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On ne sait pas ce qu'est la vie ! », lançait, frondeur et contestataire, le Pr Pierre Cornillot, fondateur de l'Université de Bobigny (1), en ouvrant le colloque Médecines complémentaires, quel avenir ? qui s'est tenu à Paris les 26 et 27 novembre derniers.
Un appel à l'humilité pour ceux qui, en médecine classique notamment, prétendent la dominer, la maîtriser, voire la manipuler à leur gré. Mais ni les participants, ni les intervenants n'étaient venus faire le procès de la médecine allopathique, même si les critiques n'ont pas été tues envers ses fondements mécanistes et matérialistes, fixés au XIXe siècle, et qui relèvent désormais d'un archaïsme désuet et souvent inopérant.
C'est sur un tout autre terrain que se situent les médecines complémentaires qui pensent « prévention », énergie, et soignent la maladie en soignant d'abord le malade.
Ces médecines dites différentes, complémentaires, parallèles, etc., obtiennent des résultats parfois bien supérieurs à ceux des traitements médicamenteux classiques. L'oligothérapie fait mieux en cas de dégénérescence maculaire (maladie des yeux), l'homéopathie obtient des succès significatifs en cas de coxarthrose (arthrose de la hanche), là où la médecine classique hésite à opérer… Et que dire des ressources de plus de 250 000 plantes encore inexplorées, comme le rappelait le Pr Kurt Hostettmann, de l'école de pharmacie de l'université de Genève, l'un des plus grands spécialistes mondiaux de la question.
L'intérêt de ce colloque était dans la variété des approches : phytothérapie, oligothérapie, naturopathie, médecine traditionnelle chinoise, microkinésithérapie, ostéopathie, homéopathie. Mais aussi dans la possibilité pour les trois cents participants, professionnels de ces médecines, de se mettre à l'écoute et à l'école d'autres disciplines, de se parler, de découvrir leur… complémentarité !
L'un des objectifs de l'événement était d'avancer vers une éventuelle reconnaissance officielle. Deux tables rondes étaient organisées à cette fin, l'une sur l'évaluation, autour de la Dre Dominique Eraud, l'autre sur la création d'un label éco-médecine, autour d'Anne Schombourger, l'une et l'autre, inspiratrices et chevilles ouvrières de cet événement.
Sur l'évaluation, beaucoup reste à faire. Car si certaines professions sont très avancées – ainsi des ostéopathes –, d'autres s'interrogent sur ses conditions de faisabilité et sur la pertinence d'une telle démarche. « Les patients ne sont-ils pas les meilleurs juges de notre efficacité ? » ont fait observer plusieurs.
Quant au label éco-médecine, le Pr Cornillot a montré combien les critères de la médecine classique étaient dépassés. Celle-ci s'intéresse pour l'essentiel à la période clinique, c'est-à-dire à la maladie quand elle devient évidente, après s'être développée, sans bruit parfois, pendant des années… L'approche biochimique et anatomique qui la fonde, trop réductrice, ne lui permet pas d'avoir une vision globale de la santé, ni du parcours des malades. D'autres critères sont nécessaires pour cela : ils sont biologiques, mais aussi psychiques, sociaux et écologiques (au sens général : naturel et toxique). Car il s'agit de s'occuper de santé et non pas uniquement de maladie, et d'agir avant que celle-ci ne se déclenche. Ce que n'ont pas manqué de souligner les naturopathes Daniel Kieffer et Alain Rousseaux : « Nous intervenons en des temps simplement différents de l'histoire de la vie des patients… »
La présence de l'ancien député Vert européen, Paul Lannoye, a mis en lumière combien la résolution européenne qu'il a réussi à faire voter en 1997 sur l'harmonisation des médecines non conventionnelles avait été une avancée. « Cela n'a pu se faire que grâce à une participation active des associations professionnelles comme de celles des patients », a-t-il constaté. C'est précisément à la nécessité d'un travail commun, main dans la main, qu'ont conclu plusieurs intervenants.
Nous étions présents pour animer ces débats et notre journal a eu l'honneur d'être cité par certains comme une référence.
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Il se passe quelque chose de neuf du côté des médecines complémentaires… Enfin !
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Bonne fête à vous tous.
(1) Cette université, en banlieue parisienne, propose aux professionnels de santé une formation complémentaire en médecines naturelles.
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