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Les vendeurs de prêle condamnés
« A-t-on le droit de vendre de la prêle en France ? », nous demandions-nous en juin 2005(1), en signalant les poursuites intentées contre la société Biotope des montagnes, qui regroupe quinze petits producteurs de plantes en agriculture biologique, et son directeur Jean-Louis Fine. Depuis, le tribunal de Nîmes a tranché en faveur de la répression des fraudes de la Manche qui leur reprochait d’avoir vendu dans ce département des sachets d’infusion de prêle. La société
a été condamnée le 29 novembre dernier à 3000 € d’amende et son directeur à 2000 € avec sursis. Le jugement met en cause la toxicité de la prêle et estime que celle-ci ne peut être commercialisée que sous le couvert du monopole pharmaceutique ou à condition de rentrer dans la catégorie des « nouveaux aliments » ou « novel foods » (1). « Comment peut-on parler de nouvel aliment et de toxicité pour un produit qui est utilisé depuis des millénaires et qui n’a jamais été responsable d’accidents », tempête Anne Gosseaux de Biotope des montagnes. Soulignant que la prêle est en vente sans problème dans de nombreux départements, sous de nombreuses marques, Biotope, le syndicat Simples, le réseau Semences paysannes (2) et de nombreuses organisations demandent que la liste des plantes en vente libre soit élargie ou, mieux, que toutes les plantes soient en vente libre, sauf les toxiques, qui figureraient sur une liste de plantes interdites. La société a fait appel de la condamnation. Les frais de procédure, 10 000 €, sont énormes pour une petite entreprise qui demande un soutien soit par des dons (3), soit par l’achat de cartes postales, de plantes médicinales bien entendu (4).
R. P.
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