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Mille agriculteurs bio à
Paris
" Qu'est-ce qu'on attend pour être
bio ? " : c'est le slogan du Printemps bio qui se déroule
en ce moment (voir Agenda page 8). Mais pour les agriculteurs
bio, la réalité est très difficile
et leur slogan, c'est : " Aujourd'hui quand t'es bio,
t'as pas de pot ". Le 6 avril, mille paysans répondant
à l'appel de la Fédération nationale
de l'agriculture biologique (Fnab) (3) sont venus de la
France entière dénoncer, sous les fenêtres
de leur ministre, l'asphyxie de l'agriculture biologique.
La situation est très grave comme l'expliquait aux
manifestants Philippe Desbrosses, président d'Objectif
bio 2007 (4). En effet, alors que la réforme de la
PAC (politique agricole commune de l'Europe) a prévu
des contraintes favorables à l'environnement, son
application en France aboutit à pénaliser
ceux qui se sont engagés le plus loin dans ce domaine.
La Fnab réclame haut et fort une distribution équitable
des aides agricoles européennes et une rémunération
permanente des agriculteurs biologiques, qui prenne en compte
les bénéfices environnementaux et sociaux
(ils font travailler plus de personnes) de leur travail.
Ces modalités de rémunération existent
déjà chez nos voisins (Allemagne, Autriche,
Italie, Grande-Bretagne). Après la manifestation,
les services du ministre ont annoncé qu'un crédit
d'impôts serait octroyé aux agriculteurs biologiques
en 2006. Une mesure qui est très loin de répondre
aux revendications légitimes de la Fnab. Le ministre
de l'Agriculture, Dominique Bussereau, doit inaugurer le
Printemps bio. Saura-t-il faire un geste plus conséquent
à cette occasion ?
R. P.
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