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Les mensonges d’ITER
Après le choix de Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône, le 28 juin dernier, pour l’installation d’ITER (en français RETI : réacteur expérimental thermonucléaire international), la France pavoisait : enfin une énergie nucléaire propre, quasi-illimitée et sans déchets, la fameuse fusion, censée reproduire celle qui se fait dans le soleil et les étoiles. La victoire française était célébrée comme une victoire européenne, mettant du baume au cœur après l’échec du référendum. Mais dans le concert médiatique, quelques notes grinçantes se sont élevées. Non seulement du côté des écologistes, mais aussi de scientifiques, et non des moindres, dont certains ne sont pas opposés au nucléaire classique. Pour le Pr Masatoshi Koshiba, Japonais prix Nobel de physique en 2002, on veut « nous faire prendre des vessies pour des lanternes » (1). Personne ne sait ce que représentent les niveaux d’énergie qui seront atteints et on risque de changer régulièrement les murs pourtant épais destinés à absorber les neutrons dégagés. Ni la sûreté, ni la sécurité ne sont assurées et on n’est pas vraiment sûr de produire de l’énergie, sinon à un prix très coûteux.
En France, Claude Allègre, physicien et ancien ministre de la Recherche (2), Pierre Papon, professeur à l’École supérieure de physique et ancien directeur du CNRS (3), les physiciens Sébastien Balibar, Jacques Pomau et Jacques Treiner (4) émettent des critiques très sévères : il y a trop d’inconnues dans ce prototype qui risque d’entraîner des dépenses énormes pour rien, sinon pour accroître la pollution. Certes, même les écologistes concèdent qu’il ne peut y avoir de risque d’explosion comme dans un réacteur nucléaire classique. Donc, pas de risque de Tchernobyl-sur-Rhône. Mais, comme le rappellent les opposants regroupés au sein du Réseau sortir du nucléaire (5), on utilisera du tritium, un élément radioactif dangereux aussi bien au cours de sa production que de son transport (depuis les sources d’approvisionnement). Cadarache est un site à haut risque sismique. Dernier argument, la carotte de l’emploi pourrait se révéler décevante pour la région PACA : ce sont d’abord des scientifiques parisiens et internationaux qui en profiteront. Comme Superphénix, le surgénérateur de Malville, en son temps, ITER risque de coûter beaucoup plus cher qu’il ne rapportera. >R. P.
(1) AFP, 30 janvier 2004.
(2) L’Express, 30 mai 2005.
(3) La Croix, 29 juin 2005.
(4) Le Monde, 24 octobre 2004.
(5) Voir à ce sujet le dossier ITER : www.sortirdunucleaire.org
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