
une tourmente qui, pour s'apaiser, nécessitera une transformation
radicale des comportements et l'institution d'autres règles entre industriels et autorités sanitaires. Quant aux effets indésirables des médicaments,
le mieux placé pour en parler est bien le malade lui-même.

Entre 10 000 et 15 000, c'est le nombre de morts dû chaque année en France à la prise de médicaments. Pour ne citer que l'anti-inflammatoire Vioxx, la Food and Drug Administration (autorité étasunienne chargée du contrôle des médicaments), estime que ce traitement largement utilisé contre l'arthrite, a provoqué depuis 1999 aux États-Unis 160 000 crises cardiaques et attaques cérébrales et serait à l'origine de 27 785 décès. Comment en est-on arrivé là ?
Pour Philippe Pignarre, auteur du Grand secret de l'industrie pharmaceutique (éd. La Découverte), celle-ci " paie aujourd'hui les frais de quinze années de manque d'innovations, masqué par le lancement de molécules annoncées comme miraculeuses, mais insuffisamment étudiées, mises le plus vite possible sur le marché pendant la période d'exploitation du brevet ". À l'appui de ces propos on peut citer l'exemple du Cholstat et du Staltor du groupe Bayer, retirés du marché en août 2001 après avoir causé plusieurs dizaines de décès. Les complications observées (douleurs musculaires, articulaires et problèmes hépatiques) ont été négligées car les essais réalisés sur un nombre réduit de malades et pendant une période de temps trop courte ne pouvaient laisser présager les retombées de ces statines sur des dizaines de millions de patients médiqués pendant de longues années.

Satisfaire d'abord les actionnaires !
Arguant que, lui, n'a jamais vu de problème significatif qui n'ait été décelable dès les phases précoces du développement d'un médicament, le Dr Marc Girard (expert judiciaire et consultant auprès de l'Industrie pharmaceutique) propose une autre explication : " Depuis une vingtaine d'années, nous sommes passés d'une médecine curative - on soigne une infection - accessible à l'expérience clinique, à une médecine de type préventif ou dirigée contre les problèmes chroniques, qui nécessite la prise de médicaments sur une longue durée. Ce type de médecine relève, pour en suivre les effets, de l'épidémiologie (1) et de la statistique - spécialités qui échappent largement à la … … formation médicale classique et laissent donc les médecins trop dépendants par rapport aux messages qui leur sont transmis par les fabricants ou leurs "experts" "… Cette évolution dans la prise en charge des maladies et les exigences de rentabilité pour satisfaire les actionnaires ont entraîné des négligences (doux euphémisme !) coupables. Pire, des pratiques inexcusables comme la non divulgation de résultats d'essais thérapeutiques qui, s'ils avaient été connus, auraient retardé voire annulé la commercialisation du médicament.

C'est le cas de l'antidépresseur Deroxat, dont les effets sur les comportements suicidaires chez des jeunes malades ont été dissimulés par les laboratoires Glaxo
SmithKline par ailleurs fabricants d'un vaccin contre l'hépatite B. C'est également le cas du traitement hormonal substitutif de la ménopause, dont il aurait été possible de savoir dès 1997 qu'il majorait le risque cardiaque si tous les essais avaient été publiés. Même accusation contre la firme Lilly qui aurait dissimulé sur le Prozac des résultats d'essais cliniques et des documents alertant sur le risque de tentatives de suicide et de passages à l'acte violents.
Selon le Dr Girard, aux faillites morale et éthique, se conjugue l'incompétence intellectuelle de certains experts. " L'argument constant d'un bon nombre a été que dans le cadre du vaccin contre l'hépatite B, le nombre de cas de sclérose en plaques observés ne dépassait pas le nombre de cas attendus. Or il n'existe pas de registre de cette maladie. Et on sait de façon notoire qu'il y a une sous-notification des observations. C'est comme si un professeur de mathématiques annonçait à ses élèves que le nombre "a" est plus petit que "b", alors qu'on ne connaît ni "a", ni "b" ! "

