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Des virus de grippe aviaire de type H5N1 ont été repérés mi-octobre en Turquie (élevage fermier de dindes) et en Roumanie (élevages fermiers de poulets et canards). Il s'agit d'une souche identique à celle, très virulente, qui sévit actuellement chez les volailles d'Asie du Sud-Est. On soupçonne également sa présence en Grèce, Macédoine et Croatie. L'Union européenne a décidé d'interdire les importations de volailles en provenance de tous ces pays et de renforcer encore la surveillance des élevages dans les États membres.
Des chercheurs étasuniens ayant réussi à recréer le virus de la grippe espagnole, qui avait fait entre 20 et 40 millions de morts en 1918, ont annoncé que celui-ci était, à l'époque, passé directement de l'oiseau à l'homme et qu'il présentait certaines ressemblances avec le H5N1. Apparemment effrayante, cette information est aussi de nature à rassurer, dans la mesure où cela devrait permettre aux scientifiques de mieux étudier les propriétés spécifiques du virus actuel.
Par ailleurs, la propagation de l'épizootie semble avoir donné une nouvelle impulsion à la préparation des États contre une éventuelle pandémie de grippe. Parmi les pays où le risque est le plus élevé, le Vietnam, l'Indonésie et le Laos vont bénéficier d'un soutien international de 15 millions d'euros pour établir leurs plans de crise.
La France doit rendre public un nouveau plan réactualisé (la première version date d'octobre 2004). Mais, si la constitution de stocks d'antiviraux, de masques et de vaccins « prototypes » s'accélère, de nombreuses questions pratiques – comment gérer l'afflux de patients dans les hôpitaux, la distribution des médicaments… – n'ont toujours pas trouvé de réponse. Le Président de la République ayant déclaré qu'il n'y aurait aucun obstacle financier, le ministre de la Santé , Xavier Bertrand, a déjà débloqué 200 millions d'euros en 2005, auxquels viendront s'ajouter 200 millions d'ici à la fin de l'année et encore 200 millions en 2006… « Voire plus, si c'est nécessaire », a-t-il répété lors de ses nombreuses apparitions récentes, dans les hémicycles ou les médias. Le tout sera pris en charge par l'Assurance maladie et non par l'État.
N. V.
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