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Cancer du col de l'utérus et infections à papillomavirus

 

Le cancer du col de l'utérus est le premier à être reconnu par l'OMS comme étant attribuable à 100 % à une infection virale.

 

On dénombre environ 200 papillomavirus susceptibles d'infecter les humains. Certains touchent l'épiderme, d'autres les muqueuses orales, anales ou génitales. Les conséquences sont souvent bénignes, verrues cutanées, condylomes ano- génitaux(1). Mais, certains papillomavirus sont à l'origine du cancer du col de l'utérus. Ce dernier, véritable problème de santé publique, tue 1000 femmes chaque année en France.

Les HPV (Human Papilloma Virus) infectant les muqueuses génitales sont transmis par voie sexuelle. Chez les femmes sexuellement actives entre l'adolescence et la vingtaine, ils sont retrouvés une fois sur trois, ce qui est une fréquence importante. Les infections provoquées sont souvent sans manifestation et disparaissent la plupart du temps grâce aux seules défenses naturelles de l'organisme. Mais, l'infection peut persister chez 3 à 10 % des femmes, et certaines développeront une néoplasie cervicale intra-épithéliale, c'est-à-dire une lésion précancéreuse du col de l'utérus. Entre le début d'une infection par un HPV et l'apparition d'un tel cancer, de quelques mois à 15 ans peuvent s'écouler. Une dizaine de papillomavirus peuvent être à l'origine de ce cancer, mais les plus fréquemment mis en cause sont le HPV16 (impliqué dans 55 % des cas) et le HPV 18 (12 % des cas). Ces HPV peuvent également toucher d'autres muqueuses et notamment provoquer des cancers ano-rectaux.

Actuellement, la prévention du cancer du col de l'utérus passe essentiellement par la prévention des infections sexuellement transmissibles (préservatifs, examens pour le partenaire) et surtout par le frottis cervical chez la femme. Le laboratoire étasunien Merck vient de présenter son vaccin Garosil testé sur 12 000 femmes, il permettrait de protéger contre les infections à HPV 16 et 18, donc de prévenir ce cancer. Les circonstances précises dans lesquelles la vaccination pourrait intervenir font encore, en France, l'objet de nombreux débats : qui vacciner? Les femmes ? Les hommes ? À quel âge ? Les nourrissons ? Les ados ?… On manque de recul pour estimer les risques d'effets secondaires du vaccin ou des adjuvants et conservateurs qu'il contiendra.

Enfin, des vaccins thérapeutiques contre les lésions précancéreuses et les cancers du col de l'utérus dus à l'HPV 16 et à l'HPV18 ont été mis au point par des chercheurs de l'Institut Pasteur associés à l'Inserm, au CNRS et à la société BT Pharma. Ils devraient faire l'objet d'essais cliniques dès l'an prochain.

Affaire à suivre…

 

 

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Le test HPV

Le test de dépistage de l'infection à papillomavirus, est désormais remboursé par la Sécurité sociale (à 60 %). Jusqu'à présent, le frottis cervical était l'unique moyen de dépister des lésions cancéreuses aux différents stades de leur évolution. Désormais, on pourra éventuellement y associer un test HPV. S'il est positif et le reste pendant plus d'un an, la patiente saura qu'elle présente un risque et qu'elle doit se faire suivre régulièrement. Ce dépistage est donc recommandé, non de manière systématique mais en cas de frottis « douteux » par l'Anaes (Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé) dont les missions ont été reprises depuis par la Haute autorité de santé.

 

 

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