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BCG : le début de la fin
C'est sans doute une première à l'Académie de médecine, bien connue comme chantre des vaccinations. Dans un rapport rendu public le 11 octobre, la vénérable institution se prononce pour l'abandon d'une vaccination obligatoire, celle du BCG, et son remplacement par une vaccination des enfants à risque. Au passage, on apprend que la France est l'un des rares pays européens à vacciner tous les enfants, et que le BCG a de très nombreux inconvénients : il n'est pas efficace pour empêcher les épidémies de tuberculose (c'est pourtant la raison pour laquelle il a été créé), les cas de tuberculose chez les vaccinés sont fréquents, la vaccination coûte cher, elle a des effets secondaires fréquents et pas anodins (adénites (1), appelées aussi bécégites) et parfois très graves quand il s'agit de bécégites disséminées (c'est-à-dire qui atteignent tout l'organisme). L'Académie reconnaît d'ailleurs une douzaine de bécégites disséminées par an, parfois mortelles. Tout cela, on le savait depuis très longtemps. Nos lecteurs nous l'ont entendu dire à de nombreuses reprises depuis… le premier numéro, et en particulier dans notre hors-série Guide des vaccinations.
Cette fois, le rapport de l'Académie est clair, quoique les choses soient dites dans un langage très prudent. Car ce qui est en train d'emporter une décision si longtemps retardée, c'est en fait un problème « technique ». À partir du 1er janvier 2006, le laboratoire Sanofi-Pasteur cessera de commercialiser la bague Monovax avec laquelle on pratiquait, en France, le BCG sur les nourrissons, un mode de vaccination aujourd'hui reconnu peu efficace. Il ne pourra plus être fait que par injection intradermique. L'Académie constate que les médecins ne sont pas formés pour vacciner ainsi. Un sondage, réalisé auprès de 2 800 médecins et rendu public le même jour, montre qu'une majorité de pédiatres et de généralistes ne souhaitent plus vacciner que les patients à risque ou même ne plus vacciner du tout. Amenée à conclure qu'en 2006, l'obligation vaccinale de tous les enfants ne sera plus guère respectée, l'Académie recommande au gouvernement de limiter la vaccination aux groupes à risque ou aux enfants à risque, comme cela se fait dans d'autres pays. Les patients auraient du mal à comprendre que le ministère de la Santé continue à tergiverser et n'abroge pas rapidement l'obligation.
R. P.
(1) Inflammation d'un ganglion lymphatique, n'entraînant souvent aucun symptôme.
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