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Le BCG a encore de beaux jours
devant lui
On n'en finira donc jamais avec le BCG.
Le rapport " Tuberculose : place de la vaccination
dans la maîtrise de la maladie ", publié
fin novembre par l'Inserm (1) permet de maintenir le statu
quo de ce vaccin contesté dans le monde entier. Depuis
longtemps, des voix autorisées se sont élevées
en France pour demander l'abandon de l'obligation vaccinale
chez les enfants (2). En juillet 2001, l'Institut national
de veille sanitaire (INVS) publiait sous le titre "
Impact épidémiologique d'une modification
de la politique vaccinale par le BCG en France ", une
étude qui montrait qu'il serait possible de limiter
le BCG aux seuls groupes de populations à risque.
En mars 2003, le très officiel BEH (Bulletin épidémiologique
hebdomadaire (3) enfonçait le clou dans son dossier
: " Tuberculose en France : la situation aujourd'hui
".
La Pre Elisabeth Bouvet soulignait en éditorial qu'en
dehors de son coût considérable et de son peu
d'efficacité, la vaccination généralisée
par le BCG est à l'origine d'une dangereuse illusion
: elle laisse croire que nous avons une politique de prévention
de la tuberculose, alors que tout est à revoir dans
ce domaine. L'expertise de l'Inserm n'apporte rien de plus
que ce que l'on savait déjà. Elle confirme
toutefois que l'on sous-estime les effets secondaires, qui
sont mal notifiés, tout en montrant que l'on surestime
sans doute les risques d'un arrêt de la vaccination.
Même si elle montre que la limitation du BCG aux enfants
des groupes à risque, comme dans la plupart des autres
pays européens, serait préférable,
l'étude de l'Inserm se garde de conclure. Résultat
: au ministère, il semble urgent d'attendre plutôt
que de prendre une décision qui briserait un tabou.
Pourtant, en mars 2003, un groupe d'experts assurait dans
le numéro du BEH cité : " Nous devrions
d'ici peu avoir, dans notre pays, une politique de vaccination
BCG plus en conformité avec les données de
la science, les pratiques internationales et les caractéristiques
épidémiologiques actuelles de la tuberculose
en France. " Vous avez dit : pas très scientifique
? Le laboratoire Aventis-Pasteur vient d'annoncer aux médecins
qu'il va commercialiser un BCG préparé avec
une nouvelle souche. Est-ce pour assurer son lancement que
le gouvernement renonce à réviser sa politique
vaccinale ?
R. P.
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