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Ils avancent aujourd’hui à visage découvert. Ils ont décidé d’anéantir toute contestation. Ils veulent régner sans partage. Armée de fer de la pensée unique, ils bétonnent. Toute voix différente est embastillée.
Version XXIe siècle de l’ancienne alliance du sabre et du goupillon, multinationales et clercs en blouse blanche ne rient plus, ils éliminent. Leurs noms ? Pour les premiers : les semenciers Biogemma, Pioneer, Monsanto et les opérateurs téléphoniques Orange et SFR, pour les seconds : le conseil de l’ordre des médecins et l’Académie de médecine.
Les inquisiteurs médicaux dictent leur loi. Le mois dernier, nous vous informions de la condamnation par le conseil de l’ordre de Martine Gardénal, médecin homéopathe. Elle n’est pas la seule à subir ce sort. Dans toute la France, les médecins homéopathes sont régulièrement l’objet de poursuites, leurs patients sont convoqués avec leurs ordonnances, et celles-ci minutieusement épluchées.
Par ailleurs, l’Académie de médecine qui s’était prononcée il y a un an et demi contre l’homéopathie a cru bon de se mettre en valeur à nouveau. Cette assemblée de nobles vieillards – dont la vigilance s’assoupit souvent pendant les séances – poursuit aujourd’hui sa croisade contre d’autres médecines alternatives : l’ostéopathie et la chiropratique (lire p. 14).
Le 14 mars dernier, comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Paris, Etienne Cendrier et Antoine Debièvre. Le premier parce qu’il a accusé les opérateurs de téléphonie mobile de truquer les mesures concernant l’impact sanitaire des antennes-relais, le second, journaliste, parce qu’il a rapporté ces propos dans le Journal du Dimanche. Ils sont poursuivis par Orange et SFR.
Le 8 mars, un huissier est venu faire l’inventaire de l’appartement parisien de Gilles Lemaire, ancien secrétaire national des Verts. Celui-ci est condamné à payer aux sociétés semencières Biogemma et Pioneer 45 000 € d’amendes pour l’arrachage de plans transgéniques (lire p. 11). D’autres faucheurs ont été jugés avec lui pour les mêmes faits, parmi lesquels José Bové, Noël Mamère, etc. Ce sont en tout 296 000 € d’amendes qu’ils devront verser au lobby agroalimentaire. Une manière d’asphyxier toute contestation.
Point commun à toutes ces condamnations : ceux qui font référence – à tort – en matière d’idéologie médicale, c’est-à-dire l’Académie et le conseil de l’ordre, veulent imposer leurs certitudes et leur pouvoir. Vu l’âge des académiciens, ces certitudes remontent à l’avant-dernière guerre ! Et le pouvoir qu’ils exercent avec les médecins sert objectivement les intérêts de l’industrie pharmaceutique. Quant aux Monsonto, Orange et consorts, qui possèdent la puissance économique, ils surfent sur l’idée d’un progrès constant et refusent de prendre en considération ses éventuels dégâts collatéraux.
Immobilisme des premiers, fuite en avant des seconds. La santé de l’homme et le maintien des équilibres vitaux ne sont pas au centre de leurs préoccupations, loin s’en faut.
Les manifestations du 8 avril, journée internationale d’opposition aux OGM, et des 15 et 16 avril contre le réacteur nucléaire EPR (1) feront entendre d’autres voix !
En ce tout début du XXIe siècle, nous sommes confrontés au paradoxe suivant : les académiciens et le conseil de l’ordre voudraient arrêter le progrès que représentent les disciplines alternatives. Celles-ci proposent, en effet, une approche renouvelée de l’homme et de ses équilibres internes. Par ailleurs, l’industrie agroalimentaire, qui a une foi aveugle dans le progrès technologique, bricole les gènes au risque d’entraîner des réactions en chaîne (que vont devenir ces gènes dans la nature ?) sur lesquelles nous n’aurons pas de pouvoir (ces réactions peuvent se réaliser sur plusieurs générations).
Face aux uns et aux autres, nous osons affirmer que la priorité n’est ni au repli intellectuel, ni à la fuite en avant, mais au service de l’Homme et de la Terre.
(1) Voir le tract que nos abonnés ont trouvé dans ce numéro, et notre article de janvier sur cette question.
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