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Face à l’opposition d’une large majorité de Français aux OGM, le gouvernement prépare, discrètement, des lois pour les imposer ! C’est ce que révélaient, le mercredi 18 janvier, Mme la députée Geneviève Gaillard (PS) et l’association France nature environnement lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale.
Le ministre de la Recherche devrait déposer,
le 8 février prochain au Conseil des ministres, un projet de loi qui ouvre tout grand les bras aux plantes transgéniques. Selon ce texte, les Monsanto et consorts seraient autorisés à essaimer sur notre sol leurs maïs et leurs colzas, sans risquer la moindre poursuite en cas de contamination de l’environnement, ou d’effets néfastes sur la santé. La résolution européenne qui a inspiré cette loi faisait référence à des critères d’évaluation des risques… il n’en est plus question dans le projet. Rien ne permet de savoir comment les citoyens auront connaissance des hectares plantés en OGM. Une forte mobilisation est nécessaire pour que cette loi soit amendée (il faut interpeller nos députés). Il en va du libre choix des consommateurs à ne pas manger d’OGM, fut-ce à un faible niveau. La proportion de 0,9 % d’OGM autorisée dans les aliments, par la directive européenne comme par la France, est déjà une concession de trop.
Faut-il y voir un lien de cause à effet ? À la mi-décembre, se tenaient dans les locaux de l’Assemblée nationale les premières rencontres parlementaires sur l’agriculture durable. Les partenaires officiels en étaient Monsanto, BASF, Bayer… Aucun syndicat paysan, ni association écologiste n’y étaient invités, alors que les présidents des multinationales agroalimentaires participaient aux différentes tables rondes. Seule, la représentante de L’UFC-Que choisir n’a pu faire grand-chose. Selon un récent rapport des Amis de la Terre, Monsanto, basé aux États-Unis, « veut transformer génétiquement tout le maïs européen d’ici 4 ans ». Il semblerait que nos élus lui déroulent le tapis rouge…
Faudra-t-il que nous descendions dans nos champs et dans nos rues avec nos faux pour faire entendre notre voix ? Dussions-nous être condamnés pour… usage de faux!
On ne compte pas le nombre de poursuites et de condamnations dont sont victimes ceux qui défendent une autre vision de la santé et de l’agriculture. En décembre, c’était notre amie, le médecin homéopathe Martine Gardénal, qui passait devant le conseil régional de l’ordre de l’Ile-de-France. Elle a été condamnée (nous en parlerons plus longuement dans notre prochain numéro).
Le 29 novembre, la société Biotope des montagnes qui commercialise des sachets d’infusion de prêle, a été condamnée à 3 000 € d’amende, au motif que cette plante – d’un usage archi millénaire ! – pouvait être toxique et donc relevait de la vente en pharmacie… Elle a fait appel. Plusieurs organisations se sont associées à elle (voir nos Points chauds, page 6).
Autre front. Celui des semences. L’association Kokopelli qui œuvre pour la biodiversité et la production d’anciennes variétés a été assignée par une société concurrente de Nancy pour vente de produits interdits à la commercialisation. En effet, ses graines ne sont pas inscrites au catalogue officiel des semences (le prix de cette inscription est très élevé). En vue du procès, Kokopelli lance une pétition que nous reproduisons dans nos colonnes (page 45). Vous pouvez la faire signer et circuler largement autour de vous.
En cette période où les uns et les autres pensent à solliciter nos suffrages, il serait bon que nous leur rappelions nos exigences en matière de santé, de soins et d’environnement.
L’opposition d’une majorité de nos élus aux médecines alternatives et complémentaires et leur mépris pour l’agriculture bio (quand on pense au retard de la France en matière de production bio, alors que la demande intérieure croissante exige que nous importions !) revèlent leur inaptitude à penser l’avenir et leur soumission aux intérêts en place. La bonne santé de notre pays, dont tant d’observateurs soulignent les retards maladifs, passe aussi par la reconnaissance positive de tous ceux qui portent un autre regard sur la vie, les soins, l’agriculture, l’alimentation.
L’avenir de la France, celui de nos enfants et de nos petits-enfants en dépend.
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