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Accidents graves Outre-Manche
Ils étaient huit hommes, sujets britanniques en bonne santé, âgés de 18 à 30 ans, prêts, chacun, pour 3 300 euros, à participer à l’essai d’un nouveau produit déjà testé sur des lapins et des singes
(et prévu pour traiter certaines maladies de nature cancéreuse ou immunitaire). Dès la prise du traitement, les six personnes à qui avait été distribué le vrai produit, ont été prises de fortes douleurs, de sueurs, de vomissement, avant de perdre connaissance et d’être conduites en unités de réanimation. Huit jours après l’accident, deux d’entre elles se trouvaient toujours dans le coma. Ce gravissime accident pose diverses questions sur l’expérimentation des médicaments.
La période d’essais sur les animaux est-elle suffisante pour prévoir les réactions humaines, ne vaudrait-il pas mieux passer par des cultures de tissus humains ? Le fait que les médicaments soient désormais
de plus en plus puissants nécessite un suivi rigoureux après leur autorisation de mise sur le marché, suivi qu’exercent insuffisamment les professionnels et les laboratoires, et que les malades pourraient eux-mêmes assurer s’ils avaient le droit de notifier aux Centres antipoison les effets secondaires qu’ils observent avec leur traitement. Enfin, cet accident et le manque de transparence qui entoure de façon générale les essais cliniques a conduit les industriels de la pharmacie à créer un portail Internet : www. ifpma.org, recensant la totalité des essais cliniques menés dans le monde.
C. B.
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