Eaux troubles
Faillite également des autorités de santé " qui acceptent trop facilement, estime Philippe Pignarre, les explications et les demandes des laboratoires ". Pour prendre ses décisions de mise sur le marché ou de retrait d'un médicament, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé fait appel à des experts, externes et… bénévoles, auxquels dès qu'ils sont nommés, l'industrie pharmaceutique propose des ponts d'or. Ils sont tenus de déclarer leurs liens avec les firmes, mais ils le font rarement (voir notre article " Les experts nous manipulent ", n° 317) " On nage dans des eaux troubles, estime Philippe
Pignarre, entre influence et corruption, parfois même collusion. " Situation qui nécessiterait de repenser totalement le statut des experts qui siègent dans les commissions.
Pour faire renaître la confiance, le chantier est immense. Il concerne le domaine de la recherche pharmaceutique, trop lié aux intérêts privés axés sur la stratégie des blockbusters (c'est-à-dire des molécules aux chiffres d'affaire espérés de plus de 1 milliard de dollars par an), destinés à des millions de patients. Il concerne aussi celui de la connaissance des médicaments avant leur mise sur le marché, et de leur surveillance après (ce qui s'appelle la pharmacovigilance). " Celle-ci est faite en partie par l'industrie pharmaceutique ", regrette Philippe Pignarre. Et les médecins-prescripteurs, tenus par la loi de notifier aux centres de pharmacovigilance les accidents dont ils sont témoins ou dont ils sont informés par les malades, remontent insuffisamment ces informations.

Notre proposition
Il reste une solution qu'Alternative Santé préconise depuis quelques années (voir notre pétition de janvier 1999, Alternative Santé n° 252) : la déclaration par les malades eux-mêmes des effets indésirables de leur médication. Considérée comme impossible à mettre en place car donnant trop la parole aux malades hypochondriaques (s'attribuant toutes les maladies), l'idée recueille aujourd'hui l'adhésion d'un nombre de plus en plus grand de spécialistes. À l'image de ce qui se fait déjà aux États-Unis, en Angleterre, au Danemark et aux Pays-Bas, où les données envoyées par les patients sont considérées comme précieuses et de bonne qualité. En France, une expérience est en cours avec l'association Aides. " Il suffirait, songe Philippe Pignarre, de fournir dans les boîtes de médicament un numéro de téléphone et une adresse pour déclarer les effets indésirables ". Mais cela nécessite en amont la mise en place d'une structure, pourquoi pas une Agence de pharmacovigilance indépendante, destinée à recueillir et gérer les informations reçues.
Faisant davantage de morts que les accidents de la route, ce système doit être remis à plat, car le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il ne donne pas satisfaction du tout !

Cécile Baudet


(1) L'épidémiologie étudie les facteurs intervenant dans l'apparition des maladies, ainsi que leur fréquence, et leur évolution. La statistique élabore des modèles probabilistes de survenue d'un phénomène.

Mots clés les plus demandés

Top 20 : bio | ménopause | stress | cours de sophrologie | fleur de bach | pnl | coaching | hypnose | chiropratique | formations sophrologie | autohypnose | EMDR Paris | livre | psychanalyse | psychologie | psy | reflexologue | bio info | hypnose médicale | relaxologue | sophrologie Paris | fleurs de bach | Hypnose Paris |

Abonnement Gratuit à la Lettre Mensuelle de Médecines Douces
E-Mail :
Nom (optionnel)
  Inscription

 

 

Pour mettre l'actualité du journal en ligne sur votre site, cliquez ici

A la Une d'Alternative Santé ce mois-ci
* * * * * *

 

 

 

Dossiers - Thèmes - Accueil - S'abonner - Email - Accueil Medecines Douces - Forum - News letter - Moteur de Recherche
Copyright Alternative-Santé © 1998 -