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GRIPPE AVIAIRE : La sérénité des homéopathes
La grippe, aviaire ou pas, n’inquiète pas les homéopathes, habitués à user des moyens en leur possession pour prévenir et guérir la maladie. À Oscillococcinum®,
produit largement connu du public, ils  préfèrent souvent d’autres médicaments.

 

« La surmédiatisation, dénonce le Dr Laurent Hervieux, a eu des effets dévastateurs, en termes de gestion de risque. Plutôt que d’orienter la population vers la prévention, elle a conduit le public à dévaliser les pharmacies, ce qui se traduit aujourd’hui par des ruptures de stocks de Tamiflu® (voir article p. 23) et de vaccins (9 300 000 vendus à ce jour). Une bonne affaire pour les laboratoires pharmaceutiques mais pas forcément pour les futurs malades, qui se croient ainsi bien protégés. Ce qui n’est pas le cas : le vaccin antigrippal classique n’est efficace que chez 1 malade sur 4, contre la  grippe classique, et le Tamiflu®, qui n’est pas sans effets secondaires, a une efficacité durant les premières 48 h de l’invasion virale, délai durant lequel les symptômes ne sont pas forcément présents. »

Chasser la peur
En agitant le spectre d’une pandémie aux conséquences désastreuses, on a joué sur les peurs « et les sujets les plus sensibles à l’affolement, continue Laurent Hervieux, sont également ceux qui tombent le plus facilement malades. Cela est d’autant plus dommageable qu’en homéopathie, nous disposons de médicaments actifs, en préventif bien sûr et en curatif ».
À ceux qui craindraient d’attraper la grippe, une double protection : Influenzinum 15 CH, Serum de Yersin 15 CH, en alternance une dose tous les 15 jours.
« Influenzinum correspond à une dilution du vaccin grippal réactualisé tous les ans, en fonction des caractéristiques du virus, précise Laurent Hervieux. Le sérum de Yersin est obtenu chez des oiseaux après qu’on leur ait inoculé le bacille de Yersin, un microbe de peste aviaire (1) ».
Un autre remède est parfois prescrit : Thymuline, une hormone produite par le thymus, obtenue désormais par synthèse, qui joue un rôle dans la réponse immunitaire.
En cas de faiblesse, par exemple chez des personnes âgées, Laurent Hervieux propose du sélénium en granions, qui empêche la multiplication du virus.
On peut également faire appel au magnésium, à la vitamine C (voir p. 30) et aux huiles essentielles de Ravinsara (nom latin : Cinnamomum camphora) ou d’Eucalyptus radiata à  utiliser en alternance 1 matin sur 2, à raison de 4 gouttes en friction sur la plante des pieds. « Si la grippe se rapproche, gagnant le voisinage ou touchant les amis, conseille encore Laurent Hervieux, on peut s’en passer aussi sur les poignets et les aires ganglionnaires du cou et la poitrine. »

Une fois déclarée
Si malgré toutes ces précautions, la maladie survient, il est encore possible d’y faire face en prenant Oscillococcinum ®, une spécialité provenant d’une préparation aseptisée et filtrée de cœur et de foie de canard de barbarie qui a subi une dilution homéopathique. À raison d’une dose le plus tôt possible suivie de deux autres toutes les 6 heures. On peut aussi recourir à Infludo de chez Weleda (5 gouttes, 5 fois par jour sous la langue), ou encore au complexe L 52 de chez Lehning.
Pour une action mieux ciblée, on peut adapter le traitement homéopathique à la personnalité du malade. Aconitum conviendra mieux aux sujets assoiffés, agités, anxieux, qui ne transpirent pas malgré leur fièvre et ont tendance à se découvrir, Belladona aux malades abattus, présentant des maux de tête, de gorge, transpirant beaucoup, mais restant blottis sous la couette.
Une fois déclarée, la grippe peut prendre des tournures diverses selon l’affinité du virus à se multiplier préférentiellement dans telle sphère ou organe : les intestins, les poumons, les voies respiratoires supérieures… Ce tropisme orientera la prescription vers Eupatorium en cas de toux sèche et de problèmes plutôt bronchiques, Gelsemium si la fièvre est élevée mais ne donne pas soif et si le malade est très fatigué, Pyrogenium pour soigner les épisodes diarrhéiques des gastro-entérites…

Enfin, si d’aventure…
Et si cet arsenal ne suffisait toujours pas à enrayer le développement de la maladie, ou si les symptômes s’aggravaient, en raison de virus particulièrement virulents ou de malades vraiment affaiblis, il reste une solution : la micro-immunothérapie. Son fondateur, le Dr Maurice Jenaer, médecin belge, affirme que cette méthode, qui consiste à utiliser des doses homéopathiques de cytokines (les molécules produites par le système immunitaire), « permet de soutenir les défenses immunitaires. Personnellement, je préconise, précise-t-il, une formule de micro- immunothérapie utilisée dans les états immunodéficients ». Egalement adepte de cette méthode, le Dr Laurent Hervieux proposerait simplement de l’interféron alfa ou gamma (à dose toujours homéopathique), le premier plutôt chez les enfants, et le second davantage chez les adultes.

Cécile Baudet

 

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A la Une ce mois-ci

A lire

Grippes et grippe aviaire, Dr Marc Dellière,
éd. Robert Jauze.
L’anti-grippe aviaire, Fabien Perucca avec Marik Cassard, éd. Médicis.
Oscillococcinum, autour et alentour, Dre Nicole Curé, éd. Hélios (ouvrage paru en 1990).

 

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