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Des
victimes oubliées
De 1961 à 1971, 49 millions de litres
d'agent orange, un défoliant contenant un fort taux
de dioxines (substances classées cancérigènes
depuis 1997 et suspectées de produire des malformations
congénitales), ont été déversés
par l'armée américaine sur le Vietnam.
Intentionnellement, pour faciliter la chasse
aux combattants vietcongs en détruisant la végétation
et pour priver les populations de leurs ressources agricoles.
Plus de 10 % du territoire a ainsi été fortement
contaminé. Avec quelles conséquences pour
la santé des populations ? Affections digestives,
nerveuses, dermatologiques, cardiovasculaires ou sanguines,
cancers de la sphère ORL et du foie, et anomalies
de la reproduction : avortements, naissances prématurées
et difformités. Le 10 mars, une première plainte
contre les fabricants étasuniens, déposée
par une association de victimes, a été rejetée
par un juge de Brooklyn. Mais les Vietnamiens, qui ont commencé
à prendre la parole sont bien décidés
à lever le voile sur cette catastrophe tant humanitaire
qu'écologique. À la mi-mars, un colloque international
se tenait à Paris sur les effets de ces épandages,
qui ont également concerné 10 000 vétérans
étasuniens, indemnisés, eux, dès 1984,
à hauteur de 180 millions de dollars. Deux poids,
deux mesures.
C.
B.
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