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Amiens, à près de deux heures de route au Nord de Paris. La Chrysalide est un centre de soins et de thérapies énergétiques. Son fondateur, le Dr Dominique Bourdin, acupuncteur et homéopathe, la cinquantaine juvénile, pratique l’énergie des couleurs depuis 20 ans : une chromothérapie employée au quotidien, comme élément de diagnostic et moyen de traitement.
« On ne sait pas très bien comment fonctionne la chromothérapie, commence le Dr Bourdin, mais je peux constater son efficacité tous les jours. J’utilise les couleurs pour stimuler le système immunitaire, traiter l’obésité, les migraines ou certains problèmes de peau. Une des possibilités d’explication est que le corps physique soit de la lumière condensée. Nous serions à la lumière en quelque sorte ce que la glace est à l’eau. Si l’on admet cette hypothèse formulée par le physicien David Bohm, il est normal que toute forme de lumière et de vibration ait un impact sur notre corps. »
Fondamentales
Les couleurs, nous vivons avec. Elles nous habillent, nous environnent. Facteur d’ambiance bien connu des professionnels de la décoration, l’influence psychologique des couleurs est de moins en moins mise en doute. Mais leur pouvoir sur le corps reste encore largement méconnu.
Depuis le milieu des années 80, les maternités utilisent la couleur bleue pour soigner la jaunisse des nouveaux-nés. Ce bain de lumière bleutée ne dure que quelques heures. Un temps suffisant pour réduire dans la peau la quantité de bilirubine, le pigment jaunâtre à l’origine de la teinte du nourrisson, et favoriser son élimination par l’organisme.
Le Dr Paul Nogier, le « père » de l’auriculothérapie, fut l’un des premiers à montrer l’impact de la lumière sur le corps. Quand on envoie un rayon coloré sur la peau, il se passe une réaction au niveau circulatoire, un rebond, une sorte de pulsation caractéristique, que Nogier a appelé le réflexe auriculo-cardiaque. Comme si la lumière était une information que le corps était capable de décoder. Une matrice de vingt-huit couleurs fait la synthèse de ses travaux.
« À la Chrysalide, nous utilisons un modèle basé sur douze couleurs, explique Dominique Bourdin. L’ensemble forme une figure, le cercle chromatique, où sont positionnées les trois couleurs fondamentales “lumière”, les trois fondamentales “matière” et leurs six intermédiaires (lire encadré). Dans cette roue, les couleurs opposées, que l’on appelle aussi complémentaires, se font face. Avec ces douze couleurs, on peut passer en revue l’ensemble du corps humain et de ses besoins. Chaque partie du corps correspond à une couleur, continue le thérapeute. Comme si nous étions un arc-en-ciel qui s’étend du rouge aux jambes au violet du haut de la tête. Ce prisme humain est un bon point de repère pour choisir une couleur. Par exemple jaune pour la digestion, vert pour le cœur et les poumons, ou bleu pour le visage… » À petites doses, il n’y a aucune contre-indication. Le mieux est souvent d’écouter son envie, de s’habiller en orange ou de manger de la verdure par exemple. Mais attention, on peut être «intoxiqué» à une couleur comme on l’est à l’alcool ou au tabac. Dans ce cas, prendre par exemple sa dose de bleu ou de jaune nourrit la dépendance.
Programme individuel
Pour objectiver sa connaissance empirique, Dominique Bourdin a mis au point le Chromolab, un logiciel de test des couleurs qui propose plusieurs méthodes de bilans assez ludiques et simples à prendre en main, et surtout hautement révélatrices.
Le premier test repose sur le goût des couleurs. Conçu par Pierre Van Obberghen, ce bilan se transforme sur l’écran de l’ordinateur en une mosaïque de 96 petits rectangles colorés, répartis en huit lignes de 12 cases. À chaque ligne, il faut choisir la couleur que l’on apprécie le plus ou celle que l’on rejette.
Le diagnostic par densité lumineuse commence, lui, sur un écran blanc, saturé de lumière. Peu à peu, l’intensité lumineuse décroît et une couleur apparaît. D’abord très pâle puis de plus en plus affirmée. Il faut alors sélectionner, dans une palette affichée à côté, la teinte que l’on a discernée. La sensibilité à la couleur est mesurée à partir du temps de réaction et de l’exactitude de la réponse.
Dernière technique, l’examen par équilibre consiste à fixer l’image d’un cercle coloré. Une trentaine de secondes après, un écran blanc lui succède, et une nouvelle couleur se dessine dans le champ de vision, d’une teinte plus ou moins identique à la couleur initiale ou, le cas échéant, très différente. Cet effet phosphène, à coloris variables, est une réaction naturelle, liée au fonctionnement du cerveau, qui est capable de souligner la couleur dont il manque ou au contraire d’atténuer, de compenser, un éventuel surplus (suscitant l’apparition de la couleur complémentaire). Répétée une douzaine de fois, l’opération permet au programme de faire le bilan entre ce qui aurait dû être vu et ce qui a été effectivement perçu. Plus les écarts sont importants, plus il y a déséquilibre.
« À partir des résultats obtenus ou d’autres informations qu’on lui donne, le logiciel calcule automatiquement le traitement adapté. Il détermine les couleurs qui conviennent, l’ordre de leur passage et la durée des projections. Il va alors télécommander la dalle clignotante, le Mediabiocolors, plongeant la pièce sous une douche de couleurs, ou des modèles de projecteurs plus réduits pour des applications locales. »
Séances à domicile
Il existe aussi pour ceux qui ignorent tout des couleurs la possibilité d’installer chez soi un Minibiocolors – petit boîtier avec un jeu de diodes rouges, vertes et bleues – (voir photo), de faire le ou les tests requis, et d’appuyer sur « traitement automatique » pour obtenir à domicile des séances de projections personnalisées.
À moins de préférer un traitement type, approprié au plus grand nombre. Ce programme générique passe en revue les douze principales couleurs, à toute allure (12 000 fois par seconde).
« Le balayage est effectué soit régulièrement, soit en appliquant la suite de Fibonacci (1).Toutes les onze couleurs, on décale le cycle d’une couleur, de façon à ce qu’au bout du compte toutes les couleurs soient émises dans les mêmes quantités. »
Avec ces séquences de couleurs décalées les unes par rapport aux autres, la puissance de la thérapie devient beaucoup plus importante. Probablement parce que l’énergie (c’est-à-dire l’information propre aux couleurs employées), traverse avec plus de facilité les défenses de l’organisme que constituent les différentes couches de la peau.
« C’est une hypothèse », précise le Dr Bourdin. Car on balbutie encore dans le langage des couleurs. D’autant qu’à travers le monde, ils ne sont qu’une quinzaine à explorer les fréquences de l’arc-en-ciel.
Maxence Layet
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