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Le double langage de la France
Plus de 1 000 personnes participaient à
la Conférence internationale sur la biodiversité
qui s'est réunie, fin janvier, au Palais de l'Unesco
à Paris. Scientifiques, politiques, représentants
d'organisations non gouvernementales ont souligné
la dégradation croissante de l'environnement : pollutions
dramatiques de l'eau et des sols, disparition accélérée
de milliers d'espèces végétales et
animales, déforestation galopante. Jacques Chirac,
qui était à l'origine de cette réunion,
a souligné la gravité de la situation. La
vigueur de ses analyses aurait dû réjouir les
écologistes, mais ceux-ci s'inquiètent du
double langage de la France. Depuis le Sommet de la Terre
à Johannesburg en 2002, l'intégration de la
Charte de l'environnement dans la Constitution est la seule
décision importante qui peut être mise à
son crédit. Et la France est la lanterne rouge dans
l'application des réglementations européennes
environnementales, en particulier dans la mise sur pied
du réseau de sites protégés Natura
2000. De lourdes menaces pèsent sur les parcs naturels,
le lobby des chasseurs fait la loi, le nucléaire
se développe sans frein, l'agriculture intensive
continue à employer larga manu les pesticides, les
OGM vont bientôt avoir le champ libre, tandis que
l'agriculture biologique n'est plus soutenue. Dans un communiqué
commun, France Nature Environnement, la Ligue pour la Protection
des Oiseaux et le WWF-France dénoncent les menaces
que la future loi sur le développement des territoires
fait peser sur la biodiversité et sur la protection
du littoral. Il y a urgence, car les atteintes à
la biodiversité menacent la survie de la planète
et de l'espèce humaine.
R. P
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