Olivier Soulier explique: « Nos choix alimentaires ne sont pas déterminés par la saveur, mais par la valeur symbolique des aliments. Ainsi, le goût pour la viande traduit un besoin de stimuler notre agressivité pour conquérir ou garder notre territoire, l’aversion pour le lait, un mauvais rapport à la mère dans la petite enfance, la passion du chocolat, une grande faim d’amour…» Les mémoires de notre vécu passé et présent seraient ainsi là, à portée de fourchette. C’est ce que croit également Evelyne Gambino, psychogénéalogiste qui anime à Marseille des ateliers pour perdre du poids. « Je demande toujours aux participants quels types d’aliments ils préfèrent, comment leur digestion s’accomplit et quelle partie du corps a grossi en premier. Cela me donne des renseignements très riches sur leurs besoins, leurs croyances et leurs blocages émotionnels. C’est aussi un bon point de départ pour remonter dans les mémoires familiales. » Les prises de poids seraient, en effet, souvent programmées inconsciemment sur plusieurs générations. Comme dans le cas de Danielle qui, avec ses 20 kilos en trop, portait dans son corps la mémoire de sa grand-mère maternelle qui, violée à l’âge de 16 ans, avait grossi pour ne plus éveiller le désir, mais aussi celle de son grand-père devenu obèse pour se donner plus de chances d’être vu par sa mère car il croyait, non pas qu’elle l’avait abandonné, mais perdu. « Les mémoires ancestrales traumatiques passent d’une génération à une autre jusqu’à ce qu’un descendant s’en libère», affirme Evelyne Gambino.