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La kinésiologie en question
« Il s’étaient convertis à la kinésiologie, leur fils est mort de malnutrition », titrait Le Monde le 1er juin dernier. Pendant une semaine, la presse nationale a multiplié les amalgames simplistes pour rendre compte du procès du couple de kinésiologues bretons, accusés d’avoir été sous l’emprise d’une « doctrine sectaire ». Certes, la responsabilité des parents, qui ont exprimé des regrets, déclaré avoir rompu maintenant avec la kinésiologie et repris un régime incluant des protéines animales, semble lourde, ainsi que celle des médecins qui n’ont pas fait hospitaliser l’enfant. Les uns et les autres sont aujourd’hui condamnés. Mais la lumière n’a pas été totalement faite sur cette affaire. Me Vincent Omez, l’avocat du couple, estime que leur activité de kinésiologues n’a rien à voir avec l’affaire et que, faute d’investigations complémentaires, on n’a pas déterminé la cause exacte de la mort de l’enfant qui aurait pu souffrir d’une maladie génétique ou métabolique. Quoi qu’il en soit, on a vu, une fois de plus, monter au créneau tous ceux qui estiment qu’il n’y a qu’une manière de se soigner. Reste que la kinésiologie ferait bien de balayer devant sa porte. On peut s’étonner qu’un test neuromusculaire, peut-être utile en complément d’autres tests dans différentes professions, soit utilisé aujourd’hui larga manu pour dépister toutes sortes de pathologies fonctionnelles ou psychologiques, et que les kinésiologues se croient aptes à soigner après avoir reçu une formation de quelques semaines.
R. P.
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