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Congrès à Rome et Entretiens à Lille
• Nos habitudes alimentaires ont un impact sur notre santé. Les nombreuses études internationales, présentées à Rome en mai 2005 lors de la 3e conférence sur le régime méditerranéen, le démontrent. Manger le moins possible de beurre, de viande rouge, de crème fraîche, de laitages au lait entier, augmenter sa consommation de poissons, de crustacés, de fruits et légumes (1), choisir de bonnes graisses (olive, colza) et le tout en quantité raisonnable, c’est bon pour la santé. L’efficacité des politiques de prévention mises en place dans certains pays européens est patente. Les Finlandais mangent deux fois plus de fruits et légumes qu’il y a vingt ans, avec pour résultat une réduction massive des maladies cardiovasculaires chez les hommes.
Le Dr Elio Riboli, chercheur au Circ (2) de Lyon et directeur scientifique de cette rencontre, n’hésite plus à affirmer que le régime méditerranéen, efficace contre le surpoids et l’obésité, favorise la prévention du cancer. Il est démontré que le risque de récidive d’un cancer du sein est accru chez les femmes en surpoids. Le Dr Riboli insiste sur les réels dangers pour la santé publique des pressions exercées par les groupes industriels de l’agroalimentaire. Il a annoncé son intention de porter plainte suite à des menaces concernant les résultats de ces recherches. Enfin, il insiste sur l’exercice physique, de nombreuses études montrant les bénéfices sur tous les paramètres de santé de petites dépenses énergétiques quotidiennes… comme 30 minutes de marche par jour.
Aux entretiens de l’Institut Pasteur à Lille(3) en juin, la réflexion tournait autour des aliments fonctionnels. Ces derniers sont présentés comme bons pour la santé voire carrément comme une sorte de soin : les margarines enrichies en phytostérols par exemple reposent-elles sur une réalité scientifique ou ne sont-elles que des objets de marketing ? Aujourd’hui, les industriels sélectionnent des données scientifiques pour élaborer un discours commercial, ainsi du calcium contenu dans le lait qui ferait soi-disant maigrir. Or, ces données, souvent en cours de validation, peuvent être remises en question. Pourtant l’allégation scientifique arrive très vite sur le marché, pour doper les ventes. Les Français sont plus de 60 % à être réceptifs aux arguments santé. Pour démêler le vrai du faux, seul un encadrement strict par les pouvoirs publics sera une véritable garantie.
M. L.
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