Les médecins sont-ils fiables
? Non, répondent depuis un certain temps les organismes
les plus officiels. Ils ont abusé pendant des décennies
des prescriptions d'antibiotiques. Ils ont aveuglément
prescrit le THS (traitement hormonal de substitution) dans la
méconnaissance ou le déni de ses effets secondaires.
Dernièrement, le 14 avril, Frédéric Van
Reokeghem, directeur de l'Union nationale des caisses d'assurance
maladie tirait à nouveau la sonnette d'alarme. Avec,
dans le collimateur, la surconsommation (et donc l'abus de prescriptions)
des médicaments anticholestérol. Selon une étude
de la Cnam (Caisse nationale d'assurance maladie), ni les examens
nécessaires à cette prescription ne sont effectués
ni les mesures de prévention expliquées, et pour
deux patients sur trois, le traitement ne fait pas suite à
une analyse du taux de mauvais cholestérol. Le comble,
plus de la moitié des patients n'ont même pas été
incités à modifier leur alimentation, ni à
changer leur hygiène de vie, etc. (voir notre article
page 45).
Comment expliquer cette incompétence
dommageable, dangereuse et parfois mortelle ? Par la formation
universitaire où l'idéologie d'un progrès
médical constant anesthésie l'esprit critique.
Par la spécialisation accrue qui éloigne d'une
vision globale de l'homme. Par la difficulté d'aller
à contre-courant des croyances collectives admises comme
référence et véhiculées par les
médias. Le fait que l'information sur les médicaments
est donnée par les labos ne facilite pas l'objectivité
sur les produits - les visiteurs médicaux, minimisent,
on le sait, les effets secondaires. De plus, de nombreux médecins
retirent certains avantages de leurs prescriptions : invitation
à des colloques, voyages et repas offerts
Il y a aussi la carence de la formation
continue (bien peu la suivent). La pression culturelle et idéologique
: la plupart des praticiens ont une vision purement mécaniste,
voire pasteurienne, de la maladie ; il faut un microbe, un virus
ou une lésion pour l'expliquer, sinon, ils concluent
qu'il n'y a rien ou que c'est " psy " (c'est-à-dire,
dans leur esprit, pas vraiment sérieux !)
Ils ne
voient pas les personnes dans leur environnement naturel, affectif,
social, émotionnel, etc.
Dans ce contexte, nous devons remercier
les praticiens qui prennent réellement le temps de nous
écouter, qui recherchent les solutions qui soient les
meilleures et les moins agressives, qui aident au dynamisme
de nos défenses naturelles. Et parmi eux, comment ne
pas saluer tout particulièrement ceux qui doivent affronter
le conseil de l'ordre parce qu'ils pratiquent des médecines
alternatives ou complémentaires.
Lors de nos 2es Rencontres, le Dr Alain Dumas a dénoncé
le fait qu'il ait connu douze ans de procédure avec le
conseil de l'ordre (voir article page 9 à 11) parce qu'il
prescrit - aussi - des médecines complémentaires
pour soigner le cancer. Devant de tels tracas, certains quittent
notre pays, d'autres, qui voudraient s'engager dans cette voie,
hésitent. Qui demain assurera la relève ?
Car on cherche vraiment à faire taire les voix différentes.
Et bien sûr, comme hier, les inquisiteurs ont bonne conscience
: " sus aux charlatans " ! crient-ils en chur.
Le conseil de l'ordre ne doute pas de son bon droit et de sa
mission.
On aimerait que les patients dont nos ministres affirment qu'ils
doivent être au centre du système de soins, soient
écoutés et entendus ! C'est tout le contraire,
on se moque d'eux, de leurs attentes et de leurs choix ! Alors
que les sondages révèlent qu'ils ont largement
recours aux alternatives, même en cas de maladies graves
(voir notre précédent numéro), la médecine
officielle - notamment en France - pourchasse aussi les associations
qui les aident et certains laboratoires.
Et pendant que l'Ordre fait procès aux " déviants
", les médecins " officiels ", eux, continuent
sans le moindre tracas, à prescrire souvent excessivement
voire aveuglément, et parfois au péril de leurs
patients.
On en vient à se demander si pour la plupart de ses acteurs,
la santé, finalement, ne serait pas qu'un marché
à partager pour en tirer le maximum de bénéfices.
Le malade n'étant que l'occasion de faire tourner le
système.
Je tiens à souligner que les médecins,
les associations et les fabricants menacés peuvent compter
sur notre soutien. Et je les remercie sincèrement pour
leur courage.