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Pour Jean-Pierre et Régine Roll, chercheurs au Laboratoire de Neurobiologie Humaine de Marseille, « dès les premiers jours de la vie, jusqu’à son terme, le cerveau se nourrit de l’activité sensorielle qu’il génère lui-même par ses commandes, et dont il mémorise les effets ». Par activité sensorielle, ils entendent celle des cinq sens, mais aussi celle d’un sixième, le sens musculaire.
Les muscles, en effet, munis de très nombreux capteurs, « assurent une “véritable vision intérieure”, source même de la connaissance du corps ». Les deux scientifiques affirment encore que « le fondement de toute connaissance ne peut que résulter d’une appropriation active de l’environnement par les différents organes des sens, rendus mobiles par les déformations et déplacements du corps ».
Corps et esprit seraient donc interdépendants, comme le suggérait déjà Antonio Damasio, dans son célèbre livre intitulé L’erreur de Descartes. Selon le professeur de neurologie de renommée internationale, tout ce qui est contenu dans l’esprit provient de modifications du corps. Et il soutient que le fonctionnement de la plupart de nos organes, notamment de ceux constituant notre système moteur, porterait l’empreinte directe de nos émotions. Donc, pas de corps sain sans esprit sain.
Et vice versa.
C. D.
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