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Editorial Juin 2005

 

Faire confiance à son médecin ?
 

 

Les médecins sont-ils fiables ? Non, répondent depuis un certain temps les organismes les plus officiels. Ils ont abusé pendant des décennies des prescriptions d'antibiotiques. Ils ont aveuglément prescrit le THS (traitement hormonal de substitution) dans la méconnaissance ou le déni de ses effets secondaires. Dernièrement, le 14 avril, Frédéric Van Reokeghem, directeur de l'Union nationale des caisses d'assurance maladie tirait à nouveau la sonnette d'alarme. Avec, dans le collimateur, la surconsommation (et donc l'abus de prescriptions) des médicaments anticholestérol. Selon une étude de la Cnam (Caisse nationale d'assurance maladie), ni les examens nécessaires à cette prescription ne sont effectués ni les mesures de prévention expliquées, et pour deux patients sur trois, le traitement ne fait pas suite à une analyse du taux de mauvais cholestérol. Le comble, plus de la moitié des patients n'ont même pas été incités à modifier leur alimentation, ni à changer leur hygiène de vie, etc. (voir notre article page 45).

Comment expliquer cette incompétence dommageable, dangereuse et parfois mortelle ? Par la formation universitaire où l'idéologie d'un progrès médical constant anesthésie l'esprit critique. Par la spécialisation accrue qui éloigne d'une vision globale de l'homme. Par la difficulté d'aller à contre-courant des croyances collectives admises comme référence et véhiculées par les médias. Le fait que l'information sur les médicaments est donnée par les labos ne facilite pas l'objectivité sur les produits - les visiteurs médicaux, minimisent, on le sait, les effets secondaires. De plus, de nombreux médecins retirent certains avantages de leurs prescriptions : invitation à des colloques, voyages et repas offerts…

Il y a aussi la carence de la formation continue (bien peu la suivent). La pression culturelle et idéologique : la plupart des praticiens ont une vision purement mécaniste, voire pasteurienne, de la maladie ; il faut un microbe, un virus ou une lésion pour l'expliquer, sinon, ils concluent qu'il n'y a rien ou que c'est " psy " (c'est-à-dire, dans leur esprit, pas vraiment sérieux !)… Ils ne voient pas les personnes dans leur environnement naturel, affectif, social, émotionnel, etc.

Dans ce contexte, nous devons remercier les praticiens qui prennent réellement le temps de nous écouter, qui recherchent les solutions qui soient les meilleures et les moins agressives, qui aident au dynamisme de nos défenses naturelles. Et parmi eux, comment ne pas saluer tout particulièrement ceux qui doivent affronter le conseil de l'ordre parce qu'ils pratiquent des médecines alternatives ou complémentaires.
Lors de nos 2es Rencontres, le Dr Alain Dumas a dénoncé le fait qu'il ait connu douze ans de procédure avec le conseil de l'ordre (voir article page 9 à 11) parce qu'il prescrit - aussi - des médecines complémentaires pour soigner le cancer. Devant de tels tracas, certains quittent notre pays, d'autres, qui voudraient s'engager dans cette voie, hésitent. Qui demain assurera la relève ?
Car on cherche vraiment à faire taire les voix différentes. Et bien sûr, comme hier, les inquisiteurs ont bonne conscience : " sus aux charlatans " ! crient-ils en chœur. Le conseil de l'ordre ne doute pas de son bon droit et de sa mission.
On aimerait que les patients dont nos ministres affirment qu'ils doivent être au centre du système de soins, soient écoutés et entendus ! C'est tout le contraire, on se moque d'eux, de leurs attentes et de leurs choix ! Alors que les sondages révèlent qu'ils ont largement recours aux alternatives, même en cas de maladies graves (voir notre précédent numéro), la médecine officielle - notamment en France - pourchasse aussi les associations qui les aident et certains laboratoires.
Et pendant que l'Ordre fait procès aux " déviants ", les médecins " officiels ", eux, continuent sans le moindre tracas, à prescrire souvent excessivement voire aveuglément, et parfois au péril de leurs patients.
On en vient à se demander si pour la plupart de ses acteurs, la santé, finalement, ne serait pas qu'un marché à partager pour en tirer le maximum de bénéfices. Le malade n'étant que l'occasion de faire tourner le système.

Je tiens à souligner que les médecins, les associations et les fabricants menacés peuvent compter sur notre soutien. Et je les remercie sincèrement pour leur courage.

 

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