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Le 31 août dernier, Jean-Jacques Melet décidait de nous quitter. Je me souviens de notre première rencontre en 1977 en Anjou, où il était venu, tout jeune médecin épidémiologiste, réfléchir à la création de L'Impatient qui devait devenir Alternative Santé et clamer son indignation face à l'apathie des autorités concernant les problèmes de santé publique. La dénonciation des nitrates dans l'eau du robinet au début des années 1980, c'est lui… Ensuite, il focalise toute son attention sur la toxicité du mercure, en particulier celui des amalgames dentaires. Les ennuis commencent, ses prises de position déplaisent, secouent trop l'ordre bien établi des médecins et dentistes. En 1997, il écope d'un an d'interdiction d'exercice de la médecine de la part de l'ordre des médecins pour « charlatanisme, médecine foraine, ordonnances non conformes et méthodes dangereuses non éprouvées ». Jean-Jacques fait appel, l'ordre des médecins annule tous les griefs et chefs d'accusation, mais l'interdit d'exercice pendant quinze jours.
Il ne se remettra jamais de ces démêlés judiciaires, contraires à sa foi en la médecine et son premier principe : « Primum non nocere », d'abord ne pas nuire. Car il en est sûr, et les études étrangères qui paraissent le confortent dans sa conviction : le mercure où qu'il soit, où qu'il se trouve, fait courir des risques aux populations. Sa rage de faire évoluer la législation sur le mercure ne rencontre, en France, que scepticisme et sarcasmes, alors même qu'Outre-Rhin, 1 500 personnes s'estimant victimes d'amalgames dentaires portent plainte et obtiennent gain de cause contre la firme Degussa, grand fabricant d'amalgames. En 1998, Jean-Jacques crée, avec quelques malades et soignants, l'association « Non au mercure dentaire ». Je le rencontre une dernière fois à l'occasion de la sortie de l'ouvrage Alertes Santé (éd. Fayard), où un chapitre est consacré aux amalgames dentaires. Il m'apparaît alors amaigri, visiblement épuisé, mais malgré tout combatif, s'insurgeant, cette fois, contre les ampoules électriques fluocompactes basse consommation, considérées comme écologiques et qui contiennent 5 000 000 de microgrammes de mercure ! Début juin, il me téléphonait pour m'indiquer le nom d'un livre : Sa place est dans la vie (4), consacré aux enfants handicapés (un sujet qui lui tenait tout particulièrement à cœur). Jean-Jacques a considéré que, lui, n'y avait plus la sienne. Salut Jean-Jacques !
C. B.
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